Pleins Feux Sur : Théodore «Lòlò » Beaubrun Jr. (Port-au-Prince – 1956)

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Théodore «Lòlò» Beaubrun Jr.

« Un artiste médicastre »

Lòlò pour sa part a grandi dans l’environnement du spectacle. Puisque son père Théodore Beaubrun Sr dit ‘’Languichatte’’, était tout au moins le plus populaire comédien du pays. Ce qui a conséquemment plongé Junior dans le bain du show-biz dès l’adolescence. Lequel a constitué l’univers du fils du comédien pendant que son papa occupait la tête de l’affiche ; en bouffon de l’Île et agent de la cause duvaliériste. Comme étant le ventriloque qui relayait les messages sadiques de la dictature à la radio et sa mainmise du pays ; comme messager officiel de la ratification de la présidence à vie. Enfant, j’étais surtout infatué par la créativité de ‘’Alcibiade’’ ce génie du quotidien ; qui nous agrémentait de ses feuilletons imagés deux fois par semaine. Tenant les familles haïtiennes en haleine à travers son théâtre populaire chaque Mercredi et Dimanche au Théâtre de Verdure ; suivi par le riche répertoire du « Jazz des Jeunes ». Pas étonnant qu’il ait été la cible du régime en multiples occasions.

Alors que ‘’Languichatte’’ le père de ‘’Lòlò’’ étalait ses drames burlesques pour un public restreint du Rex Théatre ou de Cabane Choucoune. C’est donc de cette école de clientélisme que ‘’Lòlò’’ s’est inspiré. Jusqu’à ce, suite au divorce de ses parents il a pris le chemin de New-York en compagnie de sa mère. Au state le jeune adolescent entre des études laborieuses de High School, se trouve confronter à de multiples influences culturelles. Et jette son dévolu sur le rock, de « Pink Floyd » et de Santana, le soul de James Brown, le reggaie de Marley et autres. Entre temps, les mid-seventies s’avèrent être une étape charnière de la musique haïtienne. Dans laquelle, artistes, musiciens, compositeurs s’adonnent à toutes les élaborations fusionnées par rapport à la pop-music. Dont s’entichent les jeunes en proie à la dominance de la musique noire états-unienne.

Avec l’émission télévisée Soul Train qui était le programme de référence pour ceux qui en avaient les moyens. Dans ce brassage, c’est aussi un retour aux sources des traditions authentiques où des adhérents particuliers revendiquent les paramètres du vodou, débarrassés de primitivisme et de folklorisme; incorporés dans les concepts de la world music. Emmené par Denis Emile et ses lieutenants : Tido Lavaud, Chico Boyer, Ayizan et Azou Sanon, Aboudja, Jean Raymond Giglio, Harry Thisfield etc. dans l’élaboration d’une approche désinvolte qui débouchera sur la mouvance rasin. Alors que d’un autre côté, les G.Merceron, Widmaier, Frank Etienne s’activaient dans un style plus sophistiqué dénommé shampa. C’est dans cette ambiance que ‘’Lòlò’’ s’est retrouvé dès son retour au bercail au milieu des années 1970 (lorsque lui et moi sommes devenus brièvement condisciples de classe à la First School ; avant qu’il soit expulsé par le directeur Levy pour âneries).

Il est vrai qu’on ressentait en lui ce désir fou d’être saltimbanque. Ce qui n’était pas surprenant, lorsque plus tard de passage au pays, de le voir au four et au moulin à cultiver ses vibrations artistiques avec son groupe « Monifè ». Tout en occupant parallèlement la vedette dans le rôle de ‘’Banabé’’ du feuilleton télévisé de son célèbre père sur la Télévision Nationale. Pendant ce temps, le mouvement rasin commence à atteindre sa vitesse de croisière avec des groupes tels : « Sanba Yo», « Foula » etc. Se permettant même de petits bonds à l’extérieur. C’est dans cette perspective que ‘’Lòlò’’ a décidé de se joindre à Fritz Emile un autre adepte du genre, qui tenait déjà une petite formation du nom de « Boukman Eksperyans ». Une phase qui va permettre à Théodore Jr  de trouver ses voies artistiques, en musicastre flamboyant, vocaliste malgré lui et claviériste ‘’bouche trou’’ avec toute l’audace qui l’enferme.

