Pleins feux sur Robert Martino (Port-au-Prince, 1947 ?)

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Robert Martino

« Une signature exclusive »

 

Après avoir appris ses sujets musicaux sur le tas tout en s’employant en autodidacte à peaufiner son talent de ‘’string-man’’, Robert a émergé très jeune en guitariste soliste patenté  et en compositeur fécond avec « Les Difficiles » de Pétion-Ville. Aux  commandes duquel il s’est imposé en co-meneur ; en compagnie de son pote le chanteur Henri Célestin. Au cours des sixties infatués de rock & roll. S’étant précédemment employé avec ce groupe à interpréter les succès locaux et d’outre-mer. Puis, après s’être  débarrassé du saxophoniste Jean Claude Labissière, Robert s’est attelé par la suite à orienter « Les Difficiles » vers une musique de souche. Au comble d’une signature exclusive, auréolée d’une sonorité florissante d’une guitare riche en glissandos et en même temps si instillée de swing. C’est en s’accommodant de ses va-tout que le groupe prit soudainement le devant de la scène. Il faut dire que ce fut à un moment ou après l’éclatement du « Tabou » les groupes strings étaient peu légion.

C’est le début tumultueux des seventies et Robert et « Les Difficiles » choisissent d’être inarrêtables cet été là qui fut l’année de leur fulgurante montée. Men Polo, Tounen, Selavi…et boum, c’est le branle bas. Au cours d’une prestation du groupe, Martino et Porky le bassiste en viennent aux invectives. C’est la rupture. En fait, ce moment ressemble à un scenario concocté par le trio Robert, sa fiancée d’alors Jessie Al-Khal et de son futur beau frère Pierrot ; afin que Robert puisse s’esquiver pour venir compter et faire bande ensemble. En tout cas, avec « Les Gypsies », ce fut une riche page de musique ambiante, d’une guitare pourvoyeuse d’harmonie, de mélodie, autant que dans l’art des raccourcis. Propulsant un groupe qui a su rallier autant de suffrages durant plus d’un lustre. Tout en gratifiant des albums à Succès : #1 : ‘’Haïti’’, #2,’’Patience’’, #3’’Courage’’, #4’’La Tulipe’’. Ce dernier produit durant leur expérience new-yorkaise ; à la conquête du domaine de « Tabou », « Skah-Shah » etc.

Suite à cette randonnée new-yorkaise qui a bien régalé les gens de là bas, Robert et sa bande  retournent au bercail dans une atmosphère marquée de soubresauts de fin de cycle. Il sortit alors l’album :#5’’Fierté’’, pas tout à fait dans le coup. C’est le début de la fin pour les groupes strings face à la vague des groupes aux armadas cuivrées. A ce stade, Martino décide de se retirer pour une réévaluation des données. C’est-à-dire, reculer pour mieux rebondir. C’est ce qu’il a administré en ressurgissant avec « Le Scorpio », groupe de formule nouvelle, dotée de horn-section à la manière des groupes antillais qui prirent d’assaut le show business local. A part la section à vent, un clavier synthétiseur y est aussi incorporé. Ce qui ne voulait pas dire que Robert n’allait pas toujours en faire des siennes. Pour ne pas s’innover dans ses solos lumineux, en plus de son flair harmonique, de ses atouts de compositeur et de sa capacité de meneur.

Avec le « Scorpio » Robert continua à occuper le devant de la scène, comme c’était le cas avec « Les Difficiles », puis, « Les Gypsies ». Et les hits persistaient sous sa signature, son leadership et sa maestria. Toujours en musicien adaptatif et guitariste référentiel, il continue à pousser sa curiosité vers d’autres paramètres tels : le rock, le jazz, le blues, le reggae et d’autres sonorités des 70 et 80’ intégrés aux paramètres natifs ; dans le métissage la musique globale. Pourtant, il se fait éjecter du groupe par un noyau de revendicateurs. Finalement découragé, il jeta le tablier. Malgré tout, il revient pour sauver les meubles, juste le temps d’un carnaval dont il s’est fait aussi l’ultime pourvoyeur. Après la débâcle du « Scorpio », il prit encore du recul par rapport au show-business. Pour explorer surtout d’autres approches avec l’opportunité d’apporter sa touche épatante à d’autres excursions collaboratives.

Au milieu des années 1980, il alla se fixer en Floride où il mit à nouveau en évidence sa capacité à rebondir. En explorant la formule du « drum machine » avec le « Top Vice ». Lequel devient momentanément la formation vedette du « Sunshine State »; l’installant en chef de file du konpa elektro. Il est vrai qu’il y avait peu de créativité dans la musique du groupe « chouchou de Miami »,qui se contentait surtout d’interpréter les succès d’autrui. Mais, l’ambiance y était au paroxysme, et Robert avait encore su se ressourcer dans l’énergie de la nouvelle génération. Cependant, sans une ébauche de clarté dont il savait être l’un des ultimes gratificateurs. Dans un tel contexte son jeu a paru émoussé et sa guitare essoufflée. Talonné par la nouvelle vague, dont ses fils Roberto et Reynaldo qui se sont lancés sur les pas de papa, en formant un groupe nommé « T-Vice », comme pour sommer le vieux qu’il était temps de céder les affaires familiales aux jeunots. Lesquels n’ont pu jamais faire oublier le père. Dont la signature exclusive résonnera toujours aux confins des vibrations, d’une proportion épique.

 

 

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