Le peuple uni ne sera jamais vaincu

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« El pueblo unido jamás será vencido ! » Le peuple uni ne sera jamais vaincu!

« Malheur à nous, si nous n’avons pas la force d’être tout à fait libres; une demi-liberté nous ramène nécessairement au despotisme. »

                                                                                        (Maximilien de Robespierre)

 

 Pour baisser les flots d’angoisse qui montent dans notre vie comme les vagues de l’océan, nous avons repris l’habitude de revisiter les grands philosophes de l’épicurisme et du stoïcisme. Les chrétiens, en des moments de sombreur  spirituelle, lisent la Bible. Les musulmans, le Coran. Les judaïstes, la Torah. Les bouddhistes, le Dhammapada : quand ils ne se retrempent pas dans les citations fortifiantes du confucianisme. Le Maître dit : « Le sage craint quand le ciel est serein ; dans la tempête, il marcherait sur les flots et sur les vents. » Vous le voyez bien! Lorsque l’âme humaine est plongée dans la tourmente, il lui faut une cure de « Sagesse » pour qu’elle ne bascule pas dans l’opacité de la démence assassine. 

Toutes ces mauvaises nouvelles qui arrivent des quatre coins de la planète engloutissent notre capacité de résilience et détruisent petit à petit nos cellules de résistance. Tous les matins, nous nous réveillons avec des pensées pessimistes, sceptiques, qui sont devenues de plus en plus difficiles à chasser de notre mémoire torturée. Nous souffrons de figurer parmi les témoins impuissants de si grandes « injustices ». Que l’auteur anonyme de ces vers qui lui furent inspirés par le comportement répréhensible du « ministre plénipotentiaire » de Louis XIII nous absolve de  l’usage décontextualisé que nous faisons de l’esprit de son œuvre! 

« Le « Capital » fait plus de mal que de bien; 
Le bien qu’il fait, il le fait mal;
Le mal qu’il fait, il le fait bien. » [1]

Le « Capital », c’est le pire ennemi des pauvres. Il conduit les sociétés planétaires à la catastrophe. Ce n’est pas nouveau! Nous l’avons déjà répété plus de mille fois. Mais les victimes ne semblent pas en être conscientes. C’est encore Confucius qui le rappelle : « La conscience est la lumière de l’intelligence pour distinguer le bien du mal. » Chaque individu, chaque famille mène « le difficile combat » pour sa propre survie contre un « cyclope » qui a sept têtes, quatorze yeux, et qui n’a pas d’oreilles pour entendre les cris des sacrifiés. Comme Rome a détruit Carthage, il y a nécessité pour la classe travailleuse d’unir ses efforts, de mettre ses intérêts en commun, de penser une nouvelle stratégie de lutte, de rassembler ses forces, en vue de marcher sur « Davos » et d’anéantir sa capacité de « nuisance », sa cruauté d’ « exploitation », sa sadicité de « paupérisation » et sa malfaisance d’« appauvrissement ». « Delenda Carthago », disaient les Romains, dans un contexte politique extrasociétal  différent! « Delenda Davos », crions-nous en faveur des « esclaves » du néolibéralisme qui dessèchent dans les villes du centre et de la périphérie! C’est bien là-bas, dans le canton des Grisons, que se transporte le foyer incandescent de l’« Injustice » qui consume l’énergie du « salariat » crucifié sur l’insécurité socioéconomique. Le vampire qui suce la moelle de sa force de travail et qui l’abandonne finalement sur le trottoir de la déchéance et de l’indigence. Il faut détruire Davos! C’est la seule façon pour les « misérables » des Amériques, de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique, de l’Océanie de reprendre possession de la « Terre », et de jouir pleinement des bienfaits de la « Création » selon les attentes individuelles et collectives. Trop de misère! Trop de cadavres! Trop de crimes! Beaucoup de gens souffrent et pleurent! À quoi cela sert-il de chercher de la « vie » sur la planète Mars, quand il n’y a pas de « vie » sur la Terre? L’impérialisme a agrandi les cimetières. C’est insupportable! Intolérable!