Antérieurement, c’est la sortie de :’’ Vodou Adjae’’, l’œuvre liminaire du mouvement, contenant : se kreyòl nou ye, nou la, plante, tribilasyon, nou pap sa bliye, wet chenn, mizik a Manzè, mizèrere, pwazon rat, et la méringue kè m pa sote, qui a bousculé le général Avril dans son campement. Et des morceaux qui ont un peu défini le standard urbain du rasin. Pourtant, c’est en pleine ascension que le groupe va faire face à ses premières crises intestines. Lorsque une rébellion emmenée par leur vedette Eddie François contre les pratiques malsaines de ‘’Lòlò’’ va entrainer d’autres membres à déserter le « Boukman Eksperyans ». Mais, toujours nanti de ressources et la valeur probante de son frère cadet Daddy. ‘’Banabé’’ et compagnie ont trouvé assez de détermination pour rebondir dans :’’Kalfou danjere’’, dont le lancement a coïncidé avec l’atmosphère de répression qui a sévi suite au coup d’état sanglant de Septembre 1991.

Ce qui va agrandir la stature du groupe qui s’est trouvé dans le collimateur des militaires. Et qui fait l’affaire de ‘’Lòlò’’ qui se morfond dans une queue-de-pie de militant ; tout en se campant démagogiquement en promoteur d’une ‘’révolution ginen’’. Pourtant, malgré une musique de moins en moins qualitative, le « Boukman » continue de faire couler de l’encre. Au  gré d’une approche rédemptrice et combattive ; qui leur a coiffé d’une reconnaissance internationale. Par le temps du 3e album :’’ Libète/pran l pou pran l’’, Beaubrun Jr a encore sa posture de samba qui se cache sous les visées d’un mercenaire sans scrupules. Jouant le révolutionnaire pour son intérêt personnel et, se comportant en ‘’complotiste’’ dans les coulisses. Et, c’est en pleine agitation qu’il s’est  vu abandonner par le pilier du groupe, son frère Daddy, sa sœur Marjorie ainsi que la chanteuse Maggie J. Louis.

Ces désistements lui feront dire avoir été infiltré par un agent du laboratoire qui est devenu le compagnon de sa sœur. Une allégation de Jr qui essaie toujours de justifier l’injustifiable. Et qui dès le retour de la démocratie ne sait vraiment sur quel pied danser. Son groupe ayant pris à cette phase autant d’eau et ne faisait plus l’unanimité. Alors, il ne lui restait d’autre choix que de pratiquer le militantisme au rabais. Et attendant chaque édition carnavalesque pour mettre à nu ses bas instincts. Après sa ‘’révolution ginen’’, c’était sa ‘’révolution bourgeoise’’ dont il a fait la promotion dans la diaspora ; pendant que le pays était mobilisé pour le retour à la démocratie. Et désignant le vénérable homme d’affaires devenu martyr Antoine Izmery comme le leader. Exposant ainsi cet homme de bien des visées du laboratoire. Après, c’était son rêve d’une armée rouge. Une idée qui lui montée à la tête au cours d’une discussion à bâtons rompus entre anciens condisciples ; concernant les prouesses et les stratégies de Trotsky…

Alors, le mec sans être imbu de rien s’est enveloppé de son manteau de révolutionnaire à la tête de son ‘’armée rouge’’ avec Andy Apaid comme promoteur et le bandit ‘’Labanyè’’ comme commandant. De surcroit, il trouve en Radio Ginen un organe approprié pour déverser ses balivernes, et en ‘’sweet micky’’ un allié de poids comme co -animateur. Ouf ! Sans répit, il continue à tirer ses marrons du feu. Puisque Préval ne lui avait pas donné d’audience. C’est le gouvernement d’Aristide qui a cédé dans le souci d’endiguer les forces de pression et les têtes brûlées comme ‘’Lòlò’’. En lui donnant une sinécure à travers le Ministère de l’Environnement. Avec à sa tête le beau frère de ‘’Barnabé’’, un certain Télémaque qui a servi de couverture. Puisque ça aurait provoqué un grand scandale de voir un idiot de sa trempe responsable d’un ministère. Entre temps, c’est la sortie d’un énième album au titre ronflant de :’’Révolution’’ que personne n’écoutera.

Puisque, à cette étape le médicastre est complètement démasqué. Par même ceux qui sont en dehors de la politicaillerie locale. Ce qui rappelle cet anecdote, lorsque le directeur étranger de l’une des compagnies qui les ont produit m’a appelé à mon bureau (je travaillais pour Haïti Progrès) pour m’exprimer son indignation du fait que ‘’Lòlò’’ a refusé de prendre part à la vente signature de son propre disque. Parce que l’événement se tenait dans un disquaire de Brooklyn qui appartenait à des musiciens de konpa. Lorsque j’ai confronté le ‘’Barnabé’’ à ce sujet, il m’a fait croire que ces musiciens en question l’avaient menacé durant le règne de Préval. Le pire dans cette affaire, c’est que quelques années plus tard lorsque le « Boukman Eksperyans » roulait à vide. On a l’a vu se vautrer en ‘’musi-chien’’ avec ces mêmes gars sur le podium de Brooklyn College.

