La mort d’un âne contrarie son propriétaire
Mais elle résout toujours les problèmes de la mère du chien
Proverbe haïtien
Une mère aurait tué sa fille, Lyncé Raïtza Dominique. Stéphanie Dorsainville est la mère de Lyncé Raïtza Dominique, âgée de 9 ans. Cet acte odieux a eu lieu le lundi 17 août 2026, vers 19 heures. C’est dans le quartier populaire de Déyè Fò, près du rond-point, dans la commune des Cayes (département du Sud), que ce drame s’est produit. Lyncé Raïtza Dominique était une élève en quatrième année du primaire lorsque sa tante et d’autres personnes l’ont retrouvée morte — assassinée de plusieurs coups de couteau — dans un local commercial (une banque de borlette/ lotterie) nommée Saint Joseph appartenant à sa mère; c’est dans ce même espace qu’elle habitait avec sa fille Lyncé.
La mère de la victime, Stéphanie Dorsainville, a été retrouvée sur place aux côtés de Lyncé, qui baignait dans une mare de sang. Pire encore, la mère présentait elle aussi de nombreuses blessures et plaies par arme blanche. Selon les explications fournies par la sœur aînée de Stéphanie le mardi 18 août 2026, elle a raconté selon les déclarations de Stéphanie : qu’un individu s’était introduit dans le local, le visage dissimulé, et lui avait tendu une feuille de papier en lui demandant d’y écrire ce qu’elle pensait. C’est à ce moment-là que Lyncé est arrivée et a crié. Selon cette même version, l’agresseur aurait assassiné l’enfant à l’aide d’un couteau et aurait également porté deux coups à Stéphanie : l’un sous la gorge et l’autre à la nuque.
Il aurait ensuite refermé la porte avant de s’en aller. Toutefois, après le constat des faits, la police a placé la mère de la victime en détention pour les besoins de l’enquête. Compte tenu de son état de santé précaire, les autorités judiciaires ont ordonné son transfert vers un dispensaire de soins. Depuis lundi soir, elle se trouve aux urgences de l’hôpital général des Cayes.

De nombreux propos tenus par la population laissent penser que la mère aurait pu tuer son enfant. Cette hypothèse repose sur le fait qu’elle a été retrouvée sur les lieux en compagnie de la victime, alors que la porte était fermée.
Certains estiment qu’il aurait été impossible pour une tierce personne de fermer la porte de l’intérieur, car, selon eux, le bâtiment ne comportait qu’une seule entrée et une seule sortie. Actuellement, l’une des principales pistes envisagées est celle d’un possible meurtre commis par la mère, dans l’éventualité où sa version des faits ne correspondrait pas à la réalité. Certains se demandent également si un tel acte pourrait être lié à une dépression, surtout si l’on considère la situation difficile que vivent de nombreuses personnes dans le pays. Ces dernières années, le département du Sud a déjà enregistré plusieurs cas de suicide. Cette situation soulève des questions quant aux conséquences de la dépression et d’autres difficultés sociales sur la population.
Cependant, sa grande-sœur ne pense pas qu’elle souffrait de dépression au moment du drame. Elle a expliqué que, le dimanche précédant l’incident, Stéphanie n’avait manifesté aucun signe inhabituel laissant supposer un mal-être. Au contraire, elle profitait de moments agréables avec son enfant et sa famille. Selon elle, il était environ 22 heures ce dimanche-là, quand Stéphanie avec son enfant les a quittés pour rejoindre son appartement — situé dans le même bâtiment —afin d’aller se coucher. La grande-sœur elle-même est allée dormir dans son propre appartement, situé dans le même bâtiment. Le lendemain matin, elle s’est levée tôt pour aller travailler. C’est vers 18 heures, alors qu’elle se reposait après sa journée de travail, qu’elle a entendu son chien aboyer près de son lit. Sortant d’un sommeil profond, elle est sortie pour demander ce qui se passait. C’est alors que les gens l’ont informée que le logement de Stéphanie n’avait pas été ouvert de la journée et qu’on n’avait aperçu ni elle ni l’enfant à l’extérieur. Trouvant cette situation anormale, on avait frappé à la porte et entendu Stéphanie dire qu’elle n’avait pas la force de l’ouvrir. C’est alors que la sœur exigea aux gens d’enfoncer la porte et l’ouvrir. C’est ainsi qu’ils ont découvert le drame.