À quoi cela sert-il de chercher de la « vie » sur la planète Mars, quand il n’y a pas de « vie » sur la Terre?

Comme nous vous l’avons révélé au départ, c’est dans la relecture des éminents philosophes que nous recherchons présentement la paix intérieure et la sérénité spirituelle. Nous avons peur, terriblement peur de ce qui s’annonce devant nos yeux embués de larmes d’indignation, bien que l’empereur Marc-Aurèle nous exhorte dans sa « Sagesse » à ne pas regarder en arrière et en avant. N’est-ce pas lui qui nous apprend : « On ne peut perdre ni le passé ni l’avenir : ce que nous ne possédons pas. C’est du moment présent que l’on doit se soucier d’être privé, car c’est lui seul que l’on possède ? » [2]  

Cette citation de Marc-Aurèle pourrait nous permettre également de réfléchir sur les enseignements des doctrines religieuses qui se reposent de préférence sur le passé et l’avenir, et qui n’aident pas leurs adeptes à bien profiter – au sens noble et moral – de l’« instant présent », comme le chantait le nonagénaire Charles Aznavour. Et le monde devient pour ces sectes-là une sorte de « purgatoire » où les « croyants pauvres » souffrent jusqu’à la mort avant d’accéder à la « Cité de Dieu » admirablement défendue par Augustin d’Hippone dit saint Augustin qui, pourtant, nous commande d’« aimer et de faire ce que nous voulons. » Naturellement, sans que nos actes soient préjudiciables à autrui. 

Épicure, le fondateur de l’École du Jardin, nous laisse aussi sa conception philosophique de la vie au temps présent : « C’est pourquoi la sagesse est elle-même plus précieuse que la philosophie, elle qui engendre toutes les autres vertus et qui nous enseigne comment il n’est pas possible de vivre avec plaisir sans vivre sagement, honnêtement et justement, ni vivre sagement, honnêtement et justement sans vivre avec plaisir. Les vertus sont en effet connaturelles au plaisir de vivre, et le plaisir de la vie en est inséparable. »

Les puissants « seigneurs » de la mondialisation nous volent notre « présent » par lequel ils s’enrichissent impunément, et nous offrent un avenir truffé de rêves, d’incertitudes, d’utopies et de désillusions. Comme soulagement à leur situation de privations extrêmes, les indigents hériteront en tout et pour tout  la « vie éternelle »! 

Le monde est « entré sous le signe du mal et du malheur » comme l’aurait signifié John Steinbeck dans « Rue de la Sardine ». Comment parviendrait-on à remonter les êtres humains des abysses de la bêtise et à l’extirper de la finitude de l’absurde ? 

Dans L’exil et le royaume, Albert Camus fait dire à son « renégat » mutilé : « On m’avait trompé, seul le règne de la méchanceté était sans fissures, on m’avait trompé, la vérité est carrée, lourde, dense, elle ne supporte pas la nuance, le bien est une rêverie, un projet sans cesse remis et poursuivi d’un effort exténuant, une limite qui n’atteint jamais, son règne est impossible. Seul le mal peut aller jusqu’à ses limites et régner absolument… »

John Steinbeck constate lui-même, encore dans « Rue de la Sardine », que « le culte de la vérité a peu de fidèles, et la vérité peut être une dangereuse maitresse. »  

Difficile d’imposer la vérité au mensonge! Celui-ci a pour corollaires la haine, la méchanceté, l’amoralité, la dépravation, la corruption, enfin tous les « sept péchés capitaux » qui rapprochent les « salauds » du royaume des esprits malins. La puissance du mensonge condamna l’innocence lumineuse de Socrate, jusqu’à lui empoisonner le sang et lui bloquer le cœur. Le mensonge décapita Cicéron, sectionna ses mains, fit taire sa voix qui s’élevait à la défense de « sa vérité ». Jésus-Christ lui-même, qui se disait être le chemin, la vérité et la vie, succomba sous les coups audacieux du mensonge blasphémateur. Que peut-on contre ce monstre sans âme, sans conscience, ce fléau sans élan de commisération, surtout lorsqu’il sied au plus haut sommet de l’État, lorsqu’il détient le pouvoir discrétionnaire sur la vie et la mort? Le mensonge trancha le cou de Thomas More, fit rouler sa tête sur les pieds d’un bourreau impassible. 

