Les mêmes et vieilles recettes erronées

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Rien de nouveau sous le soleil de ladite opposition au régime en fin de course du PHTK. Le bilan tragiquement éloquent de ces hommes et femmes est de toujours proposer une politique de compromis raisonnable pour ne pas réellement sortir le pays de la crise mais pour rassurer une certaine continuité dans le changement.

Il ne faut pas confondre la lutte conjoncturelle pour le départ du gouvernement du PHTK au pouvoir qu’il faudra bien chasser – le plus tôt sera le mieux – comme une lutte pour un vrai changement fondamental visant la transformation sociale de la société. Loin de là, un tel pas requiert des atouts plus conséquents, non pas des manœuvres dilatoires consistant à laisser le choix de décider sur les orientations impératives de l’avenir du pays aux classes dominantes.

Ce n’est pas un hasard si les discussions s’achoppent sur les élections et la transition, sans aborder la question cruciale de la domination impériale du pays, ni la question de la lutte des classes. Combattre le pouvoir c’est bien, mais quid du système qui le porte, le laboratoire qui le soutient et peut le régénérer à tout moment à travers même cette opposition ? Quelle est donc la réponse appropriée ?

Il ne faut pas confondre la lutte conjoncturelle pour le départ du gouvernement du PHTK au pouvoir qu’il faudra bien chasser comme une lutte pour un changement fondamental.

En vérité, conférence, dialogue nationale, élections, jugement, rapport, résolutions sont autant d’artifices pour endormir les naïfs afin d’opérer tranquillement une certaine reconduction politique. C’est une diversion pour la légitimation de toutes les branches petites-bourgeoises rimant affairisme avec capitalisme et impérialisme.

Cette petite bourgeoisie à la traine des classes dominantes a plusieurs fers au feu. Elle ne cherche qu’à s’imposer aux masses. Leurs ambitions individuelles vacillantes sont pour les puissances impérialistes des moyens calculés de maintien d’un pays sinon d’un peuple dans un état d’espérance et d’attentisme pour qu’elles puissent avoir le temps de mieux préparer une nouvelle stratégie puisque l’ancienne est épuisée, désuète et démasquée.

Fonder une stratégie sur un éventuel continuateur, c’est aller à notre avis tout droit à l’échec. C’est faire la politique du pire. Or ce sont contre les mécanismes même de l’économie capitaliste et de la domination impérialiste qu’on devrait engendrer le vrai procès parce que les simples replâtrages ne sauraient suffire, ce sont toujours les mêmes et vieilles recettes qu’on répète et qui en fait ne peuvent en aucune circonstance rien apporter pour arriver à consolider une lutte structurelle.

Le temps des révoltes endémiques, des nuages, des brouillards et des orages sans pluie,  doit être révolu ; parfois il barre la route à l’organisation d’une révolution fructueuse. Il faut craindre que ce qui se passe actuellement ne soit pas simplement la mise au point d’un laboratoire gigantesque de mascarade pour maquiller la réalité, tromper les masses avec de faux changements apparents pour de vrais.

Car évidemment, ce n’est pas tout simplement un changement de régime dont le peuple a faim et soif ou une solution de rechange crédible. Nous en avons assez de ces manœuvres en trompe-l’œil, de ces quelques déclarations puériles cachant mal une complicité ouverte ou tacite. Ce qui nous parait plus douloureux encore, c’est cette espèce de connivence à ne pas dénoncer les puissances impérialistes, ce qui indique qu’il n’y a pas de rupture avec la mise sous tutelle du pays.

Il est parfaitement inutile de s’interroger pour savoir vers quel genre de gouvernement vont pencher les acteurs de la société civile chapeautant ces partis politiques. À quoi rêvent-ils, ces satellites de la Communauté Internationale ? L’essentiel c’est que l’atmosphère politique dominante sera une farce tant qu’elle sera contrôlée par ces mêmes acteurs au service des classes dominantes qui refusent de s’attaquer aux sources de notre mal ; cela ne signifie-t-il pas que la question de la transition est une mystification, une pure illusion ?

La vérité saute aux yeux de tous. C’est une lutte pour le pouvoir et quelle que soit son issue, elle se terminera à l’avantage de la puissance dominante dont l’objectif capital est d’obtenir que la résistance populaire, la classe ouvrière, la paysannerie misérable soit représentée par une opposition assagie, c’est-à-dire domestiquée par les forces impérialistes de sorte qu’elle apporte une couleur populaire à une solution de liquidation de la cause haïtienne.

Aucune alternative populaire qui porte en elle les prémices d’instauration d’une société socialiste n’existe dans les stratégies en cours. Seule ligne qui peut sauver le pays des périls de la décomposition, de l’opportunisme et de la démagogie. Seule susceptible de défendre les acquis des masses populaires et de faire éclore l’énergie potentielle que recèlent leurs réelles possibilités.

Non aux vieilles recettes erronées des classes moyennes ! Seule la stratégie des masses exploitées et opprimées sera en mesure de satisfaire et sauver le peuple en matière de libération nationale, et de développement économique, social et culturel !

 

 

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