
Dans la mascarade électorale sous l’égide de l’impérialisme américain, dont le premier tour est prévu pour le 13 décembre 2026 selon le calendrier publié par le CEP, 17 groupements et 88 partis politiques ont été agréés pour participer au scrutin.
Mais qu’est-ce qui a changé dans le pays entre 2021 et 2026 pour justifier cette fièvre électorale inquiétante et la vaste propagande publicitaire déployée par le CEP ? N’est-ce pas là une façon de revenir à la case départ de nos malheurs ? Sur quelles nouvelles bases la société entrevoit-elle la possibilité d’un avenir meilleur à l’horizon fin 2026 ? Y a-t-il eu un tournant ? Un moment où la société accepte de s’engager dans une autre voie, avec une mentalité différente, une vision différente ? Si nous ne le faisons pas, c’est parce que vous vous complaisez à voir les Haïtiens être humiliés — que ce soit aux Bahamas, en République dominicaine, aux États-Unis, au Chili ou ailleurs — alors même que cela n’a guère frappé votre orgueil de sorte que vous organisiez le pays.

En fin de compte, cette transition n’a rien créé de nouveau. Elle n’a bâti aucun fondement pour un renouveau ; c’est sur la même construction déjà endommagée, la même structure déjà délabrée que l’on s’évertue à bâtir une « cathédrale d’espoir » pour le peuple. Tout cela marque un manque cruel de sérieux chez ceux qui se réclament d’être dirigeants, anciens ou futurs. Ils sont tous des criminels !
Au bout du compte, n’est-ce pas, nous sommes revenus au point où nous en étions en 2004, durant les périodes de transition sous la présidence de Boniface Alexandre et du Premier ministre Gérard Latortue. Eux, ils ont fini de s’amuser aux dépens du pays ; ils sont politiquement morts, ils n’existent plus. C’est pourtant ce que vous faites vous aussi : vous jouez en attendant votre propre fin, sans véritablement vous impliquer et vous engager pour redresser et défendre ce pays gravement malade. Cela signifie que vous n’avez fait aucun progrès. Vingt-deux ans plus tard, la situation reste inchangée, et vous vous apprêtez même à l’aggraver davantage.

Quant aux 17 groupements et aux 88 partis politiques prêts à se prostituer ainsi, ils se valent tous ; on pourrait les comparer à un tas de crabes jetés dans un même panier. La situation politique qui a suivi l’assassinat du président Jovenel Moïse est le fruit de vingt années de transition, entamée après le coup d’État et l’enlèvement de Jean-Bertrand Aristide orchestrés par les impérialistes américains. Rien n’a changé d’un iota ; au contraire, la situation empire et vous vous précipitez pour monter à bord d’un camion électoral sans freins qui vous précipitera tous au fond du ravin.

Les périodes de transition sous la présidence de Boniface Alexandre et du Premier ministre Gérard Latortue
Rien n’est garanti ; il s’agit d’un pari risqué de la part des impérialistes américains. Ces derniers ont décidé qu’il fallait organiser des élections pour installer un président à leur botte — à l’instar de ceux qu’ils ont imposés dans d’autres pays des Amériques — afin de préserver leurs intérêts. Vous n’avez aucun problème à cela, il s’agit d’aller de l’avant pour vous.
Vous n’avez aucune conscience du passé douloureux du peuple et du pays, ni la volonté d’édifier une nouvelle société fondée sur des bases solides. Vous avancez sans espoir d’amélioration matérielle ou politique pour le pays. C’est une démarche délibérée de la part de tous les membres de cette classe politique — sans exception — qui, sous la coupe de la dictature impérialiste américaine, mène le pays vers la banqueroute totale.
Ce sont des individus sans conscience qui détiennent le pouvoir ; ils occupent des postes de direction mais, loin de mener le pays à bon port, ils le décrédibilisent et le démantèlent à petit feu par avance.
Quelles négociations ont réellement lieu au sein de la société pour qu’une majorité de la population adhère à un projet national capable de mener le pays vers une issue positive ? Rien de tel ne se produit ; on préfère rester les bras croisés et recevoir des directives des ambassades américaine, française et canadienne, pourvu que l’on puisse voler de l’argent : voilà le mal qui ronge le pays.

Ils sont tous complices ces 17 groupes et 88 partis politiques qui s’organisent pour continuer à multiplier les manifestations démagogiques dans le pays. Les membres du CEP sont des escrocs de grand chemin, il suffit que leur carnet de banque soit rempli et ils s’enfichent de l’avenir du pays.
Quelle coupable inaction d’une classe politique qui refuse d’aider le pays à sortir de son linceul de violence, de misère et de pauvreté ! Nous n’avons même pas honte de ne pas disposer d’un stade dans le pays pour que notre équipe nationale de football puisse y jouer. La seule chose que nous puissions faire, c’est voler l’État. Et vous continuez à vous plaindre des bandits dans le pays, sans dire qu’ils apprennent tous ces mauvais travers dans le manuel de la classe politique moribonde. Les bandits ne sont que des élèves des dirigeants politiques.
Tous ceux qui se préparent à participer à la mascarade électorale ne sont que des bandits, des fossoyeurs de la nation. Oui, ils sont tous complices.








