À bas la vie chère ! À bas Martelly !

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7 Février 1986-7 Février 2015: 29 ans après, le peuple continue à être encore dans les rues 29 ans après la chute de la dictature des Duvalier qui ont également duré 29 ans au pouvoir, le peuple haïtien est encore dans les rues pour exiger le départ du régime de facto néo-duvaliériste- GNBiste ayant à sa tête Michel Martelly et Evans Paul. Le peuple réclame aussi la baisse des prix des produits pétroliers sur le marché national. Depuis l’arrivée du régime néo-duvaliériste de Michel Martelly au pouvoir, une crise de gouvernance à multiples facette, politique, économique et sociale ne cesse de ronger le tissu social haïtien.

Cette crise s’aggrave de jour en jour puisqu’elle soulève des mécontentements populaires. Deux (2) journées de manifestations, les 5 et 7 février, avec la participation de plusieurs dizaines de milliers de personnes ont eu lieu et deux (2) journées de grève également consommées les 9 et 10 février. L’objectif de ces mouvements de protestation populaire était clair : le départ du régime Martelly-Paul et la baisse des prix du carburant. Dans le pays le plus appauvri, c’est là qu’on paie les produits pétroliers le plus cher. Le gallon d’essence qui se vend à 1,85$ aux Etats-Unis ; en République Dominicaine, 1,90$ ; Au Venezuela autour d’un dollar et le prix continue de chuter, alors qu’en Haïti, il se vend à 4.23 $. En Haïti on paie le gallon d’essence à plus de 2.33$ que dans l’un des pays le plus riche.

C’est un crime économique que les détenteurs du pouvoir politique sont en train de commettre contre le peuple haïtien. Il est un fait certain, la baisse des prix des produits pétroliers entraine directement celle du coût de la vie, la protection de l’environnement. Après les deux (2) journées de grève des lundi 2 et mardi 3 février, le gouvernement de facto Martelly-Paul ne veut pas entendre raison, il maintient les prix sur le marché. Il faut rappeler que le gouvernement réactionnaire Martelly-Lamothe a vidé le Trésor public. C’est Martelly lui-même qui l’a dit : « Les caisses de l’Etat sont vides, puisqu’ il n’y a pas une gourde. » Il profite maintenant de la baisse des prix du carburant pour les renflouer. La population qui manifeste dans les rues déclare : « Nou pa manje pwa, nou pap bay lapire». Elle exige l’arrestation de l’ex-Premier ministre, Laurent Salvador Lamothe, qui, dit-on, s’est enfui avec plusieurs centaines de millions de dollars vers les Etats-Unis: l’argent détourné du fonds Pétro-Caribe, de la solidarité de l’Uruguay, du fonds d’urgence destiné aux victimes de l’ouragan Sandy en 2013 et autres.

Elle exige aussi l’arrestation de monsieur Martelly qui se sert de l’argent du Trésor public, dit-on, pour faire construire une plage dans un endroit situé au Nord de la Capitale évaluée à plus de 9 millions de dollars, une chaine d’hôtels à Punta-Cana en République Dominicaine et d’autres maisons luxueuses aux Etats-Unis. Son fils Olivier Martelly, dont le nom a été déjà cité dans des activités louches, en a profité pour faire construire des maisons luxueuses à Pétion-ville, évaluées à des millions de dollars. Ce qui a poussé les manifestants à scander haut et fort : « Le père est un voleur, la mère est une voleuse, le fils est un kidnappeur ; c’est une famille constituée de voleurs et de kidnappeurs. »

Au cours des deux dernières manifestations, du 5 et 7 février, de nouveaux slogans hostiles ont été lancés à l’endroit de l’occupant du Palais national : « Vòlè gaz ki nan palè a, fò l ale. Vòlè gaz ki nan Primati a, fò l ale. Pèp la pa t manje pwa, li pap bay lapire. Yo voye Martelly vin kraze peyi a. Obama ou tande ! Bill Clinton ou tande ! Vòlè gaz yo mele ! Martelly, kolon blan yo voye w vin kraze peyi a, pèp la leve kanpe fòk ou ale.» Un manifestant chauffé à blanc au Champ-de-Mars, âgé d’une quarantaine d’années, vociférait ainsi au micro des médias présents : « Aujourd’hui, nous sommes au temps d’Hitler. La Gestapo a tué les Juifs, en Haïti la Police rose de Martelly tue les Haïtiens. Je suis prêt à mourir pour débarrasser le pays des vampires du régime tètkale. Je n’ai rien à regretter. Je ne laisse derrière moi que la misère. »

