Sapeurs-pompiers de Port-au-Prince: « Un chien errant compte plus que nous »

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es sapeurs-pompiers sont abandonnés par l’Etat haitien. La base du Service d’Incendie au Bicentenaire est dans un état nettement lamentable et déplorable.

Les sapeurs-pompiers haïtiens sont des moins de 40 ans, passionnés, fiers et cultivant le métier dans l’âme et le cœur. En dehors de « celle » de la capitale, il existe plus d’une dizaine de casernes dans le pays. Qu’est-ce qui explique alors – que les sapeurs-pompiers de Port-au-Prince interviennent toujours en retard lors des sinistres, parfois sans eau – prétextant n’avoir pas de camion en état de marche? Enquet’Action est allé à la rencontre de ces soldats du feu qui font face à un flot de critiques acerbes depuis un certain temps.  

 

Enquête

Cette rue habituellement bondée est ce jour-là quasi vide, comme c’était le cas plusieurs jours avant. L’atmosphère y est inquiétante et morne. On s’empresse de la traverser. Les voitures et motos ne s’y arrêtent pas. Les différents accès menant aux villages sont déserts. La peur enveloppe la zone, cocon fait de morts, de sang et d’insécurité.

Un canal longe l’entrée principale du bâtiment. À première vue, on a l’impression de pénétrer dans un cimetière de voitures. Pas moins de 5 camions pompiers, une voiture de secours aux victimes, plus d’une dizaine de voitures dont quelques-unes appartiennent à la police jonchent l’espace.

Le service d’incendie de Port-au-Prince, ou Caserne des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince n’existe que de nom au boulevard Harry Truman communément appelé Bicentenaire – non loin du Théâtre National.

Nous sommes à la caserne des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince au boulevard Harry Truman communément appelé Bicentenaire – non loin du Théâtre National. Le local est adjacent au sud à la Base Pilate et se trouve en face du Village de Dieu. Ces deux quartiers marginalisés sont otages depuis un certain temps des bandes armées qui s’affrontent sans répit.

Dans la cour, des sapeurs-pompiers font le va-et-vient, discutent. Au fond, le calme apparent des lieux est troublé par une énorme génératrice jointe à un château d’eau en hauteur rempli – lié à un tuyau qui fuit. Deux mécaniciens l’un debout, l’autre en dessous d’un camion – tentent de redonner vie à  un camion. C’est le seul sur lequel peuvent compter les soldats du feu depuis un bon bout de temps.  Les sapeurs-pompiers ne sont pas seuls dans leur caserne … Des cabris, porcs et truies leur tiennent compagnie dans ce coin de terre marécageux et crasseux du bas de la ville. Leurs cris ponctuent les conversations humaines.

Cet endroit qui n’a de caserne que le nom, accueille les sapeurs-pompiers de la capitale depuis le lendemain du séisme de 2010 qui a fortement endommagé le bâtiment originel de la rue Légitime au Champ de Mars. Ils y étaient depuis tellement longtemps que la zone porte leur nom jusqu’à maintenant. Différents sapeurs-pompiers interrogés disent préférer retourner et demeurer dans cet espace fissuré, au lieu de continuer à vivre au Bicentenaire où ils se retrouvent au cœur même de l’insécurité du centre-ville, insécurité qui les mine physiquement et moralement.

Au Bicentenaire, ils côtoient en plus l’insalubrité. Des ordures et carcasses de voitures – des assiettes en foam interdites d’utilisation mais omniprésentes et des sachets en plastique – font partie du tableau. Le pays compte plus d’une centaine de sapeurs-pompiers pour tout le territoire et  70 policiers pompiers – qui font majoritairement office d’encadreurs et n’ont pas tous la vigueur pour jouer le jeu fragile du macadam. Tout ceci, pour un pays de 27 750 km2 et 11 millions d’habitants.

