Le véritable choix est du côté du peuple !

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La voie de la sagesse populaire est bien celle de la lutte pour le changement social fondamental dont est porteur tout mouvement revendicatif dans l’intérêt supérieur d’une nation. Ainsi, il est clair qu’aucun peuple exploité et opprimé ne peut renoncer à son droit légitime de résistance à l’oppression. En ce sens,  n’est-il pas un principe moral, juridique et obligatoire de combattre tout système politique et économique mis en place par des bouchers inhumains ? Nous voulons dire par ce système capitaliste aux actions cruelles et sauvages au point que l’on peine à croire que ses tenants puissent être autre chose que des gens constamment attirés par l’odeur du sang. Alors n’est-ce pas un système à déboulonner ?

D’autant que c’est à ciel ouvert que ce système d’exploitation, d’oppression et de répression, à travers une longue pratique de complots permanents, nous détruit jusqu’à nous réduire à un état d’extrême dénuement. Sa dynamique est à l’œuvre dans le pays, depuis le parricide du Pont-Rouge. Totalement pourri, on ne peut en aucun cas le renouveler, ni changer son visage, ni changer ses habits qui cachent un corps hideux. Toutes ses promesses de changement ne peuvent être que manœuvres pour nous amadouer. C’est lui qui met à feu et à sang tous les ghettos et les bidonvilles, de Cité soleil à Raboteau. Ce sont ses mains rouges de sang des masses qui frappent et abattent sans état d’âme tout régime qui menace ses intérêts.

Les forces réactionnaires internationales de ce système dépravé ne reculeront devant aucune forme d’action, fût-elle la plus criminelle. Elles ne reculeront devant aucun crime, comme l’a montré par exemple l’ignoble assassinat des paysans de Marchaterre ; tout comme les génocides au cours des deux derniers coups d’état ; et c’est encore  lui qui chaque jour commet d’innombrables et d’innommables crimes.

Il est évident que dans notre pays actuellement, après la fin du mandat de Martelly, il n’y a pas eu de réelle rupture. Ce qu’on appelle transition ne correspond qu’à des luttes intestines, des rivalités entre les couches dirigeantes pour le contrôle de l’appareil d’Etat au service de l’ennemi principal de tous les peuples en lutte. Tout ce beau monde de la faune politique actuelle n’est fait  que de réactionnaires de tout poil, d’haïtiens de nom, mais qui au fond sont des antinationaux  qui se font les complices de l’impérialisme.

Ce n’est pas sans raison que nous sommes arrivés à ce carrefour de l’histoire où même pour monter un CEP, mettre sur pied un gouvernement provisoire, c’est comme la mer à boire,  le ciel à construire. Ce n’est que bagarre au sein de toutes les organisations appelées à contribuer à former ce CEP,  qu’elles soient catholiques, protestantes, vodouisantes, syndicales, étudiantes, paysannes, voire les partis politiques, puisqu’ils sont tous attaqués par le même virus de destruction nationale.

Les ambitions individuelles et illégitimes n’ont débouché que sur l’opportunisme général et la démagogie. Pour remédier à cette situation, les mouvements populaires doivent se départir des nasses, des filets et des projets des deux branches de la même famille politique en guerre, l’une contre l’autre. Elles ne font  qu’utiliser les masses populaires à leur avantage, à dessein de les empêcher de s’organiser.

En réalité, le véritable choix est entre la continuation catastrophique de la politique capitaliste de dépendance, de destruction, de sabotage et de maintien des intolérables injustices économiques en cours, celle que soutient tête baissée la classe politique en son entier face à l’autonomie et la dynamique des forces populaires, et le camp de ceux qui souffrent et luttent. Ou l’on rejoint le camp des nantis, des fortunés, ou l’on défend la cause des laissés pour compte. Chacun doit choisir sa voie : faire cavalier seul ou s’identifier aux aspirations populaires.

Tant qu’on ne sera pas conscient de ce choix, toute autre forme de lutte pour le pouvoir ne sera que stérile et vouée irrémédiablement à l’échec. La population sera davantage  exploitée et le pays pillé à un rythme plus accéléré. Tant qu’on n’est pas conscient qu’il y a une urgence à rétablir notre dignité nationale qui exige un projet national contre l’empire du mal qui nous détruit à petit feu, nous continuerons d’être un peuple soumis.

Dans ce jeu macabre, ce n’est pas le peuple qui est dupe. Ce n’est pas la ligne de la légitimité populaire qui a fait échec. Les dupes sont justement tous ceux-là qui ont lié leur sort à celui des vautours impériaux. Seul le peuple catalyseur d’un formidable mouvement de masse sera capable de venir frapper aux portes de ces dirigeants réactionnaires pour leur demander des comptes sur la tragédie qui se déroule dans le pays. Et, certainement, tout cela serait possible,  si les organisations de masses cessent de s’isoler dans des comportements groupusculaires ou dans certaines agitations à caractère plus ou moins individuel.

A l’heure actuelle, le peuple ne dispose cependant que de sa volonté d’unité et de son courage propre, incontestables atouts garants de résultats concrets. Mais, malheureusement, pour le moment, aucune alternative populaire n’existe ! Alors que la seule ligne qui puisse sauver le pays des périls de la décomposition impériale est celle du camp populaire.

C’est une affaire de dignité nationale, sauf que  le jour de la libération n’est pas pour demain ;  tout comme il ne nous sera non plus jamais offert. Pour sûr, elle ne jaillira que de la lutte organisée et structurée  de nos masses populaires. Devant pareille urgence, il est temps pour nous de barrer la route à l’impérialisme, pour que se crée une Haïti nouvelle.

Le sang généreux de Dessalines, de Péralte, de Batraville, des milliers de travailleurs, d’étudiants, d’hommes et femmes du peuple, combattants anti-impérialistes, continue de couler de plus belle. Souhaitons qu’il irrigue le courage et la force de résistance des masses qui soient encore plus fortes, plus déterminées et plus radicales dans les luttes à mener pour leur permettre de trouver le chemin qui mène enfin à la libération nationale.
Berthony Dupont    Volume: 9 • No. 35 Du 9 au 15 Mars 2016
 

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