Pleins Feux sur : Michel Laraque

« Un guitariste avant-coureur »

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Michel Laraque

Michel Laraque a lui aussi contribué à l’élaboration des complexités de la guitare locale.  Dans la clameur des résonances multiples qui ont caractérisé les années 1960. Lesquelles vont constituer entre l’exotisme et l’autochtonie une hybridité plurielle ayant débouché sur les éléments fondamentaux qui ont tissé la copulation des cordes allogènes. Entre les tendances analogues : full band, quartet, combo latin, troubadour, traditionnel et autres. Croisant le fer aux influences : blues, jazz, twist, flamenco, bossa-nova, rock, « The Beatles » aux “Motown sounds” d’où ont émergés les Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross, Sam Cooke, « The Temptations» et les diverses manifestations de la soul music. Parallèlement à la génération yé-yé française avec le ‘Golf Drouot’ comme temple, d’où sont révélés les : Johnny Halliday, Claude François, Eddy Mitchell, Michel Polnareff, Dalida et autres.

Des ramifications qui vont s’étendre au pays à un moment où tout s’abreuvait aux sources de la musique noire-états-unienne. Pour prendre part à cette révolution musicale qui a débouché sur la filiation pré-mini et la prolifération de ces formations aux formats réduits comme : « les 6 As », « Les Mordus », « Les Copains », « Les Corvington », « Baby Jazz », et « Les Shleuberts » dont Michel fut le patron. Sans oublier « Ibo Combo » qui a constitué le summum de ce mouvement. C’est ainsi que Michel Laraque s’est mis dans la mêlée, parmi une brochette de guitaristes émergeants dans laquelle il se présente avec ses particularités propres. Fort d’une schématisation harmonique qui met en exergue une approche de climat infusée de vibrations jazzées.

Des marques qu’il a su amplement diffuser avec « Les Shleuberts » en compagnie de ses frères : Jean-Jean un excellent batteur, décédé prématurément dans les années 1980 et Claude aux percussions, avec d’autres talents probants, dans cet ensemble de parcours succinct. Lequel lui a permis de se mettre à l’avant des mouvements musicaux qui ont marqué cette époque. Incluant des qualités de pédagogue qui l’ont habilité à initier son frère Toto à la guitare. La demie des sixties est aussi le temps de l’exode provoquée. Et aussi, la succession des vogues éphémères comme : le madison, le mashed potatoes, le boogaloo parmi d’autres. Et l’Haïtien Carmelo ‘’frenchie’’ Casimir vient juste d’inventer la mode de chevelure afro pour Myriam Makeba. Tandis que la styliste afro états-unienne Mary Quint  a créé de son côté la coupe ‘’mini-jupe’’.

Michel Laraque s’est mis dans la mêlée, parmi une brochette de guitaristes émergeants

Entre le mini et le gogo les générations se succèdent, comme celle de Michel Laraque qui malgré sa qualité expressive et fusionnée est balayée par la germination des mini jazz plus branchée sur la sensibilité locale avec les : Serge Rosenthal, Hans Felix, Edward Richard, Ricardo Tiplum, Youyou Besson, etc. qui se sont inspirés des modèles- maison  tels : Raymond Gaspard, Toto Duval, Marc Antoine, Carpentier, Cayou Frank. Déterminés à continuer la sarabande konpa-kadans (meringue), entamée par Nemours et Sicot. A cette étape les noms : « Shleu-Shleu », «  Ambassadeurs », « Fantaisistes », « Bossa Combo » et autres, occupent le devant de la scène. C’est ainsi que retranché à NY, Michel ainsi que ses frères Jean Alix et Claude ont rallié le « Ibo Combo » qui vient d’être réformé au state.

Produisant trois albums avec ce groupe tels que :’’ Kafe’’  ‘’Anjandre’’et ‘’Analyse grammaticale’’  gratifiant à nouveau de son toucher volubile ; toujours avec une maitrise d’exécutant qui en fait un vrai représentant des cordes éclectiques. Jusqu’à la fin de cycle pour ce groupe dont les membres sont majoritairement retournés au bercail dans les ‘’mid-seventies’’ ; pour la fondation du « Caribbean Sextet ». Au sein duquel son frère cadet Toto va prendre le relais. Continuant néanmoins à cultiver sa guitare à travers diverses collaborations. Incluant un ‘’stint’’ avec le combo « Ju Kann » qui s’est bien servi de sa touche exploratoire et cérébrale, qui sont les marques de ce guitariste avant-coureur.

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