Ne pas masquer la réalité

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Ne nous faisons aucune illusion. Chaque jour qui passe pour ne pas dire chaque heure apporte une panoplie d’incidents, de gabegie et de tractations; tout cela pour protéger les intérêts des sociétés multinationales au mépris des aspirations et de la dignité du peuple haïtien.

Ce que trament aujourd’hui Jovenel Moise et sa clique n’est que le prélude d’une fausse partition qu’ils s’acharnent tout de même à jouer pour mieux amadouer ou attraper les indécis et les naïfs particulièrement des individus se réclamant de l’opposition empêtrée dont la marge de manœuvre les a réduit considérablement presqu’à un point de non-retour. Cette évidence arrive jusqu’à pousser certaines gens à dire que la situation semblerait revenir à la normale et que le PHTK jadis acculé par la mobilisation des masses a repris la main.

C’est dire aussi que la situation qui s’est récemment développée veut en quelque sorte faire passer les revendications populaires pour des agressions contre le pouvoir anachronique. En d’autres termes, le régime en place passe pour être la victime de la violence du peuple. Où commence donc la violence, si ce n’est dans le comportement cynique des autorités du pays contre les déshéritées du sort.

Ce n’est pas sans raison que l’actualité politique est dominée par la grande recrudescence de l’insécurité; une peur diffuse, bleue, plane sur tout le pays, qui laisse l’impression comme quoi personne n’est épargnée. L’histoire du pays abonde de ces exemples illustrant l’utilisation machiavélique d’événements programmés pour entretenir la confusion, provoquant une certaine instabilité nationale et ainsi perpétuant la consolidation d’un état en décomposition.

Ajoutons à ce scenario l’attitude favorablement triomphale de Jovenel Moise au Champ de mars, le 9 février visitant les stands en construction à 12 jours du début des festivités Carnavalesques. Et quelle surprise de voir qu’il s’est amicalement entretenu en tête à tête avec Ralph Youri Chevry, le Maire de la Capitale, membre de la dite opposition qui réclamait sa démission. « Le Président et le Maire sont deux élus qui ont la responsabilité de servir la population »  Déclaration édifiante de Jovenel Moise illustrant un certain dépassement des divergences secondaires avec un allié de classe. Ce simple fait en dit long sur la nature de cette classe politique.

Du reste, tout cela peut paraitre en fait paradoxal, puisque l’année dernière, au sujet du carnaval national,  tout avait été renvoyé.  Mais, qu’est-ce qui a changé maintenant, alors que la politique de Jovenel Moise, et dans ses options, et dans ses objectifs ou encore plus dans ses méthodes et procédés reste la même. Elle repose davantage sur la poursuite, le développement et la consolidation de la stratégie fondamentale des puissances capitalistes impies. Il est évident, on ne peut qu’en faire le triste constat aujourd’hui qu’un autre complot ourdi se concocte contre les intérêts du peuple en lutte.

Qu’on ne se trompe pas sur les toutes dernières  déclarations de circonstances faites par le Juan Guiado haïtien Jovenel Moise, à savoir tout d’abord « Je ne suis pas accroché à un mandat. Je suis accroché à des réformes » puis « J’accepterais un Premier ministre de l’opposition et une réduction de mon mandat, mais seulement après l’adoption d’une réforme constitutionnelle renforçant la présidence », déclarations destinées à la consommation nationale.

N’est-ce pas masquer la réalité, camoufler sa forfaiture pour mieux étouffer son vrai ennemi : le peuple haïtien?

Dans un pays où les corrompus sont rois et les institutions démocratiques n’existent plus, il ne nous faut pas sous-estimer l’immensité des dégâts que pourraient nous imposer ces imposteurs pour maintenir intact le statu quo.

On peut dire ce qu’on veut, fomenter tout ce qu’on peut, mais la vérité est têtue. La réalité ne peut pas être maquillée.  Le comble : conspiration, assassinat, sabotage économique, kidnapping, tous sont des œuvres néfastes des mercenaires soumis sur la base de leurs intérêts de classe aux puissances impérialistes.

Que nul n’ignore que l’assassin du peuple, le catalyseur de l’insécurité est le pouvoir lui-même, instrument au service des puissances d’exploitation, d’oppression, de répression et d’humiliation tous azimuts contre les damnés du pays. Son rôle est d’écraser toute velléité de protestation éventuelle des opprimés contre les pires injustices en cours à savoir la misère, le chômage, la pauvreté, l’insouciance; et  cette violence aveugle, criminelle dont souffre le pays est historique.

Le peuple haïtien doit être conscient de ces réalités-là, voilà pourquoi il doit être à tout moment prêt pour être toujours prompt à faire face aux forces du mal et à résister à l’impérialisme qui sait se faire à la fois sirène et ogre.

Que ce qui se passe dans le pays nous rappelle, une fois de plus, que l’impérialisme et ses tentacules ne renonceront à nous combattre que lorsque le rapport des forces ne leur laissera aucun moyen d’agir.

 

 

 

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