Dans la foulée, les étudiants de l’Université d’Etat d’Haïti et d’autres organisations populaires et progressistes commencent à se faire sentir. Ils ont organisé un sit-in devant les locaux du ministère de l’Economie et des Finances le jeudi 5 février dernier pour contraindre le gouvernement de facto Martelly-Paul à baisser les prix du carburant. Ils commencent à sensibiliser la population sur cette question. La police rose est passée à l’action en tirant des bombonnes de gaz lacrymogène sur des étudiants à la Faculté d’Ethnologie et à l’Ecole Normale Supérieure. Plusieurs d’entre eux en ont été victimes et la barrière de ladite faculté a été renversée par le camion de canon d’«eau grattée» de CIMO.

Le samedi 7 février, tête droite, la manifestation a pris la direction de Pétion-ville, là où habitent Martelly et l’oligarchie financière qui divise la société haïtienne en deux mondes, ceux d’en haut et ceux d’en bas. Les manifestants venant d’en bas allaient signifier aux gens d’en haut qu’ils sont également tous des Haïtiens. Ils ont droit de vivre comme eux. Les prix des produits pétroliers doivent rabaisser criaient-ils : « galon gaz 100 goud, kous machin 3 goud. Aba Martelly ! Aba Evans Paul machann peyi ! Aba vòlè gaz ! Aba Minustah ! »

En descendant sur la route de Bourdon, devant l’étude du notaire Jean Henry Céant, les victimes du tremblement de terre Martelly Lamothe-Céant-Clinton continuent de dénoncer l’implication de celui-ci dans la destruction injuste et injustifiée de leurs maisons pour faire place vide aux néo-colonisateurs de l’Amérique du Nord : « Céant pran 40 milyon dola vèt pou kraze kay nou, nou prè pou n ba l kanè nan eleksyon yo. Céant ap mache vòlè tè moun. Céant se yon trèt. Martelly ap desann kanson l chak jou nan zafè jesyon peyi a, men li pa vle desann pri gaz la pou tipèp la ka rale yon souf anba lavichè a. Aba Martelly. »

Arrivée à l’angle des rues Lalue et Martin Luther King, la police a empêché les manifestants d’avancer en direction du Champ-de-Mars. Ils se sont dirigés vers la route de Nazon en passant par l’avenir Poupelard où la Police a dispersé la manifestation à coups de gaz lacrymogène. Une fois de plus, les manifestants se sont regroupés et se sont dirigés vers le Champ-de-Mars pour apporter leur solidarité aux étudiants, victimes des bandits légaux de Martelly, à l’Ecole Normale Supérieure, Faculté d’Ethnologie et Faculté de droit. A la rue Geffrard, la Police a tiré des balles en caoutchouc en direction des manifestants. Au moins 3 personnes ont été victimes. Timothée Rony a reçu une balle au visage, Germain Jean Marie, a reçu une balle à la jambe, une personne non identifiée a également reçu des projectiles.

Par ailleurs, à Ile-à-Vache, les habitants manifestent également pour exiger le gouvernement de facto Martelly-Paul à rentrer l’arrêté injuste déclarant cette Ile d’utilité publique et réparer les torts faits aux victimes. Il faut rappeler que l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe est celui qui a mis en branle un projet visant à déposséder des habitants de leur terre pour faire place à la construction de chaines d’hôtel ouvrant ainsi davantage la côte Sud au trafic de la drogue.

En somme, le peuple haïtien reste déterminé à lutter pour déchouquer le régime de bandits légaux Martelly-Paul à la tête du pays et à contraindre le pouvoir à baisser les prix des produits pétroliers sur le marché national proportionnellement à la baisse sur le marché international. Ce sont toutes les couches de la population : syndicats des chauffeurs, des ouvriers, des enseignants ; des associations de petits commerçants, des étudiants, des paysans, des chômeurs, des élèves, appuyés par les mouvements politiques tels que la Plateforme Pitit Desalin, le Mopod, Fanmi Lavalas et d’autres sans oublier le peuple haïtien en général qui réclament la baisse des prix du carburant.

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