Home Les Manchettes Une délégation de l’OEA est en Haïti !

Une délégation de l’OEA est en Haïti !

0
133
Le secrétaire général adjoint de l'OEA, Albert R. Ramdin, en conversation avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans la cour du Palais National d’Haïti

Le ballet des délégations étrangères — qu’elles viennent des Nations unies, de l’OEA ou de la CARICOM — qui ne cessent de se succéder dans le pays n’a pas pour but de régler les affaires haïtiennes. Ces émissaires sont dépêchés par leurs chefs d’entreprise pour accomplir une mission spécifique : confirmer la tendance régionale à l’accession au pouvoir de dirigeants défendant des idées réactionnaires et conservatrices, et militant pour le maintien de l’ordre impérialiste.

L’arrivée de la délégation à l’aéroport international du Cap-Haïtien

C’est ainsi qu’il faut comprendre l’arrivée en Haïti, le dimanche 16 août 2026, du secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert R. Ramdin, et de la secrétaire générale de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Carla Barnett, à la tête d’une délégation déclarée de haut niveau pour une mission officielle prévue du 16 au 19 août 2026. La délégation comprenait également des représentants de la Banque interaméricaine de développement (BID), de la Banque de développement d’Amérique latine et des Caraïbes (CAF), de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), de l’Institut interaméricain de coopération pour l’agriculture (IICA) et de la CARICOM, ainsi que des représentants d’agences des Nations unies. Qu’ont-ils déclaré ?

Elle a été accueillie à l’aéroport international du Cap-Haïtien par Raina Forbin, ministre des Affaires étrangères, Mario Andrésol, ministre de la Défense, et de Jacques Desrosiers, président du Conseil électoral provisoire (CEP). Quant au rôle du président du CEP dans une telle visite, il ne fait guère de doute qu’il a été invité afin d’entendre lui-même les directives émanant des puissances dominantes.

De gauche à droite, le secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert R. Ramdin, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé, et la secrétaire générale de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Carla Barnett

On pourrait dire que si Haïti ne se trouvait pas dans une telle situation, toute une série d’institutions n’existeraient pas. Dès lors, on peut aussi affirmer qu’elles ont tout intérêt à nous maintenir dans l’ornière pour garantir la pérennité de leurs activités. Pourtant, depuis plus de vingt ans, on entend les mêmes slogans : rétablissement de la sécurité, gouvernance démocratique, préparation du processus électoral et stabilisation socio-économique du pays. Quand il ne s’agit pas d’une mission des Nations unies, c’est celle de l’OEA ; toutes deux sont soumises à l’impérialisme américain, l’OEA l’étant tout particulièrement. Albert Ramdin a écrit sur son compte X : « Nous sommes arrivés aujourd’hui en Haïti avec la volonté de mener des échanges fructueux avec les autorités haïtiennes dans les jours à venir, à la tête d’une délégation de haut niveau composée de partenaires régionaux et internationaux. »

Il poursuit pour dire: « Notre objectif est clair : écouter, renforcer la coordination et contribuer à traduire la solidarité internationale en un soutien concret aux priorités définies par Haïti : sécurité, élections, renforcement des institutions, besoins humanitaires urgents et développement durable. »

Séance de réunion au Palais National

Pour enfin ajouter : « Haïti traverse un moment décisif. Nous sommes ici pour nous tenir aux côtés du peuple haïtien et soutenir ses efforts en faveur de la stabilité, de la gouvernance démocratique et d’un avenir plus sûr et plus prospère. »

Une promenade dans la cour du Palais national

Devons-nous continuer à laisser ces gens se moquer de nous ? Après tout, l’État en place ne voit aucun inconvénient à leur présence ; au contraire, il se réjouit de ces visites. D’ailleurs, ce n’est pas à la Primature qu’Alix Didier a rencontré Ramdin et sa délégation le lundi 17 août 2026, mais au Palais national, qui est censé être le siège de la présidence du pays. Cela en dit long…

Haïti est un pays souverain ; c’est un statut qu’on cherche à tout prix à anéantir. C’est une spirale sans fin à moins que le peuple se lève pour dire « Assez ! »

 

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here