 

 

Des camions morts en attente de funérailles officielles

Des conditions de fonctionnement inhumaines 

« Nous avons la base du Service d’Incendie (SI) au Bicentenaire qui est dans un état vraiment lamentable … déplorable… Wow, Seigneur, c’est terrible ! », se plaint l’inspecteur général Jean St-Fleur, ancien commandant pompier et actuel coordonnateur du service d’incendie de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

Le responsable n’a pas la langue dans la poche. Il ne rate pas les occasions de dénoncer le mauvais fonctionnement des choses et réclamer de meilleures conditions de fonctionnement pour ses poulains. Comme le prophète chrétien Jean Baptiste – il semble prêcher dans le désert puisque ses cris ne sont jamais entendus par les autorités haïtiennes.

Cette situation ne laisse pas pour autant indifférents les occupants de l’espace qui se montrent indignés. « On nous envoie dans la base des sapeurs-pompiers. C’est dans un garage dans lequel nous nous retrouvons. Vous croyez que c’est bien ici ? », ironise Alexandre Pierre (nom d’emprunt) – jeune sapeur-pompier rappelant les premiers jours marquant l’arrivée des agents de Corps d’Intervention et du Maintien de l’Ordre (CIMO) dans l’espace. « Nous prenons des risques énormes, pourtant nous n’avons pas de primes de risques. Nous bravons le feu pour aller sauver des vies, mais la nôtre n’est pas assurée », renchérit Georges Alexis, ajoutant que lui et ses collègues mènent «une vie de merde» rythmée de privations de toutes sortes. Pire, les promesses de primes de risques n’ont toujours pas été honorées. Quelques sapeurs-pompiers interrogés disent recevoir 13 mille 500 gourdes. Avec ce maigre salaire net, ils doivent payer leur loyer, le transport, l’écolage des enfants …prendre soin de leur famille.  « Nous sommes submergés.es sous le poids des dettes bien avant de percevoir nos salaires de misère. L’écolage de nos enfants n’est jamais acquitté à temps. Nous vivons très mal. Nous ne sommes pas dans l’allégresse. Il nous est difficile de prendre soin de notre famille. Pendant qu’on risque sa vie au-dessus du camion pour aller sauver des vies – on se dit qui va prendre soin de notre famille en cas de malheur », dénonce Alexandre Pierre.

Les sapeurs-pompiers ne sont pas seuls dans leur caserne … Des cabris, porcs et truies leur tiennent compagnie dans ce coin de terre marécageux et crasseux du bas de la ville.

Les sapeurs-pompiers de Port-au-Prince sont souvent incriminés après les incendies dévastateurs et récurrents entre autres de marchés et de bâtiments en Haïti. Mais, la presse nationale et internationale ne parle de leurs conditions de travail qu’en cas d’incendie. Donc, la précarité de ces installations au Bicentenaire est vite oubliée. « Moi personnellement, je n’ai pas de bureau. L’ambassade des Etats-Unis nous a acheté plein de matériels. Ils sont là. On n’a pas de bureau. Comment peut-on travailler ?», persiste l’inspecteur St-Fleur. Pendant un certain temps, il confie avoir utilisé les espaces de bureau de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). Dès lors, il était responsable de la sécurité des élections et était logé là-bas. « La direction générale de la Police devait recevoir un autre building non loin de leur local. On ne l’a jamais fait. On a passé deux à trois ans à attendre en vain. C’est ce qui fait que des responsables qui devraient avoir un bureau ne l’ont jamais reçu », ajoute-t-il. « Que ferions-nous si une situation comme celle de 2010 se présentait à nouveau ? », se demande-t-il, admettant du coup que la situation est compliquée. Ceci, même au niveau des sapeurs-pompiers de la commune de Delmas où les responsables municipales peinent encore à terminer la construction de leur caserne.

Le service d’incendie de Port-au-Prince, n’existe que de nom, constate Enquet’Action qui a mené plusieurs investigations sur le sujet. Malgré l’énormité de leurs responsabilités, les pompiers sont abandonnés par l’Etat. Des villes comme Carrefour (Ouest), Pétion-Ville (Ouest), Jérémie (Grand’Anse), Cap-Haitien (Nord), Jacmel (Sud-est), Croix-des-bouquets (Ouest) ont entre un et deux camions pompiers – et des volontaires. Ces unités pour la majorité marchent clopin-clopant.

 

Quid des matériels?

