Pleins Feux Sur : Yves Abel Albert

« The fridge ou la basse contagieuse » | Port-au-Prince - ?

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Yves Abel Albert devient le chouchou des afficionados et continue de se majorer dans un groupe en pleine mutation d’un konpa de souche.

Un bassiste tout à fait particulier et si aisément repérable au gré d’un jeu non- orthodoxe qui éveille tout de suite le myosotis. Yves Abel surnommé ‘’le congélateur ‘’ par ses pairs du fait de son habilité à subjuguer la basse, pour en faire un outil d’expression et d’exploration en plus de sa fonction d’accompagnateur. Ayant apparu dans les braises d’une filiation qui a prospecté toutes les vibrations planétaires. Ce qui lui a permis au contact des autres de s’y adhérer en autodidacte ; et à se façonner un style exclusif qui va attirer même les bizuts. Car, déjà nanti d’une orientation d’avant-gardiste qui le distingue des autres, à dessein d’une évolution météorique. Entre les petits détours au bercail, Yves Abel se retrouve au state incognito. Nourrissant le rêve de se prouver pour sortir de l’anonymat.

L’occasion s’est présentée au cours du programme dominical du « Magnum Band » au défunt club ‘’Le pingouin’’ de Brooklyn ; où le groupe organise une sorte de show :’’Chercher l’idole’’ dans lequel Yves a fait une prestation sans appel qui a fait frissonner Tico et Dadou ; tout en donnant des sueurs froides à Poquito le bassiste attitré. Dès lors s’ensuivent les ‘’stints’’ passagers qui le mirent sous les feux de la rampe. Jusqu’à son introduction au « Tabou Combo », après qu’un éminent devancier, Joe Charles lui ait cédé cette place qu’il a succinctement occupée suite au départ brutal du maestro Dòf Chancy. A ce carrefour, Yves devient le chouchou des afficionados et continue de se majorer dans un groupe en pleine mutation d’un konpa de souche.

il a commencé à infuser sa marque colorée au « Tabou » au sein duquel il s’est imposé en bassiste innovateur

C’est ainsi qu’à partir de l’album ’’ Aux Antilles’’, il a commencé à infuser sa marque colorée au « Tabou » au sein duquel il s’est imposé en bassiste innovateur ; lui valant le sobriquet de ‘’radical’’. Imprégné d’une profonde vélocité, de maitrise mélodique et de sensibilité ; dont il a successivement saupoudré les œuvres : Zap-zap, Référence, Rasanble, 360 degré, Taboulogy. Et qui ont marqué une période de remue-ménage pour un groupe avec lequel il a côtoyé maints guitaristes : Elysée, Garry, Condé, Josama ; et sachant toujours apporté de l’équilibre dans un ensemble pas tout à fait stable. Avant qu’il soit éventuellement poussé à la porte. Donc, après une décade fructueuse avec le « Tabou Combo » dont il a eu l’opportunité de prendre son art à un niveau supplémentaire sur les routes du monde, Yves Abel a rallié le « Skah-Shah #1 » de Cubano.

Un passage qui n’est qu’une formalité pour un musicien dont la versatilité lui donne droit à tous les détours, faisant fi des standards dominants tout en transcendant les modes. Devenant en tout cas un bassiste convoité dans les studios d’enregistrements. En faisant des arrangements pour la Mini Records, collaborant avec « Zeklè » et s’acquittant parallèlement de son statut de maestro avec le « NY All Stars » dont la tenure fut moins convaincante, malgré une abondance de jeunes talents. Allant ensuite à une initiative personnelle avec le « Volume » qui n’a pas fait mouche. Poursuivant sans relâche sa vocation d’oiseau migrateur, diffusant sa touche florissante d’ici et là. D’aucuns ont sans doute vu sa performance de ‘’La Dessalinienne’’ sur youtube. Sans omettre une collaboration passagère avec le « Zenglen », et d’autres contributions à divers projets des milieux musicaux confondus, qui aiment toujours réclamer son expertise de bassiste contagieux.

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