Haïti Top 10 Héritiers/ères Musicaux Modernes Numéro 9 Ex-aequo: Yanick Etienne et Mélanie Charles

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Yanick Etienne

Yanick Etienne* (Port-au-Prince?)

« Une diva éclectique »

Yanick est née en Haïti et dès l’enfance a émigré en 1970 pour rejoindre sa famille installée aux Etats-Unis. Après avoir grandi dans une ambiance musicale dominée par les chants de sa mère et, dont ses frères connaissent les dessus et dessous. Elle émerge en 1979, dans l’album:’’Aleco’’ du groupe Skah-Shah, alors arrangé par l’incontournable Dernst Emile qui devient entretemps son mari; mettant en valeur sa voix imperméable auréolée d’un timbre au reflet de blues, laquelle atteint plus d’un par sa capacité élastique. Donnant la réplique dans le morceau ‘’Nous deux’’ dans un trio de voix harmonieuses, en compagnie de sa sœur ainée Carole et de la martiniquaise Vivianne Rangon.

Subséquemment, elle devint l’objet de bien de sollicitations notifiées de sa sonorité adaptative; laquelle entremêle: jazz, blues, soul, r&b, pop, dans un cross-over aux références caraibéennes. Faisant luire son timbre épatant dans les œuvres qui lui sont données à fleurir. Comme elle a fait sa marque dans l’album:’’D’une génération à une autre’’’ de l’incomparable Guy Durosier. Donnant la mesure de son intonation toute en fusion, dont un duet louable avec le légendaire crooner haïtien. Entre différentes collaborations, en 1982 elle entreprend un partenariat durable comme backup-vocaliste dans le morceau-hit ‘’Avalon’’ de Bryan Ferry, lequel la propulse sur la scène internationale avec le Roxy’s Music du Royaume-Uni.

Entre-temps, elle continue son parcours associatif, faisant l’offrande de ‘’Toi’’, avec Jose Tavernier. Livrant ‘’Caribbean girls’’ en coopération avec le trinidadien Austin Twitt. Collaborant avec l’inoubliable ‘’Timanno’’ Jn. Baptiste, de même que le  « System band » dont son mari fut l’arrangeur attitré. Entre autres, a fait la tête à tête au groupe rock italien « The Rocking Chairs » dans l’album:’’No sad goodbyes’’. Sans oublier son opus en solo: ‘’Mistè lanmou’’, faisant ressortir son gosier feutré tout en forzando, d’orientation bluesy dans la lignée des divas, l’ayant consacrée en pilier notable de sa descendance. En 1993, elle reçut la distinction de ‘’Meilleure Nouvelle Artiste Féminine’’ au Caribbean Music Award. C’est au comble de tant de dotations qu’elle s’est fait connaitre aux quatre coins du monde.

Notamment aux USA, Europe, Australie, Japon, Nouvelle Zelande etc; pourvoyant de son tempo haut perché ses morceaux multicolorés aux adaptations plurilingues qui ont conquis les salles de Beacon Theater, Madison Square Garden, Astoria Manor, Creek Theater, Nations Unies, Brooklyn College et autres. Elle est aussi la mère d’un prodigieux musicien et multi-instrumentiste Dernst Emile II. Lequel s’est imposé comme producteur et arrangeur et aussi rapper du nom de D’mile. Toujours en possession de ses moyens, elle s’acharne à parcourir le monde, tout en s’acquittant à fleurir de son cachet imagé les parois sonores environnantes. En véritable gratificatrice d’exquises escapades, pour s’imposer comme l’une des phonations-phares de la chanson contemporaine universelle.

  • Déjà apparue dans top 10 voix féminines.

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Mélanie j-b Charles (Brooklyn-NY ?)

« Une musicienne ascendante et bona fide vocale »

Ce talent extraordinaire a été élevé dans une atmosphère infatuée de musique. Son père a joué de l’orgue, son jeune frère le sax alto; tandis que sa mère une mélomane l’a placée dès l’âge de cinq ans sous la supervision d’un professeur de musique où elle a appris à jouer le piano. A la fameuse La Guardia High School for The Performing Arts, elle trouve ses artères orchestrales en s’initiant à la flute et au piccolo. Subséquemment Mélanie Charles a acquis sa voie de vocaliste picturale, nimbée d’articulation qui va enchanter une multitude. Tout en faisant sa niche au sein du ‘’Brooklyn Youth Chorus’’ comme soliste; gagnant à cet effet multiples compétitions internationales et, découvrant à l’occasion, l’Allemagne et la Russie. Tout en faisant aussi sa marque en Italie, en compagnie du groupe  « Smooth Groove » comme lead vocaliste et flûtiste.