Le mensonge est trop fort pour les faibles, les pauvres, les misérables, les honnêtes gens, pour les individus comme vous et moi qui avons appris à être corrects avec nos semblables, qui plaidons pour le respect des droits de la femme, de l’enfant et du vieillard, qui croyons que l’injustice sociétale doit être combattue par tous les moyens, qui nourrissons le vœu sacré que les biens de la terre, patrimoine commun, soient profitables à nous tous, quels que soient notre couleur, notre religion, notre origine familiale, notre pays, notre quartier… Mais faut-il pour autant abdiquer notre honneur, notre courage, notre fierté  devant la plénipotentiarité du mensonge ?

Nous n’oublions jamais les paroles que nous avons notées en visionnant tout jeune le film « Alexandre Le Grand » de Robert Rossen,  interprété par Richard Burton : « Les hommes endurants et téméraires accomplissent de grands exploits ; qu’il est merveilleux de vivre courageusement et de mourir en laissant derrière soi une renommée éternelle. »  

Spartacus, l’esclave thrace, qui travailla dans les mines libyennes et qui se révolta contre ses « maîtres », savait qu’il menait l’impossible combat. Que pouvait une bande de gladiateurs entraînés à mourir dans l’arène contre les unités des armées de Rome rompues à toutes les stratégies et les techniques raffinées de la guerre? Mais entre se laisser massacrer sans combattre et mourir en combattant, les 6 000 esclaves crucifiés le long des 500 km de la Via Appia avaient refusé de continuer d’être les « biens négociables et exploitables » du proconsulat romain. C’est ce que nous appelons nous-mêmes « Mourir pour Vivre ».  

Toussaint Louverture croisa un Crassus sur son chemin, il fut assassiné lâchement, mais il survécut. Souvenons-nous des paroles d’Épictète : « Homme, examine d’abord en quoi consiste l’affaire. Ensuite, entreprends de connaître ta propre nature : es-tu capable de pareil projet? Désires-tu t’engager dans l’épreuve du pentathlon ou dans la lutte? Regarde tes bras, tes cuisses, tes reins. Car chacun, par nature, est taillé pour une tâche différente

En 1804, Jean-Jacques Dessalines réussit glorieusement là où échouèrent Spartacus en l’an 71 av. J.-C., et Toussaint Louverture en 1802. Cependant, les trois personnages légendaires se plaçaient parfaitement à la hauteur des responsabilités historiques que la vie leur incomba. Comme affirma Sénèque dans sa lettre à Lucius: « Le destin conduit celui qui consent, celui qui refuse, il le traîne. » 

 Le prophète Samson vainquit ses ennemis, parce qu’il eut accepté le sort tragique de disparaître dans la mort avec les Philistins qui le mutilèrent, le raillèrent, l’humilièrent. Parfois, la « cause » exige que les « sacrifiés » s’autodétruisent pour détruire les « sacrificateurs » des temples maudits. Dieu seul savait combien le sacrifice du « nazir », le fils de Manoach, aurait servi d’« exemple radical » de stratégie offensive dans les conflits qui ont déchiré le XXe  siècle et qui continuent de bouleverser l’époque actuelle. Certains diraient même, à tort ou à raison, que Samson aurait été le père du « kamikazisme ».

