Ne pas désespérer

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Nombreux sont les compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur du pays qui se laissent gagner par les dérives qui s’amplifient dans le pays dont l’incontestable et flagrante impunité de plus en plus maîtresse du territoire. Que de violences, que d’outrageuses injustices, qu’ils n’avaient jamais pensé revoir mais qui sont devenues monnaie courante. Des temps intolérables que nous croyions à jamais révolus ont refait surface.  Au lieu de progresser, on régresse à une vitesse éclair!

Qu’on ne s’y trompe donc pas de la gravité de ce chaos social, manifestation la plus éclatante, la plus criminelle de l’égoïsme d’une classe de nantis.  Et ce n’est évidemment pas le fait du hasard ; ces événements nous rappellent que les colonialistes et les néo-colonialistes sont toujours à nos portes et montrent encore leurs dents. Il faut voir dans ce désordre actuel des manœuvres subtiles d’une certaine classe économique et la volonté également d’une puissance politique connue positionnée encore contre les peuples, facilitant l’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres. Ne s’adonne-t-elle pas volontairement à la néfaste entreprise de piller et de gaspiller des ressources naturelles de certains peuples et certains pays en tolérant et imposant des mercenaires au pouvoir : grave crime contre les générations montantes, mettant en péril la survie même d’un peuple.

En vérité, de telles pratiques rappellent tristement les périodes les plus sombres d’une certaine époque ; mais c’est une guerre déclarée. Et nous ne pouvons pas feindre de ne pas comprendre, ni éviter cette guerre par laquelle l’ennemi est déjà et manifestement disposé à nous anéantir.

Dans ces conditions, on doit signaler que l’impérialisme qui ne fait que fortifier le régime de mercenaires et de trafiquants  par tous les moyens, tente de consolider et de sauvegarder les énormes intérêts stratégiques et économiques qu’il détient dans le pays. Quel meilleur moyen de combattre un peuple que de le déstabiliser davantage par une violence et une misère bien programmées pour empêcher la contagion des idéaux progressistes au sein des masses et la ferme volonté de changement du peuple.

Malgré mille déboires, rien n’est perdu. Il nous faut trouver des solutions alternatives pour combattre  l’absurde et inhumain système  impérialiste, s’attaquer aux sources du mal et répondre aux initiatives de base non pas en parachutant des organisations réformistes qui accentuent la dépendance, mais en construisant des structures pouvant faire échec à leur projet déstabilisateur.

Ceux qui entendent tirer leurs marrons du feu qui embrase cette lutte,  ne sont que des réactionnaires locaux anti-peuples au service des puissances exploiteuses. Leur premier objectif est de consommer la désintégration,  accélérer le découragement du peuple pour leur faciliter la tache. Or étant donné ce qu’est le régime du PHTK en place et ce que sont les forces de l’opposition, il s’avère que bien de gens sont gagnés par un certain effroi, une certaine peur et même une certaine panique.

Il faudrait être singulièrement naïf pour prêter foi aux engagements d’une opposition ouvertement à la solde de l’impérialisme. C’est compter sur le chaos et la situation ne deviendrait que  beaucoup plus sombre, beaucoup plus dramatique, et plus tragique même au sens le plus profond du terme, puisque ces protagonistes font partie intégrante de la dynamique infernale qui s’abat sur le pays.

Les raisons d’espérer sont tout d’abord qu’il ne faut pas se leurrer sur le sens de la crise actuelle. Il s’agit de redoubler notre confiance dans les revendications populaires vu que nous n’avons certes rien à perdre, mais tout à gagner en défendant notre souveraineté.

Il y a des raisons d’espérer et bien de multiples raisons puisque les conditions objectives sont amplement prêtes. Bref,  toutes les conditions seront réunies quand la lutte organisée sera le catalyseur, la boussole des classes opprimées haïtiennes dans sa véritable voie pour l’anéantissement de tous les vestiges de corruption, de trahison et de réformisme, cause de notre régression.

La vérité est que la lutte sera longue, mais l’issue de la victoire est certaine. Les énergies saines du peuple haïtien  briseront qu’on le veuille ou non ce système qui ne fait qu’accaparer les biens d’autrui en se servant des traitres à leur patrie.  Cette classe de vautours, tant qu’elle ne sera pas renversée, le peuple ne connaitra ni la paix, ni le changement.

Il est des raisons d’espérer puisque l’espoir de sortir de la nuit du sous-développement est une nécessité absolue. C’est l’impérialisme qui a créé cette notion fourre-tout appelée dialogue nationale, conférence nationale. Ces mots montrent à quel point, l’unité et la fraternité des classes antagonistes ne sont que papiers au vent ou symboles de faillite. Une façon classique de camoufler l’antagonisme fondamental qui oppose la classe prolétarienne exploitée aux authentiques exploiteurs.

Dans la lutte du peuple haïtien, il n’y a pas lieu de désespérer puisque la victoire est à ceux qui savent lutter, tiennent bon jusqu’à la victoire finale.

 

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