Quelles étiquettes trompeuses !

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On ne devrait se faire aucune illusion sur la situation actuelle du pays qui laisse tout le monde perplexe surtout avec la monnaie haïtienne, la gourde, qui est en train de prendre force face à la devise américaine et qui a poussé le président de la République Jovenel Moise à déclarer triomphalement la victoire « Ce n’est pas le fruit d’un hasard que la gourde se valorise ces derniers jours par rapport au dollar »

En fait, qu’est-ce qui a changé et qui a permis soudainement ou en un clin d’œil que le taux de change soit passé spectaculairement au cours d’une semaine de plus de 122 gourdes à moins de 90 gourdes pour un dollar? A Port-au Prince, par exemple, le dollar s’achète déjà à 70 ou 80 gourdes et se vend justement à 90 gourdes.

Alors, par quel miracle cela a pu arriver ? Est-ce une augmentation de la production nationale, le développement de l’industrie du tourisme ou sont-ce les initiatives macro-économiques qui ont affiché un taux de progrès de l’économie haïtienne et facilitent le renforcement de la gourde ?  Non, puisque rien de structurel n’a changé, tout continue à décliner. Les choses s’empirent davantage et les conditions de vie de la population haïtienne ne cessent de se détériorer de plus en plus.

Ce qui vient d’arriver est le résultat d’une entente contre les masses existant au sein de la classe dominante haïtienne.

Les hommes du pouvoir et de la bourgeoisie néolibérale se font d’appréciables fortunes en pillant le pays tout en exploitant les masses populaires. Ce qui vient d’arriver est le résultat d’une entente contre les masses existant au sein de la classe dominante haïtienne. Classe composée de deux factions oligarchiques rivales: les grands propriétaires fonciers (Grandons) et les compradores capitalistes de la bourgeoisie revendeuse, import-export dont un bon nombre d’entre eux sont des banquiers et s’adonnent également à la sous-traitance.

L’étiquette trompeuse est que : la Banque de la République d’Haïti (BRH) a injecté 150 millions de dollars de façon à soi-disant stabiliser le marché des changes. Mais ce n’est pas la première fois qu’on injecte des millions dans notre économie et rien n’a jamais bougé, le dollar américain a toujours poursuivi son chemin. Si quant à présent, il y a un traitement différent, ce n’est pas un bond avant puisque les objectifs restent les mêmes, maintenir en place un régime corrompu pour perpétuer la domination  capitaliste et l’exploitation de la classe ouvrière.

Nous ne devons pas oublier que les réactionnaires sont capables de tous les coups, et de tous les crimes. Le taux réel de la gourde face à la monnaie américaine ne devrait pas dépasser au maximum les 60.00 gourdes pour un dollar selon les trouvailles de l’économiste Jacob Jonas Jean François. Cette dégringolade scélérate serait la résultante  d’une entente, d’une complicité entre les deux têtes des classes dominantes contre les classes laborieuses.

Cette politique rétrograde et machiavélique est celle qui a conduit notre pays à la banqueroute totale dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale. Cette politique avait bloqué et continuera à bloquer les énergies des masses populaires exploitées dans le seul dessein de servir à jamais le grand capital impérial.

Cette entente des fantoches féodaux, duvaliéristes macoutiques que représente le pouvoir PHTKiste d’avec leur frère de classe représentant authentique de la bourgeoisie impérialiste,  était pour la présidence une façon d’assurer une marge d’action économique plus importante pouvant l’aider si possible à redorer son blason. Maintenant, le récit de Jovenel Moise à savoir, la bourgeoisie veut le renverser et utilise le taux d’échange pour le faire, est un faux argument. Et pourtant, tout ce qui a été fait à la Banque centrale de sorte qu’elle soit prisonnière de la bourgeoisie financière était en parfaite communion avec la clique gouvernementale. Un quelconque conciliabule entre les deux protagonistes des classes dominantes pour qu’ils deviennent plus riches aux dépens des travailleurs dont la dépréciation de la gourde faisait leur bonheur et en même temps le malheur des classes défavorisées.

L’autre étiquette trompeuse est cet accord conjoncturel, un deal consommé entre le pouvoir et le secteur privé des Affaires.  C’est celui là que Jovenel présente maintenant comme un combat gagné, une rupture, une brouille avec l’oligarchie n’est que pour jeter de la poussière aux yeux des naïfs, quand il déclare : « Si vous m’avez financé, aujourd’hui je vous demande de couper la main qui m’a donné l’argent. La politique qui doit prévaloir dans le pays est celle du peuple, celle des démunis »

A présent, le pouvoir Phtkiste des propriétaires fonciers féodaux ne fait que renforcer leur accointance avec la bourgeoisie compradore et financière de sorte que l’Exécutif trouve moyen pour amadouer l’opinion publique avec ses projets d’électricité et autres. La réduction du taux d’échange est une politique de trompe l’œil pour gagner l’opinion nationale dans l’optique de ce faire accepter, qu’il reste au pouvoir pour organiser les élections comme le veulent les puissances impérialistes.

Cette appréciation de la gourde est une réaction cosmétique, une duperie, de vaines rodomontades ; déjà le taux de référence de la BRH pour ce mardi 8 septembre 2020 est de 101,21 gourdes pour un dollar. Cela indique dans les prochains mois les usurpateurs vont marcher, s’il le faut, sur des cadavres du peuple pour les faire respecter la légalité des taux telle qu’ils l’entendront.

Le seul moyen susceptible de faire décoller l’économie et de parvenir à un résultat au profit du pays et des masses populaires reste la lutte des classes. Il faut coûte que coûte que les classes prolétariennes combattent à la fois les deux têtes néolibérales de cette classe dominante marchande de pays pour liquider leurs vestiges et contribuer sérieusement à la libération nationale.

 

 

 

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