Le Conseil de sécurité de l’ONU visite Haïti

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Jeudi 22 juin, rencontre du président Jovenel Moise au Palais National avec les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies en présence du chef civil de la Minustah Sandra Honoré.

Les quinze membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont été en Haïti pour une visite de travail du 22 au 24 juin 2017 dernier dans le cadre du départ  de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui devrait avoir lieu le 15 octobre 2017 prochain et de son remplacement par la Mission des Nations unies pour l’appui à la justice en Haïti (Minujusth).

Le bolivien Sacha Sergio Llorenty Soliz président du Conseil de sécurité des Nations Unies pendant tout le mois de juin

Ainsi  le jeudi  22 juin, ils ont rencontré le président Jovenel Moise au Palais National en présence du chef civil de la Minustah Sandra Honoré, représentante du secrétaire général des Nations unies, et certains ministres du gouvernement haïtien. La délégation  du Conseil est dirigée par le bolivien Sacha Sergio Llorenty Soliz, vu que  la Bolivie préside le Conseil de sécurité  des Nations Unies pendant tout  le mois de juin. Suite à l’absence du ministre des Affaires étrangères du pays Antonio Rodriguez, en mission à l’extérieur, l’intérimat du chancelier a été assuré par le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Aviol Fleurant.

Outre le gouvernement, la délégation a rencontré différents acteurs de la société haïtienne, entre autres, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, l’Office de protection des citoyens, la Cour supérieure des comptes, le directeur générale de l’UCREF, des parlementaires, des représentants diplomatiques des pays des Nations unies, des institutions spécialisées, le Conseil supérieur de la Police nationale, des représentants du secteur privé, des juges de la Cour de Cassation etc, sauf  les masses populaires, les organisations qui les représentent et les dirigeants des organisation de défense des droits des victimes du choléra.

Cependant à son arrivée, la délégation a été accueillie par une manifestation des victimes et parents des victimes du choléra qui réclament depuis  tantôt 7 ans des dédommagements et réparations de l’ONU ; vu que ce sont les casques bleus népalais  qui ont introduit le vibrio cholerae qui a fait plus de 10. 000 morts et 800 milles cas de personnes infectées, sur le territoire national. L’un des avocats de ces victimes, Mario Joseph du Bureau des avocats internationaux, indigné, a  fait savoir dans cette circonstance  que: « C’est une histoire de déni de justice. La commission de réclamation permanente et malgré la déclaration de monsieur Ban Ki-moon. il semblerait que tous les pays, membres permanents du Conseil de sécurité, ne veulent pas payer. »

Des membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies et certains membres du gouvernement haïtien

Juste après la réunion au Palais National, Fleurant et Llorenty Soliz ont donné une conférence de Presse commune pour faire le point : « S’il y a la transition de la MINUSTAH vers la MINUJUSTH, cela veut dire que la mission de stabilisation étant accomplie, le changement de statut d’Haïti au regard du chapitre 7 est nécessaire. Nous espérons qu’Haïti pourra passer au chapitre 6 traitant de la résolution pacifique des différends, puisque nous ne constituons plus une menace à la paix et à la sécurité internationale », a déclaré Fleurant ;  puis il a essayé d’expliquer les recommandations du président Jovenel à savoir le renforcement des forces de sécurité, de la Police Nationale, du renforcement de l’État de droit et des droits de l’homme.  Selon ses déclarations, le président Jovenel  « a réitéré son appui à la nouvelle approche de la lutte pour l’éradication du choléra, telle qu’elle a été présentée par le secrétaire général de l’ONU en décembre 2016 » en prenant soin de souligner que Jovenel n’a pas manqué de revendiquer les 400 millions de dollars prévus par l’ONU pour combattre le cholera ; alors que de ce montant, il a reçu moins de 3 millions, soit seulement 2,7 millions collectés depuis décembre 2016.

L’américaine Josette Sheeran, est nommée envoyée spéciale pour Haïti.

Sacha Sergio Llorenty Soliz,  président du Conseil de sécurité a exprimé pour sa part que : « Le Conseil a récemment adopté la résolution 2350. Et nous voulions venir ici pour évaluer sa mise en œuvre, ce en mettant l’accent sur la clôture réussie de la MINUSTAH et la transition vers la MINUJUSTH. Nous voulions également examiner les conditions nécessaires à la mise en œuvre réussie du mandat de cette nouvelle mission », pour enchainer ensuite : « Nous avons eu une réunion absolument fructueuse avec le président. Nous avons appris quelle vision il avait pour le pays. Maintenant que le pays connait la stabilité, nous avons appris quelles étaient les difficultés qu’ils devraient encore surmonter ».

A l’issue de la visite de deux jours, le samedi 24 juin, les membres du Conseil de sécurité par la filière de leur président se disant satisfaits ont salué la détermination des autorités et institutions haïtiennes à relever les défis de la consolidation de l’Etat de droit et de la gouvernance – conditions préalables à la stabilité et au développement durable du pays.

