PetroCaribe : une balle pour deux cibles ennemies !

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Le sursaut populaire qui se fait autour et contre le gaspillage des fonds de PetroCaribe par les classes dirigeantes haïtiennes est totalement et absolument légitime. Et nous, nous y apportons toute notre solidarité dans la mesure où ce mouvement vise sans désemparer non seulement une  reddition de comptes mais également une dénonciation au grand jour de la menace directe et permanente des pays  impérialistes, particulièrement les ambitions néo-colonialistes et plus encore hégémoniques du triumvirat Washington, Paris, Ottawa.

Nous applaudissons des deux mains ce mouvement qui déjà prend rendez-vous pour le 18 novembre. Il se sert de nos dates historiques pour rappeler la mémoire de nos sublimes ancêtres qui se sont sacrifiés pour la cause des masses exploitées. Il n’empêche pourtant que la lutte est quotidienne. L’utilisation toute récente de l’anniversaire du Premier coup d’Etat en Haïti au cours duquel Dessalines a été assassiné a ravivé l’espoir et l’enthousiasme des travailleurs et de la jeunesse et fait progresser la dynamique de l’unité populaire contre l’administration corrompue Moise/Céant.

Celle-ci fait feu de tout bois pour essayer de taire la voix des masses populaires à l’avantage des thuriféraires du régime. Ceux-ci sont les dignes descendants idéologiques des nostalgiques du système esclavagiste qui haïssaient Dessalines et en avaient fait leur cible privilégiée non seulement à cause des convictions socialistes de ce dernier mais aussi parce que leur seul agenda était de piller ce pays et d’exclure à jamais les masses défavorisées.

La corruption et la gabegie battent leur plein, l’agriculture a été délaissée, et les masses populaires sont forcées de vendre leur force de travail dans des factories étrangères de sous-traitance.

On est encore bien loin du compte. Il nous faut continuer à barrer ces voleurs qui pillent et vendent les richesses du pays aux vautours réactionnaires.  En un sens c’est rendre un peu de justice à Dessalines ! C’est la restauration progressive de son symbolisme révolutionnaire. Un acte qui parait donc doublement significatif, mettant à l’évidence le caractère éminemment politique de son rôle en tant que fondateur de la Nation. Vu que le régime en place est la continuité d’un laquais de l’impérialisme, Michel Martelly, qui lui ne représentait que l’idéal de ceux qui n’avaient qu’un seul attachement à cette terre, si ce n’est simplement de faire fortune par n’importe quel moyen. Nous serions encore plus fiers, si nos jeunes pouvaient incarner les aspirations de Dessalines, s’identifier à ses désirs dans un mouvement d’auto-détermination de façon à dénoncer plus fermement et déjouer les tentatives impériales pour qu’une ère nouvelle s’ouvre dans ce pays et nous libère de nos exploiteurs.

Tout d’abord il n’est même pas laissé à notre pays sous domination du triumvirat impérialiste Etats-Unis, France et Canada, le choix voire le droit d’opter pour le type de développement économique, politique et social qui lui convient.  Parallèlement, voilà également qu’une violente campagne déstabilisante est entamée par ces trois forces réactionnaires contre la révolution Bolivarienne. Commencée depuis sous le leadership révolutionnaire de feu le président Chavez, elle est devenue encore plus menaçante sous la présidence de Nicolas Maduro.

C’est signe que les impérialistes sont bien disposés à peser de tout leur poids dans la balance afin d’imposer leurs conditions d’assujettissement aux pays qu’ils appauvrissent. Au Venezuela, le but de ces manœuvres de déstabilisation n’est pas un mystère. Il s’agit d’acculer le gouvernement bolivarien à sa dernière extrémité, d’affamer le peuple, de lui faire manquer de l’essentiel jusqu’à ce que finalement il gagne les rues et contribue à renverser le gouvernement légitime.

Haïti est l’exemple de victime la plus authentique qui illustre cette politique d’agression barbare. Tout est privatisé, même le secteur de la santé. Nos travailleurs, nos étudiants, notre peuple ont de plus en plus de mal à vivre. La corruption et la gabegie battent leur plein, l’agriculture a été délaissée, et les masses populaires sont forcées de vendre leur force de travail dans des factories étrangères de sous-traitance.

Voyez ! Il ne passe pas un jour que le Venezuela ne fait pas face à une menace meurtrière d’intervention impérialiste pour le forcer à capituler et le ramener dans leur sphère de domination. On doit coûte que coûte et prudemment éviter que cette mobilisation ne soit pas récupérée par les ennemis communs du peuple haïtien et du peuple frère du Venezuela. Il est temps de voir clair, de se livrer à une sérieuse réflexion politique pour analyser les causes profondes de cette situation de sorte que nous arrivions à comprendre que la lutte pour le changement est globale et pour cela, il convient d’élaborer des moyens de luttes efficaces de classes dans une perspective de résistance.

Le mouvement populaire haïtien a à résoudre une difficile équation pour ne pas tomber dans les filets des classes dominantes et des forces impériales. Pour conjurer le danger, il nous faut faire du Petro Caribe challenge une balle internationaliste contre nos deux cibles ennemies, tout en apportant notre pleine et entière solidarité avec le gouvernement vénézuélien.

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