Haïti serait-elle en première ligne de la IIIe guerre mondiale ?

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Le monde se rapproche de plus en plus de la Troisième Guerre mondiale.  L’empire américain poursuit ses tentatives désespérées de remonter le temps de l’histoire et de revenir au monde unipolaire qui existait avant l’entrée en vigueur du nouvel ordre multipolaire entamé avec «l’opération militaire spéciale» de la Russie en Ukraine le 24 février 2022 pour mettre fin à la menace existentielle que l’expansion et la provocation de l’OTAN représentent pour elle.

La guerre par procuration de l’Ukraine n’est que le précurseur de la véritable confrontation. Cependant, le plus grand défi à l’hégémonie mondiale des États-Unis est, bien sûr, la Chine, qui, selon la plupart des estimations, a dépassé les États-Unis en tant que plus grande économie de la planète. Comme l’a expliqué le ministère chinois des Affaires étrangères dans une déclaration d’une franchise sans précédent le 20 février dernier intitulée « U.S. L’hégémonie et ses périls ». Washington a développé un manuel de jeu hégémonique pour mettre en scène des « révolutions de couleur », susciter des conflits régionaux et même lancer directement des guerres sous prétexte de promouvoir la démocratie, la liberté et les droits de l’homme.

S’accrochant à la mentalité de la guerre froide, les États-Unis ont intensifié la politique des blocs et attisé les conflits et la confrontation. Ils ont abusé le concept de sécurité nationale, abusé les contrôles à l’exportation et imposé des sanctions unilatérales à d’autres. Ils ont aussi adopté une approche sélective du droit et des règles internationales, les utilisant ou les rejetant comme bon leur semble, et ont cherché à imposer des règles qui servent leurs propres intérêts au nom du maintien d’un « ordre international fondé sur des règles ».

Le ministre des Affaires étrangères Qin Gang a averti Washington de « freiner », sinon il y aura des « conséquences catastrophiques ».

Le président chinois Xi Jinping a fermement condamné les efforts américains pour « contenir, encercler et réprimer la Chine ». Le ministre des Affaires étrangères Qin Gang a averti Washington de « freiner » et de ne pas « emprunter la mauvaise voie » vers « le conflit et la confrontation », sinon il y aura des « conséquences catastrophiques ».

Le langage de plus en plus direct des dirigeants chinois va de pair avec leurs démarches diplomatiques, comme le rapprochement qu’ils ont  négocié entre l’Arabie saoudite et l’Iran la semaine dernière, qui apporte un coup terrible à la stratégie géopolitique américaine. Evidemment, la principale cible des États-Unis, comme tout le monde peut le constater, est la Chine en utilisant Taiwan comme ils le font avec l’Ukraine. Alors qu’ils entraînent des troupes taïwanaises à la fois en Taïwan et aux États-Unis, Washington vient d’approuver l’envoi d’une aide militaire supplémentaire de 600 millions de dollars à cette province rebelle de la Chine de Mao. Tout cela malgré leur reconnaissance formelle depuis 1979 que Taïwan fait partie intégrante de la Chine.

Maintenant, la Chine (alliée à la Russie) et les États-Unis (alliés à l’Europe occidentale) se préparent ouvertement à la guerre, il y a une très grande possibilité, sinon, la probabilité, que cette confrontation devienne nucléaire, ce qui serait une catastrophe pour toute la planète en général. Qu’est-ce que cela signifie pour les 16 millions d’Haïtiens en incluant ceux de la diaspora ?

Les armes nucléaires modernes sont 100 fois plus puissantes que les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki, il y a 78 ans. Une guerre nucléaire signifierait probablement l’incinération immédiate de tous les habitants vivant dans et autour des grandes villes américaines et européennes où vivent et travaillent des millions d’immigrants haïtiens.

Les personnes qui périssaient  dans les explosions initiales finiraient par être les plus chanceuses. Et pour cause. Le principal tueur dans le monde, autre que l’empoisonnement généralisé de la terre et de l’eau par les rayonnements, serait l’hiver nucléaire.