De gauche à droite le bolivien Sacha Sergio Llorenty Soliz, et le ministre de la Planification et de la Coopération externe, Aviol Fleurant juste après la conférence de presse commune. Ce dernier assurant l’intérimat du chancelier Antonio Rodriguez

Pour clôturer la visite du Conseil une conférence de presse a eu lieu, avec une Intervention de la porte-parole de la MINUSTAH, Ariane Quentier : « Nous allons pour conclure cette visite avoir cette conférence de presse avec Monsieur son excellence Sacha Llorenti, représentant permanent de la Bolivie, président du Conseil de Sécurité pour le mois de juin. Je demande à Monsieur Llorenty de bien vouloir venir vous adresser cette conférence de presse ».

Et voici les dernières déclarations du président actuel du Conseil de Sécurité des Nations-Unies le bolivien Sacha Sergio Llorenty Soliz :

« Je salue les représentants des média, et également les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, le personnel de la MINUSTAH et toute l’équipe formant les pays des Nations Unies, et je salue le peuple haïtien.

Les objectifs de cette visite ont été pleinement atteints. Avec cette visite, nous avons réaffirmé l’engagement du Conseil de sécurité des Nations Unies vis-à-vis du gouvernement et du peuple haïtiens, et vis-à-vis du renforcement institutionnel afin de contribuer à la stabilité et au développement d’Haïti.

Nous avons rencontré son excellence le président Jovenel Moïse et son gouvernement, le parlement, la police nationale, le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, les représentants de l’Office de protection du citoyen, la Cour supérieure des comptes et les représentants de la société civile et du secteur privé.

Ces rencontres avec nos interlocuteurs nous ont permis de mieux comprendre les difficultés rencontrées par le gouvernement et le peuple haïtiens dans le nouveau contexte politique. Nous avons entendu les appels concernant le choléra y compris le témoignage d’une victime, nous avons réitéré le soutien du Conseil de sécurité à la nouvelle approche du Secrétaire général. Nous saluons également le soutien du système des Nations Unies et des autres partenaires au gouvernement et au peuple Haïtiens à cet égard.

Haïti est heureusement entrée dans une nouvelle période de stabilité qui offre de nouvelles perspectives importantes au gouvernement et aux autres institutions de l’Etat leur permettant de lancer leur programme de réformes qui est absolument nécessaire pour que Haïti rejoigne la voie du développement durable.

Manifestation des victimes et parents des victimes du choléra qui réclament dédommagements et réparations de l’ONU

Nous avons été impressionnés par la clairvoyance, la détermination et l’ambition de nos partenaires haïtiens pour mener des réformes dans différents domaines. Nous avons été particulièrement encouragés par le fait que le gouvernement et le pouvoir législatif sont déterminés à relever les défis du pays dans le domaine de l’état de droit et de la gouvernance, et sont également déterminés à mettre l’accent sur le renforcement du pouvoir judiciaire, du contrôle et de la reddition des comptes. Nous sommes également encouragés par détermination des autorités à consolider plus encore la police nationale haïtienne.

Toutes ces réunions ont été fructueuses. Nous comprenons mieux les préoccupations et les attentes concernant à la fois la fermeture de la MINUSTAH et la transition vers la MINUJUSTH.

Nos interlocuteurs nous ont donné des informations de première main qui nous ont permis de mieux saisir différents aspects et conditions nécessaires à la mise en œuvre réussie du mandat de la MINUJUSTH établi par la résolution 2350. Nous pensons que la nouvelle mission s’inscrit dans le cadre d’une stratégie visant à assurer une transition continue et progressive vers le développement.

Nos interlocuteurs nous ont rappelé que la paix et la sécurité sont intimement liées aux besoins fondamentaux de la population. Si ces besoins fondamentaux par exemple en matière de santé, d’éducation, d’eau et d‘assainissement ne sont pas assurés, il sera difficile voire impossible de parvenir à une stabilité durable et au développement.

Je voudrais réaffirmer le soutien du Conseil de sécurité des Nations Unies au gouvernement et au peuple haïtien. Le déploiement de la nouvelle mission, la MINUJUSTH, prouve l’engagement à long terme des  Nations Unies vis-à-vis de Haïti. Á l’avenir, nous continuerons d’apporter notre soutien dans des domaines clés tels que le renforcement de la police nationale, la protection des droits humains et la consolidation de l’état de droit. Il est important de souligner que nous attendons des autorités haïtiennes une plus grande prise en charge nationale et un véritable rôle de chef de file.

Je voudrais terminer  cette déclaration en remerciant le gouvernement et le peuple d’Haïti pour leur hospitalité et leur accueil chaleureux. Ce fut un plaisir et un privilège de visiter ce beau pays. Merci ».

Par ailleurs, le secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres, vient de nommer l’américaine Josette Sheeran, comme envoyée spéciale pour Haïti.

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