Démarcation entre petro-Challengers et partis d’opposition!

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Des membres de l'organisation petro-challenger « Nou Pap Dòmi » en conférence de presse

Les partis politiques particulièrement, ceux regroupés au sein du secteur démocratique et populaire ont grâce à l’Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti renoué apparemment leur alliance avec la force Opposition Progressiste (FOP) pour le renversement de Jovenel Moise et son remplacement par un juge de la Cour de Cassation et un gouvernement issu des membres de la dite opposition.

Outre le désaccord de certaines personnalités pour des raisons secondaires et celui de Fanmi Lavalas qui reste jusqu’à présent ambigu puisque des membres influents de ce parti, ses élus même siégeaient au sein du courant de l’opposition dénommé Secteur populaire démocratique, les « Petro-Challengeurs qui dominent la scène politique par leur capacité de mobilisation se démarquent catégoriquement de l’opposition droite et gauche jusqu’à proposer leur propre alternative de sortie de crise.

Une banderole de l’organisation « Nou pap dòmi »

En effet, les petro-Challengeurs de « Nou Pap Dòmi » ne partagent pas toutes les visions des partis traditionnels. Ils annoncent eux-mêmes un programme de 4R : Rupture, Redressement, Réorientation et Rigueur ; un document de 6 pages de cadrages pour organiser le pays juste après la démission de Jovenel Moise. Cette transition devrait rompre avec la politique « anti-peuple », « anti-démocratique », « antirépublicaine » ont-ils fait savoir.

Un des dirigeants de  ce mouvement James Beltis dans une interview télévisée, le lundi 24 juin 2019,  sur « Haïti, sa k ap kwit » a mis les points sur les i. Selon lui, « la vision de l’après-Jovenel Moïse, dont « Nou Pap Dòmi »  réclame la démission,  est plus complexe que celle présentée par le secteur de l’opposition politique dans leur alternative de transition. « Nous autres, nous sommes attachés aux revendications de rue où le peuple exprime son refus de vivre dans une société où les crimes restent impunis, les élus n’arrivent pas à satisfaire les desideratas des citoyens, les corrompus dirigent les pouvoirs… »

« Nou pap dòmi », dans son programme indique que  « La mission du gouvernement de transition sera définie à partir d’une politique de Rupture c’est-à-dire Rompre avec le passé justement les pratiques antidémocratiques, antirépublicaines caractérisant l’administration publique. Rétablir la justice sociale, favoriser l’indépendance du pouvoir judiciaire, promouvoir la parité de genre entre autres déterminent la dimension de Redressement. En ce qui concerne la Réorientation, elle engage des mesures de restructuration économique. Distribution de la richesse, revalorisation de la monnaie nationale, redynamisation des activités génératrices de richesses, promotion des investissements étrangers souscrivent aux exigences de Réorientation. Le point relevant de la Rigueur impose l’assainissement des finances publiques, la rationalisation des dépenses publiques, l’engagement contre l’instrumentalisation de l’action gouvernementale à des fins propagandistes »

Dans leur document,  « Nou pap dòmi » stipule entre autres que « Les 3 premiers mois de la transition devront jeter les bases pour la tenue du procès Petro Caribe et la création d’un tribunal spécial compétent à juger les corrompus et les auteurs de crime financiers. L’élaboration d’un plan urgent pour combattre la faim, la refonte de la Constitution de 1987, le renforcement de l’Institut haïtien, la décision de déclarer l’urgence environnementale, la réalisation et la vulgarisation du diagnostic économique, financier et social du pays »

James Beltis

Leur gouvernement sera baptisé de gouvernement de rupture et sera formé à partir d’un large consensus. Il aura pour piliers la compétence et l’éthique et sera composé d’un Président, d’un Premier ministre avec un cabinet ayant 10 ministères, sans directeurs généraux adjoints. Il n’y aura pas de secrétaireries d’état aux postes pour lesquels il existe déjà un ministère. Il n’y aura pas d’immunité pour les membres du gouvernent de transition ni de privilèges non nécessaires.  Les membres du gouvernent de transition  ne pourront pas participer aux élections que la transition organisera »

Un fait à signaler, ce ne sont pas simplement les partis politiques qui sont divisés, certaines organisations qui se réclament de la famille petro-Challengeurs ne sont pas sur la même longueur d’onde. Ainsi les : « Nou Konsyan, Nou pap konplis, Challenger populaire, REILA et UEH » n’ont pas de graves problèmes avec l’Alternative consensuelle pour la refondation d’Haïti mais elles veulent garder leur distance vis-à-vis de l’opposition particulièrement sur la gestion de cette transition. L’unique rôle qu’elles s’adonnent à jouer est celui de forcer les dirigeants qui vont assurer la transition à respecter leur engagement vis-à-vis de la nation.

C’est dans cette optique qu’elles annoncent une grande mobilisation les samedi 6 et dimanche 7 juillet 2019, pour commémorer le premier anniversaire du soulèvement populaire du 6,7, 8 juillet de l’année dernière.

Un autre courant du secteur petro-Challengeurs, il s’agit du Regroupement des organisations de Petro-Challengers, dans une note pour la presse datée du 25 juin et signée par Lavoisier Cherisier Junior, Fritzner Bijoux, Wendy Pierre, Payen Winique et Myriam Suprien exige tout également le départ de Jovenel Moise aussi bien du Parlement. Dans leur document, aucun membre de l’opposition et du PHTK ne doit participer au gouvernement de Transition, il faut que tous les individus qui auront à diriger la transition soit de nouveaux visages tout en soulignant qu’ils sont pour le dialogue national, le procès PetroCaribe, et contre toutes ingérences étrangères dans les affaires internes du pays.

Cette démarcation des Petro-Challengers avec les partis d’opposition est nécessaire et indispensable mais tout cela va dépendre de qui aura l’appareil d’Etat entre ses mains, s’agit-il du peuple organisé ou les représentants des classes dominantes ?

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