Pourquoi l’ONU ne veut pas laisser Haïti?

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De gauche à droite : le sous-secrétaire général aux affaires politiques de l’ONU, Miroslav Jena, le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le français Jean-Pierre Lacroix et le président marionnette haïtien Jovenel Moise

Du 16 au 20 janvier, une délégation des Nations-Unies ayant à sa tête le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, le français Jean-Pierre Lacroix et le sous-secrétaire général aux affaires politiques, Miroslav Jena, a séjourné dans le pays. Au cours de cette visite, cette délégation onusienne a rencontré entre autres les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, des représentants de certains partis politiques, des dirigeants de l’Office de la Protection du citoyen et des membres de ladite société civile.

Faut-il rappeler que  sous la couverture onusienne, utilisant des soldats baptisés de force de paix, les Etats-Unis,  le chef de file impérial occupaient le pays  dans un format cette fois de mandat renouvelé chaque année par le Conseil de Sécurité de l’Onu.  Ce faux prétexte a permis à la Minustah de souiller pendant 13 années consécutives le sol de notre pays.

Photo de souvenir des membres de la délégation onusienne avec ceux du gouvernement de Jovenel Moise

L’actuel périple de la délégation des Nations-Unies n’est pas sans importance. Il est dans le cadre du retrait de la Mission des Nations Unies pour l’appui à la Justice (MINUSJUSTH), dont le mandat prend fin le 15 octobre 2019 prochain.  En ce sens, il faut trouver d’autres raisons pour tenir cette force d’occupation dans le pays mais sous une autre étiquette.

Cependant pour le faire, ils utilisent des prétextes humanitaires et par-dessus-le marché, ils ne sont pas intéressés, c’est nous qui leur demandons  de nous marcher dessus. « Il est de la plus haute importance pour nous d’écouter l’analyse et la vision du gouvernement haïtien concernant notre partenariat continu ». En un sens, ils ont raison puisque les gouvernements haïtiens de Boniface Alexandre  à Jovenel Moise qu’ils nous ont imposés,  sont tous à leur traine et ne sauraient avoir aucune idée contraire que de répondre aux vœux des classes dominantes et de leurs patrons du système capitaliste.

« Haïti a réalisé, au cours des deux dernières décennies, des progrès notables dans des domaines essentiels pour sa stabilité et son développement. Il existe un consensus général sur le fait qu’une opération de maintien de la paix des Nations Unies n’est plus nécessaire dans le pays » a laissé entendre Lacroix. Haïti a fait des progrès, n’est-ce pas nous tourner en dérision. Quelle aberration, M. Lacroix ! Vous avez reconnu qu’il n’est plus nécessaire, mais il ne l’a jamais été !

Pour mieux monter son film, Lacroix s’est ainsi adressé à Jovenel Moise « Nous sommes venus discuter avec vous, Monsieur le Président, sur la suite de l’engagement de l’ONU en Haïti, ainsi que sur vos priorités, vos projets en matière de développement et déterminer, ensemble, la manière dont les Nations unies peuvent accompagner Haïti dans sa quête pour le développement ».

Rencontre de la délégation onusienne avec le président Jovenel Moise

Moise, de lui répondre par cette mascarade «  Il n’y aura plus de chapitre 7, plus de forces étrangères armées sur le territoire Haïtien. Cela appartiendra au passé »

Dans une note de la délégation,  il est rapporté qu’ « Il y a plusieurs modalités sous lesquelles l’ONU peut continuer d’accompagner Haïti afin de consolider les acquis démocratiques et en faveur de la stabilité ; mais aussi pour contribuer au renforcement du développement socio-économique ».

Vous ne faites que nous humilier davantage, quand malgré les conditions dans lesquelles nous vivons, dans un pays totalement exploité, dépourvu de tout, vous pensez nous faire croire qu’Haïti ait bénéficié de cette occupation, et que le pays soit à l’heure d’un certain développement économique.

Le peuple, M. Lacroix, ne cessera jamais de vous dire ainsi que vos hommes de mains : Sortez ! Sortez du pays !

Autre que la bourgeoise patripoche, le peuple haïtien n’a jamais approuvé, ni toléré la présence des forces occupantes  dont le bilan est plus désastreux que celui du séisme de 2010 ajouté aux catastrophes de l’ouragan Matthew qui, en fait, sont des catastrophes naturelles qu’on ne pouvait pas éviter. Mais, les forces onusiennes elles-mêmes ont été à dessein programmées pour la destruction du peuple haïtien par une épidémie importée. Et c’est dans cette optique calculée que les Casques bleus népalais ont été bien placés pour faire du fleuve de l’Artibonite, le foyer infectieux de l’épidémie de choléra par l’introduction massive dans ce fleuve de matières fécales contaminées par l’agent infectieux Shigella, vecteur du choléra.

En somme, c’est du pareil au même. L’ONU est en mission, elle ne laissera jamais le pays sans voir sa fin. Il leur faut simplement trouver une autre Minu comme la Minujusth avait remplacé la Minustah pour continuer la mise sous tutelle et prendre la relève de l’insécurité, de la misère et de la pauvreté orchestrées. Les actes de viol, de pédophilie  des Casques bleus ne sont pas condamnables et justement il faut que cette force armée, instrument au service des forces impérialistes, continue à opprimer les masses défavorisées haïtiennes de sorte qu’elles soient tenues sous surveillance systématique pour éviter un chambardement né de leur résistance.

L’ONU ne laissera jamais Haïti tant que le peuple haïtien  ne s’organisera pas pour le mettre hors du pays, et pour le grand coup de balai national.

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