L’impérialisme américain révoque son programme humanitaire !

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Nous n’avons jamais peur de prendre position, même impopulaire. Et pour cause.  Nous savons que tôt ou tard, l’histoire nous éclairera, car notre position s’avère souvent juste et pertinente. En janvier 2023, nous avions clairement mis en question le programme « humanitaire » vague et imprécis de Biden, qui, selon ses propres définitions, visait à permettre aux ressortissants de CHNV – Cuba, Haïti, Nicaragua et Venezuela –  d’entrer légalement aux États-Unis et d’y séjourner pendant deux ans. Personne ne pouvait deviner ce que manigançaient les stratèges impériaux qui l’avaient élaboré et ce qu’ils entendaient faire quand le délai imparti arriverait à échéance.

Il n’y avait aucune information sur ce point. L’humanitaire et le paternalisme ont toujours été un écran de fumée porté par les colonialistes et l’impérialiste  pour justifier, conquérir, voire imposer leurs régimes. Ils se présentent toujours comme des bienfaiteurs, comme c’est le cas avec l’USAID, alors que nous avions affaire aux criminels les plus brutaux, les plus dangereux de la planète au service de leurs propres causes. Campagne orchestrée avec une rapidité inouïe, le programme humanitaire mise en place par l’Administration Biden semblait trop facile, trop beau pour croire qu’il n’y avait pas un complot qui se cachait derrière, vu que l’impérialisme ne donne jamais rien gratuitement et sans qu’il n’en tire profit.

Surtout lorsque ce programme incluait, à l’exception d’Haïti, des pays dotés de régimes aux aspirations socialistes, rebelles, revendiquant leur indépendance, et considérés comme ennemis acharnés par les gouvernements américains et que Washington hait en faisant tout pour les abattre. Cette politique soi-disant humanitaire, constituait-elle une nouvelle approche pour combattre le communisme en Amérique latine, notamment au Venezuela, à Cuba et au Nicaragua, ces pays insoumis aux diktats de l’impérialisme américain ? Face à une telle situation, nous avons même osé nous interroger sur le cas ou la présence d’Haïti dans cette liste ayant un statut complètement différent et, pour couronner le tout, sous l’influence constante de la politique de Washington et d’une domination américaine sans égale dans les Caraïbes. Est-ce pour liquider  le petit noyau d’organisations populaires rêvant de transformation sociale et d’indépendance politique ? Sinon, qu’espèrent les promoteurs de ce projet dont on a du mal à comprendre la finalité?

Nous en avons donc conclu qu’il pourrait s’agir d’un piège. Haïti Liberté ne pouvait en aucun cas soutenir une telle politique de dislocation sociétale, dans la mesure où ni le peuple ni le pays en général n’en tireraient de bénéfices susceptibles d’améliorer les conditions sociales de la population ni favoriser le développement durable du pays et apporter un certain progrès en Haïti. La suite nous a clairement démontré aujourd’hui qu’il s’agissait bien d’une conspiration de l’impérialisme américain, non pas contre tous les migrants, mais a fortiori contre ceux des pays ciblés. En effet, ce programme a été à juste titre remis en question et révoqué par les nouveaux dirigeants impériaux.

Car son objectif fondamental n’était en rien humaniste, encore moins dynamique. Le mardi 25 mars 2025, le Fédéral Register publiait un avis exigeant que les  personnes en liberté conditionnelle sans base légale pour rester aux États-Unis devraient quitter le pays avant l’expiration de leur autorisation de séjour. Et dans un mois, soit le 24 avril 2025, la révocation du statut juridique temporaire de plus de 530 000 Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens, connue sous le nom de programme CHNV, ainsi que de leurs proches, entrera en vigueur.

Les permis de séjour des 240 000 Ukrainiens entrés dans le pays depuis le début de la guerre en 2023 seront-ils également révoqués ? Il ne reste plus qu’à attendre ! Cette mesure absurde, annoncée par l’administration républicaine de Donald Trump, va tout bonnement aggraver les déséquilibres sociaux de la République d’Haïti. Néanmoins, cela ne signifie pas pour autant que le démocrate Joe Biden était un bon samaritain  qui mériterait de recevoir le  prix Nobel d’humanité, alors que Trump serait un réactionnaire odieux. Ce serait de la naïveté, en effet, de croire que ces deux fils de vautours pouvaient avoir une vision compatissante pour les masses immigrées issues de la classe ouvrière d’un pays appauvri et affamé comme Haïti. Tous deux – démocrates  et républicains – sont d’authentiques représentants de leur système, ils sont identiques.

L’un complète l’autre pour poursuivre la même politique. Ils n’ont de pitié pour personne, d’aucun pays, ils ne font que défendre leurs intérêts de classe. En un sens, ils n’ont qu’un seul dénominateur commun : défendre les intérêts de l’impérialisme américain à travers le monde. Le cas d’Haïti est extrêmement grave comparé aux trois autres pays, beaucoup plus stables politiquement et économiquement et qui n’ont rien à craindre du retour de leurs compatriotes. Le projet impérial ne se limitait pas à la déportation, mais viserait à faire d’une pierre deux coups : déstabiliser Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, puis tenter de provoquer une situation de KO qui rendrait inévitable le coup final, la destruction totale. En revanche, dans le cas haïtien, malgré tous les coups politiques, l’impérialisme n’a pas réussi à soumettre ou à liquider toutes les forces vives de la Résistance populaire haïtienne.

Par ailleurs, l’impérialisme n’a pas toutes les cartes en main pour liquider les pays dont les dirigeants ne sont pas des marionnettes. Les Présidents Nicolas Maduro, Miguel Díaz-Canel et Daniel Ortega ne se laisseront pas entraîner à cette mascarade. Au contraire, cela renforcera leur position afin de radicaliser davantage leur peuple face à l’impérialisme américain.

Malheureusement, en Haïti c’est tout le contraire, où les indigènes de service sont aux commandes de l’Etat, après avoir été imposés par les puissances occidentales. Ils ne peuvent rien faire sans la bénédiction ou l’approbation de l’impérialisme américain. Les conditions ne seront guère favorables.  Le pire, c’est que ces mercenaires au service de Washington ne toucheront jamais à l’essence du système pourri et corrompu.

Alors, comment briser ce cercle vicieux qui se répète sans cesse ? La réponse la plus urgente est un appel à la révolte populaire pour chasser ces traitres à la cause de l’espérance populaire. Vu que l’impérialisme américain a révoqué son programme humanitaire, le peuple ne devrait-il pas profiter de cette occasion pour agir et contraindre l’administration américaine à céder en licenciant tous les agents à son service et à la solde du système capitaliste comme c’est le cas en Haïti et ailleurs ? À commencer par les membres du Conseil Présidentiel de Transition et le gouvernement fantoche et irresponsable qui mènent à bien leur projet de destruction d’un État et de l’appauvrissement d’un peuple.

 

 

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