A l’entame, le « Boukman Eksperyans » ayant perdu sa renommée et cesser d’être une entreprise familiale rentable. C’est donc une vocation de ‘’chef-boukman’’ des causes malsaines que ‘’Lòlò’’ s’est trouvé ; fort de ses connections et de son penchant de mouchard qui le campent en collabo des ambassades : E.U, France et Canada. Et éventuellement, en catalyseur du mouvement ‘’Grenn nan bouda’’ qui allait déstabiliser un pays déjà fragilisé par les nombreux coups de Jarnac du consortium impérial. Aidé en ce sens par les fils de pute comme sweet micky, lòlò et autres malpropres de la même race. Et, particulièrement ‘’Lòlò’’ qui a assumé son statut d’homme de paille pour le compte de l’ambassade de France. Qui lui a alors donné la mission de distribuer les euros durant les manifestations pour empêcher la célébration du Bicentenaire de notre indépendance acquise aux prix de tant de sacrifices.

Mais, se croyant malin, ‘’Banabé’’ est dûment pointé à l’index par les forces vives de la nation. Ces jeunes qui tenaient vigile devant le Palais National ; demandant à corps et âme la tête de ‘’Lòlò’’. Lorsque je leur ai demandé de ce qu’il allait faire du mercenaire ? Ils m’ont dit :’’ Simplement lui couper son ‘’dread lock’’, car un rasta ne doit pas être un apatride ! En tout cas, Il a semblé qu’il avait bien reçu le message. Car, tout de suite après, c’est à Brooklyn NY que notre pseudo révolutionnaire est allé se cacher. Paradant dans l’hebdomadaire H.O qu’il avait auparavant crucifié du temps de Tonton Bherman. Et profitant pour se réconcilier avec son frère Daddy, qui avait sans doute reniflé l’odeur des billets euros qui remplissaient sa poche. Insatiable, il y prépare sa version carnavalesque 2004 bourré de vitriol ; dont il demande à un ami commun  en partance pour Haïti de lui acheminer la bande sonore. Ulcéré, ce patriote lui avait dit d’aller se faire foutre !

Il lui avait aussi dit de se préparer à se faire une conscience, lorsque le projet nébuleux du consortium impérial achèvera d’anéantir le pays ; avec l’aide des Conzé modernes de son espèce. Mais, ‘’Lòlò’’ n’en avait pas cure ; toute honte bue et, tout aussi fier d’être l’indigène de service des colons actuels. Et, lorsqu’ils n’ont pas réussi à tourner leur violence incendiaire en victoire ; ont comploté pour kidnapper un président populairement élu. Et c’est en triomphe que les : Lòlò, Sweet Micky, Guy Philippe, Chambelain et autres comparses de droite et gauche ont manifesté leurs bas instincts. Jubilants d’avoir boycotté la glorieuse bicentenaire de notre indépendance. Dans la perspective d’avoir un pays à la mesure de leur bestialité. Un pays dérobé de sa souveraineté, d’après les vœux des stipendiés du Core Group, ce ramassis de la maffia internationale qui a même prétendu qu’Haïti n’existe pas. L’occasion tant rêvée par Théodore Beaubrun Jr ; pour se mouvoir dans la médiocrité.

Puisqu’à cette étape la musique n’est pour lui qu’un tremplin pour se faire des faveurs socio-économiques. Devenant l’agent des gouvernements successifs : G. Latortue le ‘’gros lard’’ de Jeb Bush. Puis, Préval qui lui a préféré Wycleff comme guignol de service. Et ses frères de mœurs et de classe : Michel Martelly la putain d’Hillary et de Bill Clinton qui a constitué l’ultime gifle à la nation avec son gouvernement de bandits et de voleurs. Ainsi que le transfuge Jovenel tapi dans l’ombre pour administrer le coup de grâce. Finalement, c’est ce pays fictif que ‘’Lòlò’’ a toujours souhaité de tous ses vœux. En se réduisant à n’être que le mardis-gras des carnavals insolites de Micky et de Jojo. Toujours sans gêne, avec sa femme Manzè qui a même tenté de dissuader la population de cesser de manifester. Afin qu’ils puissent continuer leur mission de clowns du laboratoire. Telle est la constatation générale concernant ce médicastre dont les soubresauts n’ont rien à voir avec la musique.

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