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Le Conseil de sécurité prolonge la FRG !

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La résolution a été adoptée par 12 voix pour, 0 contre et 3 abstentions, celles de la Chine, de la Fédération de Russie et du Pakistan.

Les institutions internationales du système capitaliste réactionnaire et corrompu feignent toujours l’ignorance lorsqu’il s’agit de soutenir une cause douteuse pour satisfaire les intérêts américains. Ainsi, bien avant l’ouverture de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, un intense travail de lobbying a été mené pour que le Conseil de sécurité renouvelle le mandat d’une force fantôme en Haïti — mise en place par les États-Unis et certains de leurs alliés le 30 septembre 2025 via la résolution 2793, pour une période initiale de 12 mois. Son rôle officiel est de combattre les gangs ; toutefois, la véritable mission de ces forces militaires, qu’ils ont baptisées « Force de répression des gangs » (FRG), est d’alimenter ou d’aggraver l’insécurité vécue par la majorité de la population, afin de pouvoir alimenter le discours sur les malheurs d’Haïti.

L’avant-garde tchadienne de la FRG en Haiti

Les Américains ont réussi à remplacer les policiers de la mission kényane contre leur gré, alors même qu’elle avait joué un rôle important au sein de cette initiative de force de répression. Par conséquent, de nombreux pays serviles envers les États-Unis se sont portés volontaires pour envoyer du personnel à la FRG. Il s’agit sans doute de pays qui ne comprennent rien à la situation haïtienne, mais qui emboîtent néanmoins le pas à l’impérialisme américain — lequel nous combat et nous déstabilise tout en diffusant une propagande se présentant comme celle de bienfaiteurs venus nous aider. Ces dirigeants sans colonne vertébrale — simples serviteurs des États-Unis — ont répondu à l’appel de leurs maîtres pour envoyer des soldats en Haïti. On y trouve des pays comme le Tchad, le Guatemala, la Jamaïque, la Mongolie, le Bangladesh, le Sri Lanka, le Salvador et tant d’autres. Pourtant, ils manquent du courage nécessaire pour demander aux États-Unis, au Canada et à la France : « Pourquoi n’envoyez-vous pas vos propres soldats en Haïti ? »

La Fédération de Russie s’est abstenue lors du vote de prolongement de la FRG

La vérité qu’on feint d’ignorer, c’est qu’on ne peut pacifier un peuple que l’on exploite. Après tout, l’entité même qui les combat est celle qui a semé les germes de cette insécurité sociale. C’est pourquoi, loin de s’apaiser, le problème s’aggrave et se multiplie. Les américains ne vont jamais attaquer la cause profonde mais ils veulent réprimer les conséquences.  S’attaquer à la cause profonde reviendrait à combattre le système capitaliste d’exploitation qui saigne Haïti à blanc.

Trente-deux pays membres de l’OEA, ainsi que le secrétaire général Albert R. Ramdin, ont appelé, dans une déclaration, au renouvellement du mandat et au déploiement complet de la force de lutte contre les gangs (FRG) en Haïti. Ces pays sont : Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, les Bahamas, la Barbade, le Belize, la Bolivie, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, la Dominique, la République dominicaine, l’Équateur, le Salvador, la Grenade, le Guatemala, le Guyana, Haïti, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Suriname, Trinité-et-Tobago, les États-Unis d’Amérique et l’Uruguay.

La ministre des Affaires étrangères et des Cultes d’Haïti, Raina Forbin

Le Premier ministre de facto,  Alix Didier Fils-Aimé a également réclamé cette mesure, tout en sachant pertinemment qu’elle ne résoudrait rien. Au contraire, cette force sert ses propres intérêts : empêcher toute paix, tout changement ou toute élection, afin de se maintenir indéfiniment au pouvoir. Il conserve ce pouvoir tant qu’il débourse 65 000 dollars américains par mois pour des activités de lobbying à Washington visant à garantir son maintien en poste. Il joue un double jeu : il déclare officiellement vouloir organiser des élections tout en espérant, parallèlement, que la crise s’aggrave pour pouvoir rester aux affaires. C’est dans ce contexte — le mardi 29 septembre, veille du 36 e anniversaire d’un sanglant coup d’État orchestré dans le pays en 1990 par les États-Unis et la bourgeoisie compradore pour provoquer cette même instabilité — que ces mêmes acteurs mènent l’offensive aux Nations unies, multipliant les grands discours sur l’insécurité pour justifier le renouvellement du mandat de la mission répressive. C’est dans ce même cadre d’hypocrisie que le Conseil de sécurité a voté une fois de plus la prolongation du mandat de déstabilisation d’Haïti promu par les États-Unis. La résolution a été adoptée par 12 voix pour, 0 contre et 3 abstentions, celles de la Chine, de la Fédération de Russie et du Pakistan.

Le représentant des États-Unis, Michael Waltz

Le nombre de membres de la force multinationale (FRG) présents dans le pays s’élève à 1 083 ; on demande désormais l’envoi du reste des effectifs pour atteindre le chiffre de 5 500. Le représentant des États-Unis, Michael Waltz, a appelé à maintenir la dynamique autour de la FRG, estimant que l’arrivée des contingents devait se poursuivre et que les gangs ne disparaîtraient pas d’eux-mêmes. Il a déclaré à propos de la FRG « Elle rouvre des routes et sécurise des quartiers. Elle reprend le contrôle de zones qui étaient devenues interdites à la police nationale haïtienne. Elle démantèle les points de racket qui constituent une source de revenus criminels pour les gangs et alimentent leurs activités » Tout cela n’est que mensonge, pourquoi toute cette mise en scène de l’ambassadeur américain ?

L’ambassadeur de Panama aux Nations-Unies Monsieur Eloy Alfaro de Alba.

Le Premier ministre Fils-Aimé pour sa part a salué ce vote, qui s’inscrit dans la droite ligne de son agenda — une position qu’il avait défendue lors de sa visite aux Nations unies.

Pour ces réactionnaires, le pays a besoin de plus d’armes ; ils croient que la guerre est le moyen d’instaurer la paix. Ils sont incapables de comprendre ou refusent tout simplement d’admettre que ce sont les emplois, les écoles, les centres de santé et les centres de formation professionnelle qui peuvent réellement apporter la paix. Une telle mentalité prouve clairement qu’aucun de ces individus n’a véritablement à cœur les intérêts du peuple haïtien.

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