Gaël Painson, ancien commandant pompier à l’aéroport international de Port-au-Prince et fin connaisseur de la question de service d’incendie en Haïti, remet catégoriquement en question les compétences et qualifications de ces pompiers municipaux. « Dans quel état se trouve leurs camions ? Personne ne les évalue. On est dans un pays sans norme ni standard. Se baryè lib. C’est comme dans une savane où chacun fait ce qu’il veut. Vous ne voyez pas qu’il n’y peut rien sur les champs de ruines où ils ne parviennent pas à savoir qui commande », argue-t-il, concédant que la nature a horreur du vide. Il compare la situation à une équipe de foot réunissant les 11 meilleurs joueurs qui serait vaincue sous un score fleuve et  avec des blessés pour n’avoir pas l’habitude de jouer ensemble.

Des sapeurs pompiers dans leur caserne

A côté des camions morts et en attente de funérailles officielles, plusieurs containers renfermant des matériels offerts notamment par  l’Union Européenne, longent la cour de la caserne des pompiers de la capitale. « Ces matériels ne sont jamais renouvelés. Vous les recevez, une fois et c’est fini. Certains pourraient bien déjà être obsolètes. On nous donne n’importe quoi vu notre comportement d’assistés permanents. Parfois, vous n’êtes même pas à la hauteur de vos demandes, tance Gaël Painson qui les a inspectés lors de la réalisation d’un plan national de lutte contre-incendie publié en 2012. Un document reçu par les autorités – mais qui n’a jamais fait l’objet d’une attention concrète.

Ces matériels inadaptés viennent de l’Europe, alors que la norme américaine serait préférable, selon M. Painson. «Très souvent les dons aggravent la situation au lieu de l’améliorer. Car les vrais professionnels de ce pays sont toujours écartés au moment des prises de décisions ».

Pour ce qui est des camions les sapeurs-pompiers ne peuvent compter que sur un seul. Quand celui-ci est en panne, comme c’est le cas souventes fois, aucune intervention n’est possible et les pompiers seraient même incapables d’éteindre un feu dans leur propre bâtiment. Une caserne de pompiers en termes de matériels doit avoir en quantité suffisante : camions extincteurs, outils de sauvetage et d’effraction, camions citernes, tuyaux, échelles, lances, cordes d’extraction, etc.

Sur l’espace médiocrement clôturé en mur et en fer, Enquet’Action a dénombré pas moins de 5 camions de couleur rouge frappés de l’écriteau Police Nationale d’Haïti – Corps des Sapeurs-Pompiers. Ils sont tous en très mauvais état. « Quand vous faites face à l’incendie et vous appelez les pompiers,  vous pouvez dire qu’il s’agit de la méchanceté/ de la mauvaise foi – ou du moins que nous ne sommes pas intéressés. Ils ignorent que l’Etat ne nous donne pas les moyens de nos objectifs. Nous tous ici, sommes mobilisés à servir le pays », assure Georges Alexis visiblement frustré.

Le déclin du service des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince a débuté véritablement après 1986 – avec les crises politiques et économiques qui ont durement frappé le pays. Il s’est accru après le séisme de janvier 2010 – qui a fait plus de 200 mille morts – et s’est accéléré en 2014. À partir de ce moment, les pompiers auraient commencé à fonctionner avec un camion qui marchait quand il veut, selon les témoignages concordants.

 

De braves va-nu-pieds …

« Parfois, nous nous rendons dans des interventions – il arrive que la zone soit tellement en ébullition que les agents administratifs – ne peuvent nous couvrir. Pourtant, nous autres, nous sommes obligés d’y rentrer parce que notre job c’est d’éteindre le feu. Que des tirs nourris retentissent ou pas, vous ne pouvez pas faire marche arrière », confie Georges Alexis rappelant qu’importe l’heure, le moment et les circonstances, en temps de pluie, sous le soleil ardent, après les séismes et inondations, sous les balles assassines, etc.: ils sont sollicités.