L’anéantissement du « Capital » doit demeurer le souci majeur des milliards de salariés de la terre. Au Nord et au Sud, comme Iphigénie, ils se laissent immolés sur l’autel de la cupidité néocoloniale.  Sans se révolter. Agamemnon ne fut pas allé à Troie, selon la légende homérique, avec mille navires, pour venger et réparer l’honneur de son frère Ménélas, et reprendre la pétillante Hélène que le prince Pâris avait enlevée. Le roi de Mycènes était plutôt intéressé par les richesses de la cité du sage Priam. Le commandement de l’armée achéenne servit de prétexte à ses intentions d’exterminer les Troyens pour piller leurs trésors. Le mouvement de délocalisation des multinationales dans les régions nécessiteuses de la planète, tel que nous l’observons avec l’économie globalisée, suit la même volonté qui animait l’esprit de destruction, de vols et de rapines, relevé dans les comportements maléfiques  des fils d’Atrée, d’Ulysse et d’Achille. 

Cette logique se mesure à l’aune de l’asservissement des populations vulnérables par le pillage organisé, l’esclavage moderne et l’aliénation sociale. Roger Garaudy, dans « Parole d’homme », témoigne : « Dans la réalité quotidienne où j’étais né et où je n’avais pas de vies militantes, je voyais, par milliers, des vies broyées par le travail et le besoin. » 

Et l’écrivain gauchiste reprend à son compte l’observation de Marx dans « Le Capital » : « La peur de perdre son pain et celui de ses enfants enchaîne plus fortement l’ouvrier au char du capital que le marteau d’Héphaïstos ne rivait Prométhée aux rochers de Caucase. »

Les ouvrières et ouvriers, les travailleuses et travailleurs, les paysannes et paysans s’aliènent dans les usines, s’épuisent dans les latifundia afin de se prémunir contre une mort lente occasionnée par la faim et la soif. Et la phrase lyrique qui revient sur les lèvres: « J’ai une famille à faire vivre. » Comme si la « vie » se résumait à d’exécrables conditions qui triturent le cerveau, qui bloquent le système somesthésique, et qui provoquent des troubles psychologiques ou psychiatriques dans l’environnement intrasociétal. 

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), une personne sur quatre dans le monde sera affectée par des problèmes de santé mentale. Pour être précis, 2 800 000 milliards d’individus sur une population planétaire estimée aujourd’hui à 7 milliards sont concernés par ces sombres prévisions. Nous lisons dans le rapport de l’OMS: « Ce sont souvent les pauvres qui supportent la plus lourde charge de morbidité en santé mentale, que ce soit au niveau du risque d’être atteint d’une pathologie mentale ou à celui de l’accès au traitement. » 

La désolidarisation de la classe laborieuse est à la base de leur état chronique d’appauvrissement. Le patronat fait tout pour diviser la masse prolétarienne. Il distribue à une échelle individuelle de petits privilèges économiques et accorde de minces avantages sociaux afin de saboter les rassemblements syndicaux qui incitent à la désobéissance et à la grève. De nos jours, – pour cligner de l’œil à Gilbert Cesbron –, « les saints ne vont plus en enfer [2] ». Et c’est dommage. Car c’étaient eux aussi, les saints de la théologie de la libération, qui confectionnaient les bannières de l’unité des prolétaires accrochées aux barrières des industries manufacturières. À cette époque, les mouvements de résistance ouvrière chambardante étaient véritablement porteurs d’espoir et de changement. Cela me rappelle le film d’Elia Kazan, Sur les quais, interprété par Marlon Brando, sorti sur les écrans en 1954, que nous avons eu le privilège de visionner une trentaine d’années après. Un chef-d’œuvre cinématographique réalisé sur le monde des travailleurs.

Le système impérial a changé considérablement le mode de vie des salariés et de la petite paysannerie, en les forçant à adopter –  pour mieux les exploiter – la mauvaise habitude de franchir les limites de leur pouvoir réel d’achat. Plusieurs  familles des milieux défavorisés fondent, comme la cire, sous la chaleur de l’endettement. Elles ne reculent pas devant les tentations de posséder une grande maison et de rouler dans une voiture luxueuse. Dans des quartiers populeux des mégapoles, il n’est pas étonnant de remarquer des modèles de véhicules dispendieux stationnés dans des rues étroites et insalubres. Et pourtant, la plupart de leurs propriétaires sont payés au salaire minimum.

