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Les récidivistes de Montana reproposent…

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Le dimanche 21 décembre 2025, sous le faux prétexte d'éviter un vide institutionnel en Haïti, des membres de l'Accord de Montana ont proposé un nouveau conseil de transition. Photo : Le Nouvelliste

Après le départ d’Ariel Henry de son poste de Premier ministre, les pays impérialistes ont tout fait pour trouver un moyen de maintenir en vie le régime corrompu et sanglant en place. C’est en cherchant une alternative que les dirigeants de l’Accord de Montana avaient proposé à l’impérialisme la formule collégiale.  Ce qui avait été l’objet de discussions entre les différents secteurs et toutes les organisations pour la concrétisation et l’adhésion à ces propositions.

En fait, le courant politique, droit et gauche, issu de l’Accord de Montana, a été à la base de la mise sur pied du Conseil présidentiel de transition (CPT).  Il avait proposé une formule collégiale avec trois (3) membres au moins, cinq (5) au plus pour assurer la présidence, mais l’impérialisme, par l’intermédiaire de la Caricom, a réussi à imposer 9 personnes comme conseillers présidentiels pour gouverner Haïti.

C’est encore Montana qui a donné naissance à la formule de la présidence tournante et également de la majorité qualifiée pour les votes au sein de l’institution.  Ce courant comptait plus d’acteurs au conseil : au départ sur les 9 membres et 7 votants, il avait la majorité votante de trois voix avec le président de l’Accord de Montana, Fritz A. Jean, Edgar Leblanc, ancien candidat à la présidence de l’Accord Montana et Leslie Voltaire qui représentait la Famille Lavalas au sein de l’Accord de Montana. En fait, Montana dominait politiquement et numériquement le Conseil présidentiel de transition.

Certains membres de l’Accord de Montana.

Les trois premiers présidents du CPT étaient liés à l’Accord Montana, il s’agissait d’Edgar Leblanc Fils, Leslie Voltaire et, le vendredi 7 mars 2025, à la Villa d’Accueil, a eu lieu la cérémonie d’installation de Fritz Alphonse Jean.  Il a dirigé le Conseil jusqu’au 7 août 2025, conformément à la résolution du 4 octobre 2024 relative à la présidence tournante sans poser aucun acte sérieux, même les conseils de ministre n’ont pas eu lieu. Il a fallu attendre son successeur, le conseiller des représentants des nantis et de la classe des affaires Laurent Ct Cyr, pour qu’il y ait une prétendue harmonisation au sein du pouvoir.  Saint Cyr était censé être le dernier président du CPT avant de remettre le pouvoir le 7 février 2026 à un président élu lors d’un scrutin qu’il aurait dû mettre en branle. Mais cela ne s’est jamais produit, et personne au pouvoir depuis le règne du Premier ministre Ariel Henry ne s’en est jamais soucié.

Après plus de cinq années de transitions stériles qui n’ont rien accouché jusqu’à la fin prochaine du mandat du CPT, aucune décision sérieuse n’a été prise. Sauf pour sauver la face, Washington a forcé la main aux membres du CPT, jusqu’à ce qu’ils décident de publier un calendrier électoral, et une autre date, soit août 2026 pour tenter de réaliser ces élections.

C’est à ce carrefour d’incertitudes que nous sommes à présent, et personne ne sait ce qui va arriver à la date butoir de la fin de mandat du CPT, le 7 février prochain. C’est dans ces circonstances, dans ce vide, que tous les vieux politiciens cherchent une solution, en attendant celle des puissances occidentales dominantes.

À la surprise de plus d’un et sans vergogne, les signataires de l’Accord de Montana se refont une virginité pour proposer leur alternative censée éviter une impasse politique. Ainsi, le 21 décembre 2025, sous le faux prétexte d’échapper à un vide institutionnel en Haïti, ces récidivistes, sous la direction du tristement célèbre opportuniste, le Dr Jean Hénold Buteau, refont surface. Est-il vraiment nécessaire de rappeler qui est cet individu, ce Dr Buteau ? Ce ne serait pas inutile.

Au centre, le Dr Jean Hénold Buteau lors de la réunion du 21 décembre 2025

Il convient de rappeler que Dr Buteau était le chef de cabinet du conseiller présidentiel, Fritz Jean. C’est également lui qui a organisé et dirigé la soirée des signataires de l’Accord de Montana, pour introniser Fritz Jean le soir du 8 mars 2025, en présence de ses partisans venus en liesse saluer Son Excellence. Buteau se présente toujours en tant que dirigeant d’un parti politique de gauche : Alternative socialiste (ASO). Voilà le genre d’organisations de gauche que nous avons dans ce pays. Comment un pays peut-il progresser politiquement dans ces conditions et avec de tels individus ?

Voici ce qu’ils proposent :

« l’adoption de mesures transitoires capables d’assurer une gouvernance minimale et de préparer un retour progressif à l’ordre constitutionnel ».

« Le départ du Premier ministre en exercice, Alix Didier Fils-Aimé, à l’initiative du Conseil présidentiel de transition (CPT). Un membre du gouvernement actuel assurerait l’intérim jusqu’à la nomination d’un nouveau chef de gouvernement, afin d’éviter une rupture dans la gestion des affaires publiques ».

« La mise en place d’une  « Conférence des acteurs », regroupant les organisations sociales et politiques structurées. Cette instance serait chargée de faciliter le dialogue national et de servir de cadre permanent de concertation entre les différentes forces vives du pays ».

« La création d’un nouveau conseil présidentiel composé de trois membres. Ce format réduit est présenté par ses promoteurs comme un moyen d’améliorer l’efficacité de la prise de décision et de limiter les tensions internes observées lors des précédentes expériences de gouvernance collégiale ».

Ils suggèrent

« la création d’un Organe de contrôle de la transition (OCAT), composé de neuf membres issus de la Conférence des acteurs. Cet organe aurait pour mission de superviser les actions de l’Exécutif, de formuler des recommandations en cas de dérives et d’accompagner les relations entre l’Exécutif, le corps diplomatique et l’appareil judiciaire ».

« La stabilité de l’Exécutif figure parmi les principes centraux du texte. Le Premier ministre ne pourrait être démis de ses fonctions qu’en cas de faute grave ou d’insubordination avérée, et les remaniements ministériels seraient strictement réglementés. La désignation des ministres et des hauts fonctionnaires se ferait selon un mécanisme concerté impliquant la Présidence, le Premier ministre et la Conférence des acteurs, avec validation de l’OCAT ».

En conclusion, les signataires de l’Accord de Montana soulignent

« que cette proposition ne constitue pas une solution définitive, mais une base de travail à compléter par une feuille de route détaillée. Ils estiment cependant que cela peut contribuer à alimenter le débat national et à prévenir une nouvelle phase d’instabilité à l’approche du 7 février. »

Mais bon sang, Buteau est venu offrir au pays une photocopie de replâtrage de brigandage du CPT et on ne s’étonnerait pas s’il propose à nouveau son patron de sorte qu’il l’embauche à nouveau.

C’est une façon pour les pions de l’Accord Montana de revenir avec Fritz Jean. Et non sans raison, ce dernier sans aucune honte avait envoyé un tweet à ses camarades en ces termes : « Les signataires de l’Accord de Montana, les représentants des antennes des 10 départements, se réuniront le dimanche 21 décembre à l’hôtel Montana pour discuter de la situation politique et de l’avenir. Une journée politique fructueuse. »

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