A qui profite l’affrontement ?

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Le régime imposé par les puissances exploiteuses du pays est en totale décomposition, ce qui oblige, dans ces conditions, même certains patrons à chavirer dans l’inquiétude. Et pour se protéger, ils rejoignent l’opposition de sorte que si cette dernière réussit, ils ne paieront pas les pots cassés et pourront sauvegarder leurs intérêts. Cependant, au stade de délabrement, de déliquescence où nous sommes parvenus, aucune réforme ne pourrait y remédier voire sortir le pays de sa léthargie.

On ne peut nier, en effet, que les derniers développements semblent porter l’affaire à un point de non-retour puisque de l’huile est en train d’être versé sur le feu au grand risque de compliquer davantage la situation.  D’abord, l’épicentre de l’effondrement de la situation, à première vue a été la mobilisation de certains policiers pour la reconnaissance du syndicat de la Police Nationale d’Haïti (SPNH). Leurs revendications sont valables et justement identiques à celles des masses populaires dans leur grande majorité. A mesure que les choses avancent, les enjeux ont pris d’autres directions suite aux affrontements entre des forces de police et celles des forces armées.

Pour l’instant, la première question à se poser est celle-ci: à qui profite le conflit qui offre une occasion en or, un moment très opportun aux puissances déstabilisatrices pour venir soi-disant sauver les meubles mais en fait pour en faire du feu, allumer un incendie dévastateur propre à renforcer  la machine à broyer les droits de tous les travailleurs ?

Les conditions dans lesquelles sont en train de vivre les masses populaires du pays ne sont pas fortuites. Elles ont été conformément, mûrement orchestrées, patiemment élaborées et soigneusement établies. Si l’économie est en dépression, nos industries disparaissent les unes après les autres. Si nous n’avons aucun programme social sans oublier les abus des mercenaires du régime, si des familles se disloquent sous le poids de la misère, du chômage et de la décomposition sociale ; si des parents sont au chômage, des jeunes s’adonnent aux trafics de toutes sortes : de la drogue, du vol, d’enlèvements contre rançon, à qui la faute ?

Qui sont les principaux responsables de l’émigration de nos jeunes cadres à travers le monde à la recherche  d’une vie meilleure ? Du départ en territoire voisin de compatriotes qui sont obligés d’aller se faire humilier, maltraiter  comme des parias.  À qui le doit-on ? Si les conditions arbitraires injustes et inhumaines qui sont faites aux ouvriers des industries de la sous-traitance, des professeurs, des travailleurs de la santé et des administrations de l’état pour ne citer que ceux-là qui bien souvent font la grève pour exiger le paiement de leurs salaires ?

Le pays fourmille d’une multitude de gangs autant de facteurs susceptibles de renforcer les rangs des forces réactionnaires. Il y en a d’autres, en petit nombre, qui tirent également un grand profit du désengagement de l’État haïtien  et qui pis est, ce sont eux qui ont pris toutes les mesures antipopulaires dictées par les puissances capitalistes.

Les récents évènements et les sombres perspectives d’affrontements entre des policiers et des militaires sont susceptibles de faire le jeu de l’ennemi principal des masses populaires au lieu de construire une réelle lutte de classe.

La stratégie en marche est celle de la déstabilisation totale du pays, elle est parrainée par l’impérialisme et ses agents locaux pour faire sombrer le pays dans le chaos et le désordre  de sorte que les forces de la réaction internationale interviennent. Elles n’attendent qu’un petit choc pour faire basculer tout l’édifice en leur faveur.

À qui profitera cette guerre dont le but ultime est de justifier la débandade du pays, cacher les manœuvres, les machinations et les complots  dont se sont rendus coupables les actuels dirigeants au service  des renégats du système capitaliste pour saper et briser la résistance populaire et démanteler tous les droits des travailleurs?

Ainsi, les masses populaires revendiquant un changement fondamental non pas cosmétique doivent éviter de s’entre-tuer. C’est faire le jeu des deux têtes des classes dominantes et leurs patrons, les puissances capitalistes responsables de tous les maux dont souffrent le pays et le peuple.

Tout  mouvement ouvrier responsable, syndical par surcroît , doit être un  facteur de paix, d’émancipation et d’organisation de la classe ouvrière pour redonner la dignité perdue à tous les travailleurs et préparer la guerre, la vraie contre ceux-là qui les exploitent et les oppriment.

Considérons la situation politique du point de vue de la lutte de classe, le moteur de l’histoire. Tant que nous ne nous engageons pas dans un combat de classe, le pays ne sera pas stable et l’impérialisme en profitera pour répandre la discorde et mener ses ambitions jusqu’à nous forcer à nous détruire nous-mêmes.

 

 

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