De deux choses l’une : la bourgeoisie ou le peuple !

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La bataille est loin d’être gagnée par les forces obscurantistes.  Les dernières élections que les masses populaires avaient totalement  boudées signifiaient bien qu’elles ont marre des conditions de vie scandaleuse et réclament tout bonnement  un réel changement.  C’est dire que le constat de la méfiance s’est hautement accru au sein de la population contre toute initiative de la classe politique.

A s’en tenir aux apparences politiques, les signes pour la  libéralisation nationale ne manquent assurément pas, sauf que l’absence d’une force fossoyeuse de la bourgeoisie et de ses suppôts laisse encore le champ libre aux zélés de cette classe afin qu’ils s’imposent contre la volonté populaire et allument encore le flambeau de leur politique colonialiste. C’est dire également que le mal est infiniment profond, et qu’il n’y a plus d’autre issue qu’un choc absolu, surtout après le fiasco électoral ;  seule une solution proportionnelle, celle de se battre avec l’ennemi de classe, est capable de mettre un frein aux maux actuels de la société haïtienne.

Qui ne saurait adhérer à un tel projet de lutte pour combattre la bourgeoisie qui, depuis son crime au Pont-Rouge, assume le contrôle de l’appareil d’Etat toujours avec la même tendance de s’identifier à l’ancienne structure esclavagiste qui dans son essence imprègne à l’économie nationale son caractère scandaleusement dépendant et rétrograde.

Alors, la question fondamentale est comment combattre cette classe représentante authentique des grandes puissances, ces vautours internationaux  dans leur projet funeste d’exclure le peuple de toute participation sur la scène politique, de piller le pays et de continuer à exploiter les ressources comme à l’époque de l’esclavage ?

Tout d’abord,  nous ne pouvons pas utiliser leurs propres armes; ni leurs idéologues, ces dirigeants de partis politiques qui ne sont autres que des avocats de mauvaise cause à l’instar d’un Reynold Georges. Ils s’accrochent à la même enseigne idéologique, puisqu’ils ne sont tous que poubelle jetée sur la route de la libération nationale par les forces du mal pour nous empêtrer davantage de sorte que la grande majorité de la population continue de sombrer de plus en plus dans une indicible détresse.

Ce n’est pas sans raison que le régime Moise-Lafontant n’a pas une opposition active; puisque la soi-disant opposition des candidats à la présidence est occupée ailleurs, préférant attendre  les prochaines élections. En d’autres termes, ils n’ont rien à dire pour le moment. Donc, ils n’ont point de réponse à la crise du système capitaliste pourri et corrompu.

Dans ce cas, donc,  il nous faut coûte que coûte aller à la source du mal pour le traiter. Le seul chemin vers lequel nous pouvons avancer d’un pas rassuré est celui d’organiser la vraie alternative.

De deux choses l’une, ou bien nous voulons continuer à miser sur les candidats à la présidence de sorte qu’ils imposent l’influence de leurs patrons à savoir renforcer la domination impériale dans le pays en appliquant les mêmes projets de destruction nationale ; ou bien compter sur les forces créatrices des masses populaires, les masses exploitées, abandonnées dans la misère et la pauvreté ?

Nous ne pouvons plus continuer à utiliser les armes de notre ennemi à savoir ces partis politiques dont la mission historique est de servir d’instrument aux forces réactionnaires qui cherchent à nous étouffer, à nous éliminer graduellement de la scène politique. Voilà pourquoi ils nous proposent toujours des réformes insignifiantes, irréalisables comme la « caravane de changement » de sorte que rien ne change et que le statu quo reste tel quel.

Seules les masses exploitées unies sur la base d’un parti révolutionnaire composé d’ ouvriers, des travailleurs, des chômeurs, des paysans et des étudiants conscients et conséquents, peuvent ébranler le système d’exploitation en marche et faire obstacle au processus électoraliste prédateur que nos chefs de partis, au service de l’impérialisme ont constitué.

C’est à ce carrefour que nous sommes aujourd’hui. Allons-nous continuer à nous laisser manœuvrer et manipuler par des politiciens dont seuls comptent pour eux : des élections qui ne sont que pour satisfaire leurs propres intérêts au bénéfice de l’impérialisme ?

De deux choses l’une ! Aucune autre classe ne peut mener un véritable changement autre que celle des opprimés, des exploités puisque leur mission historique serait d’accomplir leur tâche révolutionnaire comme l’avaient fait nos ancêtres. La nature de l’impérialisme ne change jamais. Seuls les peuples peuvent construire et imposer par une lutte constante le vrai changement.

Peuple haïtien vivant dans des bidonvilles aux quatre coins du pays,  n’ayant rien à faire, rien à manger ! Vous êtes  à nouveau appelés à vous dresser face à l’Histoire pour briser vos nouvelles chaines et balayer les fantoches qui ont confisqué votre vie. Vous qui êtes profondément et véritablement engagés, il n’y a pas d’autre alternative pour que les générations de demain vivent dans la paix, la dignité, la liberté et la souveraineté politiques et économiques.

Un peuple uni ne sera jamais vaincu !

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