Lors des incendies de marché qui ont secoué la région de Port-au-Prince en 2018, vêtus de leur veston – ils ont rejoint les lieux en faisant de l’auto stop à moto – les soldats du feu d’autres communes. Ils assurent prendre des risques au même titre que des policiers, voire beaucoup plus.  « Dès que je mets les pieds ici, j’ai la peur au ventre. Seul Dieu nous protège », renchérit Jean Walter Pierre. Le quotidien des soldats du feu de Port-au-Prince est ponctué de tirs nourris. Ils sont logés dans des hangars troués de cartouches. « Ils nous arrivent de ne pas pouvoir rentrer au bercail en revenant d’une intervention. Vice-versa. Ce, à force que les balles pleuvent », martèle Georges Alexis qui y travaille depuis au moins 8 ans. Cet espace n’est pas approprié pour loger un service d’urgence comme le nôtre. Nous ne sommes pas en paix ».

Des tirs nourris d’armes de guerre – rythment nos conversations. A les entendre raconter leurs histoires, on pourrait même les considérer comme de véritables demi-dieux. Chaque pompier semble avoir un épisode où il a été amené à éteindre du feu – mais a failli laisser sa peau. Les multiples impacts de balles dans les camions  en témoignent.

Lors de plusieurs interventions à Cité Soleil et Martissant (des quartiers réputés chauds) par exemple, les engins ont essuyé des tirs sporadiques. Ils se rappellent aussi de guet-apens – où  piégés ils ont failli mourir. Mais ils n’oublient pas les stratégies utilisées pour s’en sortir.

Comme des policiers, journalistes, les sapeurs-pompiers sont appelés à se rendre parfois dans des environnements hostiles ou périlleux. Effondrements de maisons, tremblements de terre, accidents de la route ou domestiques … leurs tâches sont multiples et variées. Elles vont au-delà de l’extinction de feu qui n’est qu’une partie infirme de leur travail. L’autre portion est faite de prévention, inspection et sauvetage. Leur crédo est d’assurer la sécurité des personnes et la protection des biens. « Après le Bon Dieu, viennent les pompiers. Si le service pompier n’existe pas – beaucoup de gens mourront. Vous vous convertissez en démarcheurs de parloirs [dans des situations funèbres]», signale M. Painson – expert en la question – pour montrer la grande importance d’un service d’incendie dans la vie d’un peuple.

Depuis 1994 avec le démantèlement des forces armées d’Haïti, les pompiers sont placés sous la tutelle du ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) au travers de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Des voix se sont aussi élevées pour demander de placer la dite instance sous les auspices du ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT). En 2010, ils ont fait preuve d’une bravoure à nulle autre pareille pour sauver des vies et des biens. Ils sont sans juridiction et appelés sur toute l’étendue du territoire – surtout dans les communes dépourvues de pompiers.

 

Police nationale et ministère de l’intérieur : Duel subtil ?

« Je dois vous le dire, la police n’a pas véritablement de moyens pour gérer les sapeurs-pompiers, du fait que l’Etat n’a pas encore pris véritablement en charge cette structure », soutient le coordonnateur national du service d’incendie au sein de PNH, Jean St-Fleur, lui-même victime d’un incendie qui a détruit sa voiture.

Le service d’incendie de Port-au-Prince, n’a pas son budget propre. Il vit aux dépens du budget de la PNH. Les pompiers doivent tout faire depuis leurs camions, et ne disposeraient pas d’autres véhicules. En plus, ils gagnent peu comme salaire. Pour Georges Alexis et ses confrères / consœurs de feu, la situation est plus qu’embrouillée.

Gael Painson, va beaucoup plus loin dans sa manière de voir les choses. Selon lui, la situation des pompiers du Bicentenaire ne changera jamais tant qu’ils resteront sous la tutelle de la Police Nationale d’Haïti. Il plaide pour une mise sous tutelle du ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT) à titre d’institution autonome. Ce qui doit passer par le vote d’une loi au Parlement et l’amendement de la Constitution. « Soit vous êtes policier, soit vous êtes pompier. Pas les deux en même temps. Le policier est là pour protéger et servir.  Il est armé et porte des gilets. Pourtant, le sapeur-pompier est là pour sauver des vies et des biens. C’est un sacerdoce. On peut remplacer des biens, mais pas une vie humaine. Il ne porte pas d’arme et de gilet pare-balle. Son unique arme, ce sont ses outils dont le tuyau. Le cerveau de chacun ne fonctionne pas de la même manière. Ils reçoivent chacun une formation différente », explique-t-il.

