De sombres perspectives se dessinent à l’horizon et s’apprêtent à prendre de nouvelles proportions. La lutte qui a éclaté au sein de la classe dirigeante n’a qu’une seule signification : précipiter Haïti vers sa perte.
Ce n’est pas sans raison que le drame entre le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le locataire de la Primature reçoit d’énormes soutiens notamment des grandes puissances capitalistes dont la majorité d’entre elles ont déjà tout concocté pour ruiner le pays. N’y a-t-il pas quelque chose d’incroyablement pervers dans les préoccupations des Etats-Unis, de l’Union européenne, du Canada, de la France, de l’OEA et tant d’autres qui se moquent bien de l’avenir du pays dans leurs dernières déclarations ?
Le Chargé d’Affaires américain Henry Wooster intervenant le vendredi 23 janvier 2026 à la cérémonie de graduation de nouveaux policiers haïtiens, a laissé entendre : « Les États-Unis suivent la situation de près. Nous veillerons à ce que toute personne qui soutient le terrorisme responsable du chaos en Haïti et de l’insécurité dans la région subisse de lourdes conséquences. L’ère de l’impunité est révolue ».
Si cela s’avère vrai, les États-Unis peuvent se tirer une balle dans la tête, car ils sont les premiers responsables de la criminalité organisée dans le pays avec la création du ténébreux FRAPH qui a fait au moins 3 000 victimes entre 1991 et 1994.
De l’impérialisme des faux « droits de l’homme » de Biden à celui « de la loi du plus fort » de Trump, un iota n’a pas changé
Depuis plus d’un siècle, l’impérialisme opprime et exploite le peuple haïtien. Le pays est devenu un maillon clef dans la chaîne de domination de l’impérialisme américain en Amérique. Ce qui veut dire que les objectifs de l’impérialisme sont entre autres de réduire ce pays à sa plus simple expression, dépourvu de sa souveraineté, de tout moyen de développement et sans la moindre résistance. Le pays ainsi, où sévissent l’injustice, l’impunité et le népotisme se trouve plongé dans un immense et tragique malheur. Le peuple haïtien a souffert et souffre encore non pas pour le meilleur mais pour le pire.
Cela est dû à la situation étrange qu’il connaît depuis qu’il se trouve sous domination impérialiste, où rien de ce que dit ou de ce que fait la puissance dominante n’est guère favorable à l’avancement de la cause haïtienne. De l’impérialisme des faux « droits de l’homme » de Biden à celui « de la loi du plus fort » de Trump, un iota n’a pas changé, sauf que les desseins de recolonisation s’avèrent plus agressifs et s’inscrivent dans un tout autre contexte hégémonique.
Pour la défense des intérêts, les hommes ne cohabitent pas en permanence, parfois ils s’opposent quand les intérêts des uns et des autres ne concordent pas. L’élite dirigeante haïtienne précisément les 10 fantoches de l’exécutif sont à couteaux tirés. L’Occident pour sa part s’arroge à s’immiscer dans cette crise interne du régime transitoire tout en aiguisant les contradictions en sa faveur. N’est-il pas surprenant que ceux qui ont tout machiné contre le pays en le réduisant à un Etat d’assistés, l’empêchant même de soigner ses populations soient les premiers à se présenter pour orienter la crise ? Une telle action est aussi hypocrite que stupide dans la mesure où Washington est le premier responsable de cette débâcle de gouvernabilité que traverse le pays.
Aujourd’hui aucune institution politique du pays ne peut satisfaire les revendications et surtout les besoins primaires du peuple. L’hygiène sociale a atteint le plus bas niveau. Dans les rues de la capitale, il règne un chaos sans nom. La violence politique et sociale bien orchestrée ne fait que s’augmenter. Le ramassage des ordures n’est pas un souci pour l’ensemble de l’Etat. Les institutions ne fonctionnent pas et le tissu social en lambeaux va de mal en pis. Le discrédit des partis politiques, l’insignifiance de leurs leaders et la méfiance des citoyens envers les institutions fondamentales contribuent tous à empêcher le pays d’aborder une ère nouvelle.
Cela compromet tout l’équilibre institutionnel et le plonge dans la plus grande crise de gouvernabilité de ces quarante dernières années. En revanche pour Washington, le fait que le pays soit dans l’incapacité de ramener la paix, de créer une stabilité et de mettre en place une quelconque démocratie, il est nettement meilleur et plus confortable qu’auparavant. C’est ainsi que l’empire du mal nous apprécie. C’est ainsi qu’il nous voit d’un bon œil vivant dans la mendicité et de l’aumône.
Et il ne cache pas qu’il a d’autres projets d’avenir pour le bien-être d’Haïti. Parmi lesquels on peut déjà citer : la liberté de voler, de piller l’Etat, de mentir, de diffamer tout en augmentant la flambée de la délinquance et de la corruption qui gangrène la vie publique. La fermeture de toutes nos entreprises publiques. Le pays ne produit rien, engendrant automatiquement la misère et la pauvreté qui sont étroitement liées à l’insécurité et à la violence. Qui pis est, il n’admet pas que le peuple choisisse son propre destin, ses propres aspirations sociales. Il cherche à tout prix à l’empêcher de prendre contact avec d’autres pays développés pour ne pas être sans doute contaminé par le virus du développement.
Haïti demeure l’une des cibles essentielles de l’impérialisme américain. Il prétend le protéger mais au contraire, il déferle toutes les calomnies, toutes sortes d’injures à son endroit pour l’assujettir et lui imposer à perpétuité sa formule de domination.
L’impérialisme divise pour mieux régner et affaiblir la vigilance du peuple, lui permettant ainsi de poursuivre l’oppression et l’exploitation des masses. Il soutient directement ce régime de corrupteurs et de corrompus qu’il a contribué à mettre en place. De manière frappante, ces deux factions opposées de l’exécutif, la bourgeoisie d’affaires et la classe politique traditionnelle qui donnent l’illusion d’être de farouches nationalistes, partagent sur tous les points, les mêmes motivations de soumission et d’allégeance aux idéaux impérialistes.
Pour exacerber cette contradiction absurde, avec son cynisme sans bornes, l’impérialisme sur la défensive, tout en multipliant des manœuvres dilatoires pour défendre sa domination, brandit ses menaces, ses armes mensongères à savoir : soutenir des gangs criminels, ou être considérés comme des narcoterroristes.
À l’impérialisme qui prétend aider Haïti, nous disons : épargnez le pays de votre démagogie et de votre chantage le plus grossier. Laissez le pays vivre et respirer un peu afin que le peuple décide lui-même de son avenir. Et rappelez-vous-en: nous ne sommes pas une colonie !







