Des « opposants légaux » face aux « bandits légaux »!

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Après un long moment de silence, comme s’ils viennent de se réveiller en sursaut d’un profond sommeil, les dirigeants des partis politiques haïtiens ont refait surface, comme des rats qui ont reniflé une odeur  d’élections peut-être, de sorte qu’ils réaniment à leur façon une soi-disant opposition face au régime PHTK de Jovenel Moise, le dauphin de Michel Martelly.

Ainsi, le samedi 19 Août 2017 dernier à l’Arcahaie, pour masquer leur désarroi électoral,  une journée de réflexions a été organisée par les membres de cette opposition traditionnelle. Le choix des invités n’a été nullement fortuit. On y retrouvait, en priorité, les mêmes clientèles chaussées de leurs lunettes de confusionnisme idéologique. Sans aucun critère sérieux ont été officiellement invités à prendre part à ce bouillon «oppositionnel», entre autres Jude Célestin, Moise Jean Charles, Samuel Madistin, Me André Michel, Maryse Narcisse, Jean Bertrand Aristide, Jean André Victor, Erick Jean Baptiste, Mirlande H. Manigat, Sauveur Pierre Etienne, Jacques Edouard Alexis, Gérald Germain, Jean Danton Léger, Fritz Alphonse Jean, Pierre Espérance, Claire Lydie Parent, Desras Simon Dieuseul; les mêmes lézards à la fois risibles, inquiétants et dangereux de la politicaillerie haïtienne pour continuer à tromper les masses populaires avec leur politique de caméléons.

C’est en effet sur les actes et non sur des discours lénifiants et les intentions qu’on doit juger ces courtiers politiques…

Sans aucune critique ou autocritique,  ils ont profité de cette occasion pour mettre sur pied le : «Rassemblement de l’Arcahaie pour la reconstruction et l’unité du mouvement démocratique et populaire ».  Une sorte de déjà vu pour ne pas dire une  réédition de  l’Initiative Citoyenne (IC) qui avait sonné au Cap Haïtien, le 17 octobre 2012, le lambi du rassemblement des forces démocratiques et progressistes. Ainsi fut né le Mouvement Patriotique de l’Opposition Démocratique (Mopod) pour combattre le régime de Martelly ; mouvement qui plus tard se transforma en Mouvement Patriotique Populaire Dessalinien, véritable amalgame fait de différents groupes de fractionnistes pour se rendre aux élections.

Bien que tous les invités de la petite bourgeoisie intellectuelle et réformiste n’aient pas répondu à l’appel, mais le gratin opportuniste était pourtant présent sans compter quelques seigneurs de moindre importance tels que le sénateur lavalas Nènèl Cassy, Paul Antoine Bien-Aimé ; Me André Michel, , Walson Sanon, Marjory Michel, Evalière Beauplan, Kelly C. Bastien, Manès Louis, Dupiton Joseph, Antonio Chéramy (Don Kato), Wilner Joseph, Axène Joseph, Roger Millien, Ricard Pierre de Pitit Desalin, Lamercie Charles Pierre, Evelt Fanfan, Camille Edouard Jr, Roody Pierre Paul, Printemps Bélizaire, Ulrick Saint-Cyr, Jean Baptiste Bien-Aimé, Ronique Paul Jean, Thomas Jean René et Mendez Soraya.

C’est en effet sur les actes et non sur des discours lénifiants et les intentions qu’on doit juger ces courtiers politiques qui ont tous une histoire quelconque de collabos pour lesquels seul compte la prise du pouvoir, un dosage habile grâce à un mélange fait de compromis, de compromissions calculées, de conciliations et de dépendances vis-à-vis des puissances d’argent.

Il est révélateur de constater que, mis à part quelques rares exceptions, les militants se réclamant ouvertement de l’opposition progressiste ou révolutionnaire n’ont pas été invités puisque leurs attaches sociales, leurs références doctrinales et leur objectif d’une lutte de libération nationale ne sont certes pas pareils à ceux qui pour autant se contentent de jouer le rôle de médiateur entre le peuple, la victime, et son bourreau criminel: les classes dominantes.

A la vérité, ils n’ont même pas voulu pour une fois mettre en cause le système politique qui sous-tend le projet gouvernemental de faillite en place. Un projet capitaliste antidémocratique dont les options fondamentales sont tout à fait antinationales et antipopulaires. Cette orientation née de notre domination par les forces obscures impérialistes est tout à fait et complètement responsable de la grave crise économique et sociale que traverse le pays. C’est le pillage de nos ressources par le capitalisme international qui nous déchire constamment occasionnant par là que le peuple haïtien erre de pays en pays à la recherche d’un avenir alternatif à la misère programmée, et orchestrée comme projet de notre développement.

A ce compte, il est important que se développe sans acrimonie, mais sans complaisance, un débat politique sur la portée et les risques de dérive du processus que nous imposent les tenants du capitalisme international pour faire non seulement le bilan de leur forfait, mais encore pour châtier énergiquement leur main mise sur notre destinée.  Leurs relais locaux, complices, n’ont pas osé élever la voix pour mettre à nu les crimes atroces perpétrés par les forces occupantes au service de l’Occident. Le rôle opportuniste de cette classe d’hommes et de femmes liges est de transformer la réalité au service de l’idéologie bourgeoise dominante qui continue à accaparer et à se partager les richesses du peuple. Par leur absence à la mobilisation de la classe ouvrière exigeant un salaire de 800 gourdes, n’ont-ils pas contribué à dévaloriser le mouvement jusqu’à son échec, se solidarisant ainsi avec les patrons pour mieux contrôler les masses populaires ?

Quelle réunion à l’Arcahaie ! Si ce n’est qu’un nouveau marché de dupes, de petites manœuvres tactiques d’une opposition comme il faut, bien confortable, face aux bandits légaux pour récupérer les indécis et les naïfs de tout poil.

A quoi servirait donc ce « Rassemblement de l’Arcahaie pour la reconstruction et l’unité du mouvement démocratique et populaire » s’il refuse de s’aligner sur les positions socialistes et les aspirations populaires à savoir l’engagement total contre les pratiques de l’impérialisme sur le sol Dessalinien ? Sinon qu’à se constituer en «opposants légaux» face aux «bandits légaux».

 

 

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