Les économistes du socialisme scientifique, parmi lesquels William Easterly, Chalmers Johnson, Éric Toussaint, préconisent de « déprivatiser  la propriété », dans le but de rétablir la justice sociale sur la terre. Cette perception politique fondée sur la théorie de l’équité économique n’a-t-elle pas valu aux adeptes et pratiquants  du communisme la grogne, la haine, la cruauté des tenants du capitalisme? Dans tous les pays impérialistes, les États bourgeois ont entrepris des campagnes de persécutions contre les militants du marxisme-léninisme-maoïsme. La soif des richesses illicites endurcit le cœur des bourgeois parasitaires qui veulent par tous les moyens confisquer le pouvoir politique à leurs propres intérêts, à leurs profits personnels ou groupusculaires. Il est difficile d’imaginer la somme totale des douleurs, des chagrins, des peines, des désespoirs, des détresses compilés dans « Le temps des cerises » de Jean-Baptiste Clément, qui fait référence au souvenir funeste de la Commune de Paris. 

Le « Capital » est impitoyable

 Le riche demanda à Jésus : « Que dois-je faire pour aller au paradis ? » Le Christ lui répondit : « Débarrassez-vous de tous vos biens et revenez me voir. » L’homme était reparti, attristé. Contrarié. Et n’était plus réapparu. Jésus expliqua aux apôtres  « qu’il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour un riche d’accéder au royaume de l’éternité ». Les leaders malintentionnés des « sectes religieuses », alliés de la « classe bourgeoise », reprennent souvent dans leurs prêches, leurs homélies, ces « révélations controversées » qui visent à maintenir les fidèles dans un environnement politique, juridique et social de résignation léthargisante.

Aux confins des contrées de l’Afrique, de l’Asie et de l’Amérique, des centaines de millions d’êtres humains, engouffrés dans des chaumières soutenues par des panneaux clissés, enduits de boue grisâtre, se diluent dans la crasse comme le sel marin dans l’eau bouillante, s’exposent aux intempéries assassines, lèvent les bras tous les matins à un ciel aveugle et sourd, sous les regards indifférents des « souverains pontifes » qui viennent exposer chaque année leur opulence et montrer leur arrogance dans les couloirs des luxueux hôtels de Davos.

  Parviendra-t-on à faire lever sur les châteaux inexpugnables, bien gardés, bien sécurisés,  la tempête de Joris Ivens [3], qui permettra effectivement de casser les « ailes » bruyantes des « intouchables » de l’« oligarchie carnassière » ? À cette époque où l’individualisme de survie prend de plus en plus le dessus sur le collectivisme de libération, la tâche de désasservissement des populations marginales se complexifie. Les gouvernements, les parlements, les armées, les polices, l’intelligentsia petite-bourgeoise servent les « intérêts antinationaux » du « club restreint de la multimilliardisation » qui vampirise la résistance des masses.

De nos jours, les riches n’assautent pas la politique avec les baïonnettes, les fusils, les mitraillettes et les canons, mais par l’argent. Ils investissent considérablement dans les campagnes électorales truquées. Et ils font élire des dirigeants serviles constitués d’universitaires médiocres, de citadins ou de paysans analphabètes, de troubadours  incultes – comme on le voit en Haïti – qui veillent au grain. Les « abusés » ne doivent pas montrer leurs poings aux « abuseurs ». Les manifestations de rue sont sauvagement réprimées. Les associations syndicales, injustement prohibées. Le salaire minimum, arbitrairement gelé. Le patronat international s’octroie les pouvoirs de Philippe de Macédoine ou de Jules César. Avec son pouce, il ordonne de tuer ou d’épargner. D’enlever la vie ou de laisser la vie. D’embaucher ou de révoquer. De construire des  usines ou  de les  démolir. De donner du pain ou d’affamer.