Plusieurs versions circulent concernant ce meurtre. La première évoque la possibilité que la mère ait tué sa fille en raison d’une dépression. La seconde est celle rapportée par Stéphanie — selon les dires de sa sœur — suggérant qu’un individu non identifié, entré dans la maison, aurait commis l’acte. À ce jour, aucune preuve ne permet de confirmer l’une ou l’autre de ces versions. Il est crucial que les autorités mènent une enquête sérieuse pour faire éclater la vérité, identifier le véritable auteur de ce crime et s’assurer que les coupables soient punis conformément à la loi.
Ce meurtre s’ajoute à la liste d’autres actes criminels survenus dans la commune, où la vérité ne fait que trop rarement surface. Rappelons que le quartier de Déyè Fò a déjà été le théâtre de plusieurs décès violents, causés soit par des inconnus, soit lors d’opérations impliquant des policiers, en uniforme ou en civil. En l’espace d’un mois environ, la zone a enregistré plusieurs morts violentes : deux personnes ont succombé à des blessures par balle ou à l’arme blanche, et une autre a perdu la vie à la suite d’un incident impliquant l’usage de matraques ou des brutalités policières. Pour l’heure, la question fondamentale demeure sans réponse : qui a réellement assassiné Lincé Raïtza Dominique ? Seule une enquête rigoureuse, s’appuyant sur des preuves scientifiques et des témoignages vérifiés, pourra apporter une réponse fiable.

Lincé Raïtza Dominique : victime des frais de scolarité
Stéphanie a rédigé une lettre de six pages avant de commettre cet acte meurtrier contre sa fille Lincé. Elle y expliquait qu’elle ne voyait pas comment trouver l’argent nécessaire pour payer l’école de Saint-Jean, des Cayes. Cette réalité est celle à laquelle sont confrontées de nombreuses familles dans un pays où une mère lutte pour sa survie et celle de son enfant au quotidien. Une lutte qui a conduit cette mère à tuer son enfant et à tenter de mettre fin à ses jours. Voilà ce qui peut arriver dans un pays — et plus particulièrement dans un État comme Haïti — où l’autorité publique est absente. Mais les enfants sont-ils assassinés à cause de leurs parents, ou sont-ils les victimes des « bandits » qui dirigent l’État ? Ce n’est pas Lincé qui empêchait à sa mère de payer les frais de scolarité qui sont exorbitants. La plupart des écoles destinées aux démunis – ces personnes sans emploi qui n’ont pas les moyens doivent payer la scolarité de leurs enfants –en US dollars. Où les pauvres chômeurs trouveront-ils l’argent américain pour payer la scolarité de leurs enfants ?
Il en va de même pour les écoles gérées par des prêtres, des religieuses ou des pasteurs ; les parents doivent y apporter des sommes considérables, souvent c’est en dollars américains qu’ils doivent payer l’écolage. Cette situation rappelle qu’en 2024, c’est le bandit Joseph Wilson alias « Lanmò Sanjou » qui a aidé certains parents par des emprunts à régler les frais scolaires de leurs enfants auprès des écoles religieuses, des prêtres, des pasteurs, des frères et sœurs sans scrupules, véritables racketteurs. Pourtant, cela ne suscite aucune réaction, ni de la part de l’État ni du reste de la société. Selon les écrits de la mère, le mobile de ce meurtre sur sa propre fille-Lyncé Raïtza- résidait dans l’impossibilité de trouver l’argent nécessaire pour payer les frais scolaires exigés par le collège Saint-Jean. Dans cette affaire, Stéphanie et sa fille, Lyncé Raïtza sont deux victimes. Le véritable assassin, le vrai coupable, ce professionnel du pillage et du massacre des enfants du pays, est bien : l’État haïtien ! Ce sont tous ceux qui sont au sommet de l’État, qui saignent le pays à blanc comme des sangsues, qui gaspillent l’argent public en signant des contrats mirobolants avec le mercenaire Erick Prince, tandis que les familles se suicident, affamés et incapables de payer l’école de leurs enfants. S’il y a bien quelqu’un qui doit répondre de cet acte criminel, c’est bien le Premier ministre de facto, Alix Didier Fils-Aimé, et la cohorte de ses ministres.









