Réponse populaire pour rétablir la paix !

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Les manifestations de violence ont toujours eu un mauvais impact quand l’impunité et l’insouciance font la loi. Ce qui est clair aujourd’hui en Haïti, c’est que la classe politique a complètement échoué dans sa mission et le régime en place n’a pas levé le petit doigt pour assurer l’accès à la justice face à l’insécurité grandissante et terrorisante à laquelle fait face la population.

Aucune mesure sérieuse n’a été prise contre la criminalité comportant un programme de défense des pauvres et des opprimés. Aucune mesure de durcissement contre les auteurs d’enlèvements, leurs commanditaires ou leurs patrons. La situation est devenue pire  puisque le gouvernement, au lieu d’y remédier, semble plutôt l’utiliser pour se maintenir au pouvoir.

Sur l’échiquier politique, ladite opposition, s’il y en a une, est sur la même lancée que le pouvoir de facto, sauf qu’elle ne ménage pas ses efforts dans la propagande erronée et la confusion qu’elle fait mieux.

Si l’on prend en compte la déclaration du Président de l’Accord de Montana, M. Fritz Alphonse Jean, qui, non seulement qualifie l’insécurité de politique, mais argue aussi que la gouvernance actuelle est la cause principale de cette crise sécuritaire, selon lui, les responsables du gouvernement, en alliance avec les criminels, font régner la terreur. Donc, seule une passation du pouvoir à ses collègues de Montana et alliés pourrait changer la situation. Le Premier ministre de facto Ariel Henry pourrait lui retourner la balle en lui faisant la même critique comme quoi l’opposition est responsable de l’insécurité dans le pays une façon d’affaiblir le gouvernement dans ses actions.

Le peuple indique qu’il ne veut plus continuer à être victime d’une violence qui s’apparente à une violence d’Etat.

Le transfert du pouvoir d’une marionnette à l’autre ne conduira évidemment nulle part, s’agissant d’une même et pareille politique d’assujettissement.  En fait, les élucubrations et les navettes de Fritz Alphonse Jean et les démagogies de Ariel Henry, malgré la reconnaissance du gouvernement de ce dernier par le Conseil de sécurité des Nations-Unies et les manifestations de soutien des pays du Core Group ne constituent pas pour autant une garantie de succès, de rétablissement de la paix ni d’amélioration des conditions sociales du peuple haïtien.

Trop d’indices concordent, trop de témoignages dignes de foi ont été enregistrés, tous confirment que l’objectif des puissances tutrices est de tirer les ficelles en coulisses. Il s’agit en réalité de sauver ce qui peut être sauvé de leur projet d’instaurer un Etat soumis et ce, pour pouvoir sauver les meubles. Ainsi, ils se contenteraient de mesures cosmétiques de stabilisation de sorte que leurs armes de domination continueront de circuler dans le pays.

Cela prédit un immense malheur pour Haïti, un avenir beaucoup plus sombre et bien plus difficile pour la population. Tant que les masses populaires haïtiennes conscientes de leur situation ne s’attelleront à leur tâche qu’il leur est donnée d’accomplir, à savoir d’établir définitivement la politique de rupture totale avec l’impérialisme, tant que cela ne se concrétisera pas, la situation ne changera point et ira même en s’aggravant et en s’empirant.

Pendant combien de temps encore, le peuple haïtien devra-t-il continuer à être victime d’une violence qui cache des desseins inavoués et dangereux ? Le peuple ne peut plus continuer à être dupé. Il veut indiscutablement la paix et que le souci et la volonté soient de ne pas tolérer que soient bafouées ses aspirations pour le changement et pour ses droits fondamentaux de peuple libre et souverain.

Aujourd’hui, poussé à bout par les enlèvements et assassinats qui agitent l’opinion publique, ses réactions ont pris le pas sur les discours creux des dirigeants politiques. Sa patience est poussée à bout pour se transformer en un puissant volcan de rage qui a conduit aux différentes manifestations de colère du peuple contre les malfrats des gangs. Cette révolte de la population contre l’insécurité est une réponse contre les manœuvres méprisantes de la classe dirigeante tout entière.

Le peuple indique qu’il ne veut plus continuer à être victime d’une violence qui s’apparente à une violence d’Etat. Il en a marre de l’impérialisme américain et ses alliés, qui pour masquer leur honteuse destruction d’Haïti et pour se justifier devant l’opinion publique ont créé ou soutenu des groupes terroristes afin de pouvoir justifier de nouvelles escalades criminelles dont l’objectif est de tuer, de démobiliser et de déstabiliser davantage la population.

Ce n’est pas par hasard que des voix hypocrites se sont vite levées contre les initiatives qui ont été prises par la population pour entamer un processus de légitime défense. Les manœuvres sordides du régime et de leurs patrons à Washington ont toujours consisté à critiquer et taxer d’inégalité toute stratégie revendicative des masses populaires visant à rétablir leurs droits. Ils ne veulent pas admettre que la seule réponse possible à leur violence est une plus forte violence.

Que ce projet potentiellement annonciateur de paix continue pour que le pays se libère une fois pour toute de sa mise sous tutelle légitimée par la classe politique pendant plus d’un siècle. Cette colère populaire manifestée ne devrait pas être assimilée à la barbarie mais à une réponse contre une humiliante provocation, une atteinte à la souveraineté de la nation et du peuple haïtien.

Il faut que dans tout le pays surgisse des groupes d’auto-défense, des formes d’auto-organisation des masses de sorte que l’action du peuple soit constante, puisque la lutte contre le gouvernement de facto que dirige Ariel Henry et contre le système capitaliste  ne  doit connaître la moindre trêve.

Il n’y aura pas de paix durable et de sécurité en Haïti sans que justice soit faite, sans que les coupables ne rendent compte, sans que les entreprises d’insécurité des droits humains au service des puissances impérialistes ne soient anéanties.

Cette justice populaire est une page qui est en train de tourner de façon à initier sur le long terme un réel climat de paix et de sérénité dans le pays.  Le peuple dit haut et fort : assez de sang et de larmes ! Assez de kidnapping ! Assez !  Stoppons la folie insensée et mortifère des gangs ! Reculer devant ce devoir, c’est ouvrir la porte à d’autres aventures grossières et criminelles.

Que la colère populaire soit ! Et qu’elle continue ainsi !

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