Roger Garaudy nous fait toujours remarquer : « Le fait essentiel n’est pas que la base est pauvre, sans pouvoir politique réel, sans culture, c’est que les maîtres l’ont dépouillée de l’avoir, du pouvoir, et du savoir, par le jeu des exploitations, des oppressions, des dominations. » Et Garaudy cite encore l’économiste Karl Marx : « Les idées dominantes sont les idées de la classe dominante. » 

Mais l’homme est aussi un Non. Non au mépris de l’homme. Non à l’indignité de l’homme.

C’est à ce niveau qu’il faut essayer de comprendre les difficultés sociales, économiques et politiques auxquelles se trouve confronté le bolivarisme hérité d’Hugo Chavez. Les États-Unis, la France, le Canada, l’Allemagne, l’Angleterre alliés aux bourgeois vénézuéliens ont juré d’avoir la tête du gouvernement de Nicolas Maduro. Le combat paraît de plus en plus difficile pour les chavistes. Les « gros bonnets » de Caracas ne sont pas à court d’idées novatrices : ils se sont servis des vieillards et des handicapés physiques comme boucliers humains dans les manifestations violentes qu’ils organisent à un rythme assez fréquent, dans l’intention de néantiser, d’anéantir, d’éliminer les acquis de la révolution du peuple vénézuélien. Les bourgeois espèrent provoquer une bavure policière ou militaire qui émouvra  l’opinion internationale et qui   fatalisera du même coup la présidence de Nicolas Maduro. Même sans une loupe de clairvoyance, n’importe quel esprit simpliste pourrait voir  les  mains de la CIA  derrière ce stratagème. 

Le traître, comme le diable, n’est jamais loin de son œuvre de malfaisance…

Depuis environ dix ans, les chacals mondialisés ont allumé en Syrie une guerre civile qui a fait plus de 384 000 morts. Les habitants de ce pays d’Asie de l’Ouest situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée ont perdu leur fierté nationale. Bon nombre de Syriens ont été contraints de s’expatrier dans certains pays d’Europe et en Amérique du Nord pour échapper aux frappes aériennes états-uniennes, qui n’épargnent ni la population civile ni les hôpitaux. En 2016, le Canada de Justin Trudeau a accueilli 25 000 réfugiés syriens. L’Opération visant les réfugiés syriens (ORS) s’est déroulée durant une courte période de 100 jours. L’Égypte, la Libye, l’Iran, le Pakistan ne sont pas épargnés par la poussée hégémonique de la famille des néolibéralistes « pauvrivores ». 

En Haïti, Barack Obama, Peter F. Mulrean, Sandra Honoré, Réginald Boulos… ont réussi à placer des domestiques de la mafia étrangère et locale, des inculpés trempés dans des affaires occultes de blanchiment d’argent, de trafic de  drogue, d’assassinat ciblé, à la tête de l’État.  Parmi eux, nous évoquons ce Jovenel Moïse du PHTK, cette marionnette maigrichonne, qui fait penser à une remarque de Frantz Fanon dans l’ouvrage « Peau noire, masques blancs » publié en 1952 : « Le nègre est un esclave à qui on a permis d’adopter une attitude de maître ». 

Rappelez-vous, Camarades : « El pueblo unido jamás será vencido ! » Le peuple uni ne sera jamais vaincu.

Robert Lodimus

 

Références

[1] Le libelliste anonyme écrit à propos de Richelieu :
« Ci-gît un fameux Cardinal
Qui fit plus de mal que de bien;
Le bien qu’il fit, il le fit mal; 
Le mal qu’il fit, il le fit bien. »
[2] Marc-Aurèle, Pensées pour moi-même.
[3] Gilbert Cesbron, Les Saints vont en enfer, Éditions Robert Laffont, 1952.

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