Cette confusion semble réelle. Les sapeurs-pompiers de Port-au-Prince voudraient porter des armes, gilets pare-balles et bénéficier des mêmes avantages que les policiers comme les primes de risque.

 

Les vies et biens dans la chaine des priorités de l’Etat

Cependant, les autorités semblent attendre de nouvelles catastrophes – de nouveaux incendies de marchés, des séismes majeurs – des ouragans dévastateurs – pour comprendre véritablement l’importance des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince. « Malheureusement, le côté cosmétique, le côté esthétique, le côté fashion passe avant l’essentiel. On n’oublie que la sécurité est primordiale et incontournable», regrette l’expert haïtien Gaël Painson. Et, la réalité le confirme.

On sait que sur les 490 équipements commandés par le président Jovenel Moise dans le cadre des 123 millions de dollars de prêt pour son programme phare mort-né appelé la Caravane du changement  – il n’y a même pas un camion de pompiers – encore moins une échelle.

Pire en 2015, le Canada a dû abandonner la promesse de construction d’une caserne de pompiers au bénéficie de Port-au-Prince, en raison de la nonchalance des autorités qui refusaient de donner un terrain pour la construction.

Le propre des autorités haïtiennes après les incendies se résument à des tweets et visites sur les lieux pour annoncer la tenue d’enquête dont les résultats ne sont jamais connus. Mais aussi, pour dénoncer, déplorer voire annoncer des appuis de nature financière en signe de « solidarité » et faire des promesses. Rien de plus …

Pourtant, il y aurait 2 à 3 mille volontaires pompiers formés – qui attendraient leur embauchage depuis des années. Certains auraient même abandonné après des années d’attente sans succès. « Ils ont offert beaucoup de services et ils veulent continuer à le faire », affirme le responsable du SI de Port-au-Prince, l’inspecteur St-Fleur, rappelant qu’ils se retrouvent dans les villes de province comme Cap-Haitien, Jacmel, Les Cayes et Jérémie. « Ils sont là. L’Etat ne fait jamais rien, pourtant les ressources sont là ».

Ces unités de province disent toutes – disposer d’un service d’incendie. Quand on sait ce qu’un tel service requiert comme moyens matériels et financiers, il est difficile de le croire. Disposer de la caserne est une condition nécessaire, mais non suffisante pour parler de service de lutte contre les incendies. Toutefois, elles ont quand même leur importance.

Les sapeurs-pompiers de la commune de Delmas situés dans le département de l’Ouest – non loin de la capitale – sortent quelque peu du lot. Cette ville comporte un service disposant du minimum pour combattre le feu, avec plus d’une trentaine de sapeurs- pompiers – très jeunes. Considérant leur efficacité, ils font office de sapeurs-pompiers nationaux. Ils sont souvent sollicités même dans des juridictions qui ne sont pas les leurs. « L’Etat n’a pas besoin des sapeurs-pompiers », lance Alexandre Pierre, visiblement en colère.

L’Etat haïtien a à sa disposition une dizaine de casernes de pompiers, dons du gouvernement des Etats-Unis, sans pour autant les doter de camions et de sapeurs-pompiers nécessaires à leur bon fonctionnement. https://ht.usembassy.gov/fr/don-de-casernes-de-pompiers-aux-autorites-haitiennes/

Pour les fêtes de fin d’année, chaque sénateur a reçu 1 million de gourdes de subvention. Pour la fête de Pâques à venir, chacun recevra à nouveau 1 million de gourdes. Et durant l’année 2018, un mouvement social dénommé Petro caribe challenge est né du soupçon de détournement de 3.8 milliards de dollars américains par environ six gouvernements.

De l’argent il y en a toujours eu, mais pas pour sauver des vies et des biens?

 

Lire aussi : https://www.enquetaction.com/haiti-le-prix-du-feu

 

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