Cela est dû par le fait que les nuages radioactifs transportent de la poussière et des débris très haut dans la stratosphère où ils obscurcissent la lumière du soleil, en noyant la planète dans l’obscurité profonde et une autre période glaciaire s’installera. Toute vie humaine, animale et végétale disparaitra sous l’effet de la radiation ; les plantes et les cultures vivrières ne pourront pas être cultivées ce qui causerait la mort d’une grande partie des êtres vivants. Qu’est-ce que cette vision apocalyptique a à voir avec Haïti, et pourquoi la population est-elle en première ligne ?

Premièrement, sur les 194 Etats indépendants de la terre, Haïti est l’une des 11 à reconnaître Taiwan comme une nation souveraine. Il y a quelques années, la Chine a tenté en vain de convaincre Haïti d’abandonner cette reconnaissance, en retour, elle avait proposé de donner environ 5 milliards de dollars d’aide pour réviser l’infrastructure de Port-au-Prince, reconstruire le système d’assainissement, le réseau électrique, les routes, les écoles, hôpitaux, ports et autres infrastructures. Un grand Projet de développement et de modernisation qu’avait refusé le gouvernement de Jovenel Moise sous pression américaine ; à l’inverse, la République Dominicaine a rompu 69 ans de relations diplomatiques avec Taïwan, pour pouvoir bénéficier cet apport financier de Pékin.

Deuxièmement, Haïti est au bord d’une révolution sociale. Les classes majoritaires d’Haïti – la paysannerie, le prolétariat et le lumpenprolétariat – en ont assez de la misère à laquelle elles sont condamnées et rêvent d’un changement complet du système, en d’autres termes d’une révolution. Cette perspective a affolé la bourgeoisie haïtienne et également Washington qui, pour les dissiper,  produisent des criminels contrerévolutionnaires dans tout le  pays créant ainsi une atmosphère de panique et de psychose partout, notamment, dans la capitale et ses environs.

Ce n’est pas seulement parce que les États-Unis ne veulent pas voir ériger un autre Cuba juste au Sud de la Floride. C’est aussi parce que ces exploiteurs et profiteurs sont guidés par leur soif insatiable de profits. Ils ont besoin d’une main-d’œuvre servile pour maintenir leur niveau de vie élevé et conduire Haïti au bas-fond du sous-développement en tant qu’un Etat paria.

À l’approche d’une guerre qui semble inévitable avec la Chine, toutes les usines basées en Chine fabriquent la majorité des produits utilisés par les Américains –  du téléphone portable aux ordinateurs en passant par les vêtements, les jouets et les ustensiles de cuisine – devront être fabriqués ailleurs… et à moindre coût. C’est pourquoi les États-Unis doivent garder Haïti comme « shithole » de réserves pour une main-d’œuvre bon marché, la moins chère de l’hémisphère occidental.

Donc, le plan de Washington en ce moment est de : 1) déstabiliser complètement la nation haïtienne ; 2) liquider la moindre résistance, jusqu’à l’envahir militairement sous le prétexte des « gangs » ; 3) installer au pouvoir un gouvernement de marionnettes de façon à arrêter tout mouvement populaire ou progressiste pour la non reconnaissance de Taiwan ; et enfin 4) mettre en place plus d’usines d’assemblage pour remplacer celles qui vont se déconnecter de la Grande Chine.

La réalité, cependant, est que le processus de la guerre totale doit être arrêté, si nous voulons sauver la vie sur cette planète. Voilà pourquoi Haïti Liberté soutient l’énorme manifestation du 18 mars prochain à Washington DC, exigeant la fin des guerres d’agression de Washington. Cela va de pair avec des manifestations similaires qui balayent maintenant toute l’Europe. « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » nous enseigne Jean Jaurès. Nous débarrasser de la domination impérialiste américaine est une nécessité absolue. Seul moyen pour les peuples du monde de reprendre contrôle de leurs gouvernements, de leurs destins et de renouer à la vie et à la paix est de rejeter la petite cabale de capitalistes, de politiciens véreux, de généraux corrompus qui détiennent entre leurs mains l’avenir de la planète.

Cela signifie que les Haïtiens de partout, tant en Haïti que dans la diaspora, doivent comprendre qu’ils doivent rejoindre la mobilisation planétaire contre la guerre dont notre pays subit déjà les conséquences. Car, ce qui est en jeu, en ce moment critique de l’histoire mondiale, aucune vie ne sera épargnée.

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