Que restera-t-il de cette débâcle sans précédent ?

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« On dit que dans chaque crise, il y a une opportunité ». Y en a t-il vraiment une dans le contexte de la crise haïtienne ?  Les soubresauts anciens ou récents riment difficilement avec des politiques qui favoriseraient le développement et préserveraient la paix et la prospérité. En constatant certains faits, il est clair que nous reculons bien plus que nous avançons. En fait, c’est la  dislocation complète de la société qui bat son plein dans le pays, sans parler de l’appareil d’État qui est à l’arrêt ou ne fonctionne presque plus.

La débâcle a commencé avec l’assassinat du président Jovenel Moïse et l’arrivée du gouvernement de facto du Premier ministre Ariel Henry. Elle s’est poursuivie sans répit par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et son ancien Premier ministre Garry Conille.  Limogé six mois plus tard et remplacé par Alix Didier Fils-Aimé, rien n’a changé pour autant. Au contraire, les choses ont empiré sous le gouvernement de celui-ci.

De toute cette débâcle en cours, une chose reste certaine, les forces antinationales obscurantistes ne défendent qu’un programme commun, celui de l’exploitation capitaliste et la prééminence de l’impérialisme américain.

Cette classe dirigeante a été forgée pour aggraver la situation tout en méprisant et ignorant les revendications de la classe populaire. Elle avance pas à pas et méthodiquement porte les coups les plus durs à une société qu’elle ne veut pas défendre. C’est la raison pour laquelle, malgré ses revers, elle s’est lancée dans une polémique autour du Premier ministre et du chef de la police, ayant pour seul objectif : le contrôle systématique de l’État au profit de la bourgeoisie locale, et des oligarques corrompus et antipatriotes par surcroît. Dans le contexte de crise qui ravage le pays, le système capitaliste qui l’enveloppe  s’exprime avec une violence inouïe qui déchire tout le tissu social,  voire politique.

Le Conseil Présidentiel de Transition fait face à une lutte interne qui dépasse l’entendement et même les limites du bon sens. Cette lutte s’aggrave, suivant sa propre dynamique et s’est illustrée entre le Directeur de la police nationale Normil Rameau qui n’entend pas capituler devant les obstacles pour faciliter la tâche au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui réclame sa tête.

Pourtant, tous se disent au service du pays mais se présentent toujours clairement comme des défenseurs résolus des intérêts américains. L’urgence est de rompre avec ces représentants de l’ordre barbare qu’il s’agit d’Edgard Leblanc Fils, de Leslie Voltaire ou de son futur successeur Fritz Alphonse Jean. Bien que pour celui-ci, rien n’est encore joué et la semaine qui vient peut réserver bien des rebondissements. Car, un scandale et des drames se profilent à l’horizon. Certains Conseillers-Président seraient pris à leur propre piège de cautionner les agissements des trois braqueurs pris dans un scandale inacceptable de corruption. Rien ne dit, en effet, que tout va se dérouler comme sur des roulettes pour la passation de pouvoir lorsque deux des trois braqueurs de la Banque Nationale de Crédit, à savoir Smith Augustin et Louis Gérald Gilles, voudront resserrer l’étau en revendiquant leur mandat de président après avoir été « réhabilités » par la complicité de la Cour d’appel. L’importance dans cette forfaiture, c’est qu’ils ont le soutien du sinistre Alix Didier Fils-Aimé qui, coûte que coûte, veut limoger le chef de la police pour le remplacer par un pion à son service.

Or, en appuyant ce scénario machiavélique, c’est un nouveau chapitre que le Premier ministre Fils-Aimé veut ouvrir dans la crise, aggravant ainsi la dislocation du cadre national. Une  nouvelle lutte interne a pu naître entre les différents protagonistes au sein du Conseil Présidentiel de Transition. Ces représentants authentiques de la société capitaliste en décomposition, pour survivre, ont chacun besoin de réduire à néant la population pour satisfaire leurs intérêts personnels.

Cette classe politique dans son ensemble qui s’autodétruit par un ensemble d’affrontements où tous les coups sont permis résiste et tant pis si cela se fait au détriment du peuple et de la démocratie. Elle ne s’oppose guère aux attaques contre les droits des travailleurs et leurs organisations combattantes.

Chaque jour qui passe, la situation s’aggrave. Chaque jour qui passe, le gouvernement  tape encore, toujours plus fort et continue dans le déni. C’est une spirale dans la débâcle qui ravage toutes les institutions du pays. Au sein même des syndicats de la police, il existe des divisions entre les partisans du Premier Ministre et ceux du Directeur de la police. La manifestation du Syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH-17) qui a eu lieu le 24 février 2025 devant la Primature est un soutien évident au Chef de la Police sous le faux prétexte d’un manque de moyens de l’institution policière pour assurer la sécurité du pays. Cette débâcle sert les ennemis historiques de la République d’Haïti, car la politique de Washington ne peut que conduire au chaos dans la mesure où  l’ingérence et la déstabilisation extérieure pénètrent tous les rouages de l’État.

Il n’y aura pas d’issue politique possible conformément aux intérêts des travailleurs et à la démocratie dans ce pays si la classe politique en contradiction avec elle-même ne résout pas  de s’effacer de la scène et laisser Haïti aux Haïtiens pour qu’ils deviennent responsables de leur destin. A cet égard, n’y a-t-il pas urgence à remettre les choses en ordre afin de balayer cette classe de traîtres formant ce gouvernement illégitime, illégal, impopulaire ? C’est ce à quoi s’attèle Haïti Liberté dans ses colonnes semaine après semaine pour le triomphe et la victoire de la cause populaire. Cette débâcle politique ne peut nous conduire qu’à plus de désastres sinon à une occupation étrangère pure et simple.

 

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