Guerre déclarée contre les masses populaires !

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Haïti est sérieusement menacée. Ce n’est certes ni la première fois ni la dernière que le peuple haïtien se retrouve devant un fait accompli, en l’occurrence quand  le gouvernement haïtien, récemment, a pris la mesure sinistre et macabre de rendre publique la loi de Finances 2017-2018, produisant l’effet d’une bombe.

Peut-on imaginer que ce soient les experts spéciaux américains qui aient discrètement encouragé la Présidence et le Parlement à conclure un tel complot économique contre le peuple haïtien ? Ce ne sont pas les raisons qui manquent de se poser la question. Cependant, derrière tout le folklore de la publication de cette loi de finances se profile une volonté évidente d’assurer par tous les moyens la pérennité du pouvoir des puissances exploiteuses et de permettre à ces dernières de satisfaire leur soif inextinguible de richesses et de pillages.

Alors, il n’y a pas à sortir de là. L’imposture se cache toujours derrière les forces impérialistes occidentales qui continuent à mettre en place leur projet économique de façon à aboutir à l’anéantissement total de la lutte des masses populaires haïtiennes. Aussi, la bourgeoisie patripoche, pour sa part, est parvenue à une large unité d’action, qui utilise à fond tous les mécanismes du pouvoir à sa portée pour instaurer et assurer davantage de souffrances, d’injustices, de misère, de répressions. En un mot la guerre contre les citoyens pauvres!

Ce sont là les prémisses de barbarie et de manœuvres féroces à venir. On sait de quelles stagnations et même de régressions elles s’accompagneront politiquement. C’est dans ce climat de provocations indignes et révoltantes de la part des forces obscurantistes que ce mercredi 20 septembre ramène le 259ème anniversaire de naissance du père fondateur de la nation haïtienne : Jean-Jacques Dessalines. Celui qui a brisé les chaînes de l’esclavage, les chaînes du colonialisme, les chaînes d’occupation du pays par les forces étrangères d’exploitation de l’homme par l’homme.

Paradoxalement, depuis le parricide du 17 octobre 1806, la rupture est consommée avec la révolution anticoloniale et anti-esclavagiste de 1804. Le pays est devenu celui des mendiants, de l’indigence, de la corruption, de la servilité la plus agissante face aux représentants de l’empire.

Suivons les traces de Dessalines pour libérer totalement notre pays du système capitaliste afin d’y instaurer un nouveau système où les intérêts des masses populaires auront la priorité absolue.

Aussi n’est-il pas urgent que le peuple défavorisé se mobilise de façon à donner vie aux rêves et aux idéaux de Dessalines. Et pour cela, il nous faut lutter contre le complot permanent : « Tout pour eux; rien pour le peuple ». C’est cet égoïsme accaparateur qui avait poussé Dessalines à déclarer « Les noirs, dont leurs pères sont en Afrique, n’auront-ils donc rien? » Une autre façon pour lui de revendiquer le partage équitable des ressources du pays.

Ironique, méprisante, suffisante jusqu’à l’arrogance la plus absolue, la loi de Finances de Jovenel Moise reflète authentiquement cette mentalité machiavélique d’exclusion du peuple au profit des classes rétrogrades réactionnaires. Cette inquiétante évolution suscite et exige une volonté de vigilance accrue et une grande détermination à s’appuyer sur la mobilisation populaire, seule capable de combattre la politique d’exclusion des masses populaires du devant de la scène politique ; une exclusion entamée depuis le crime de Pont-rouge et qui continue encore son cours.

A ce stade, toutes les forces favorables à la paix, la liberté, la dignité et la souveraineté doivent s’unir pour parvenir à vaincre les forces obscures ; puisqu’en tout temps, la force populaire a toujours triomphé. Cependant l’Occident, bien que démesurément forte, ne sera qu’un arbre que la force immense du vent populaire abattra inévitablement. Nous devons à nouveau casser les chaînes de servitude et de domination que le système impérial nous a imposées afin de nous exploiter à fond.

Suivons les traces de Dessalines pour libérer totalement notre pays du système capitaliste afin d’y instaurer un nouveau système où les intérêts des masses populaires auront la priorité absolue. Il nous faut donc placer nos luttes à venir non seulement contre la guerre déclarée du pouvoir en place contre les masses populaires, mais aussi contre l’ennemi principal, l’impérialisme international.

Que cet anniversaire de l’empereur Dessalines nous imprègne de force, d’audace et de résistance nécessaire capable de nous faire sortir Haïti de l’impasse politique dans laquelle elle se débat depuis de longues années.

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