Entretemps, ses études de «  high school’ »  bouclées, Mélanie s’est attelée au chant classique sous la direction du maître Nkenge Simpson Hoffman (Du Broadway musical ‘ « The Motown »), pour s’imposer comme soliste avec le « City Wide Youth Opera » dirigé alors par Andres Andrade. Éventuellement, elle a adhéré à la prestigieuse ‘’New School for Jazz and Contemporary Music’’, sous le leadership des maitres du jazz tels: Reggie Workman, Bobby Sanabira, Billy Harper entre autres. A ce tournant, elle est imbue de ses qualités de multiples facettes… : chanteuse, compositrice, arrangeuse, flûtiste, pédagogue, actrice, interprète, styliste, chorégraphe…Parallèlement, son passage à la New School lui a permis de faire le tour d’Europe comme back-up vocaliste pour des stars comme: Laura Isidor, Jhonn Legend, Maxwell, India Arie et de tant d’autres.

Cependant, ce ‘’Brooklyn girl’’ de Bushwick, qui a fréquenté les écoles de Williamsburg, bien loin des communautés haïtiennes, et, qui s’est délectée aux sources jazzistiques des: Sarah Vaughn, Duke Ellington, Thelonious Monk, Miles Davis, Johnn Coltrane etc; mérite un grand banco d’être restée aussi attachée à la culture de ses origines. D’ou sa découverte à travers le cd ‘’Jazzpora’’ du saxophoniste de jazz Buyu Ambroise dans le die-hard classique ‘’Vacances’’ de l’ «Immortel Jazz des Jeunes » dans lequel elle a délivré avec toutes les potentialités d’une bona fide, un prologue aux incantations lyriques, révélant un pitch décontracté au scat déluré, orné d’une sonorité cool. Tout instillé de rasin. Depuis, elle a exploré de vives excursions ataviques avec: Mushi Widmaier, Bonga J. Baptiste et autres; devenant aussi une habituée des festivals de jazz haïtien; lui ayant donné droit de naviguer à toutes tendances du terroir natal.

En fait, Mélanie est cette sorte de kaléidoscope planétaire qui veut faire fi des barrières. S’évertuant à explorer les multiples sonorités vibrantes de nos environnements sonores. Au gré de sa connaissance en classique, jazz, rompue des sonorités qui revendiquent les sources du be pop, aux multiples rythmes afro, bossa-nova,aux sonorités multisonores post-planétaire aux actuelles tendances globales. Elle s’est aussi, indépendamment, appliquée à nombre de projets plausibles .Que ce soit dans « Mélanie Charles and The Journey’ », son premier cd, dans un mélange de soul, r&b, jazz; pendant que sa voix ardente déclame des aventures entachées d’amour, d’espoir et de déconvenues. Naviguant d’autres entreprises dans ‘’Rat Habitat’’ avec le producteur-guitariste Peters Jordan dans des schémas exclusifs de r&b, hip-hop, electronics, infusés des rythmes d’Haïti. Incluant le projet « People’s Champ », explorant du rock et afro-beat.  Etc.

M j-b C s’est alliée au guitariste et producteur Nicola Conte dans deux productions successives:’’Love and Revolution’’ et ‘’Free Souls’’ Et, sans doute à d’autres ébauches qu’elle a déjà mijotées pour en faire l’offrande; afin de maintenir sa prépondérance sur les scènes du monde, dont elle est une messagère sans frontières. Tout en gérant ses priorités qui sont le gage du succès continu. Avec des traits qui peuvent, à la manière de sa sœur d’origine haïtienne, Cécile Mc-Lorin Salvant, la nouvelle reine internationale, incontestée du jazz vocal,  la propulser aussi parmi les divas contemporaines.

 

 

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