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Réflexion d’un chef de gang notoire !

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André Michel, l'un des porte-parole ou dirigeants du secteur démocratique populaire (SDP) (AP Photo/Edris Fortune)

Il s’agit d’un individu qui aurait dû se trouver en prison, dans l’attente de sa condamnation pour des crimes contre la nation, mais qui s’est déclaré candidat.

André Michel, l’un des porte-parole ou dirigeants du secteur démocratique populaire (SDP)— célèbre avocat des causes perdues —, a déclaré ceci à la suite de la visite d’une délégation de l’OEA et de la CARICOM à Port-au-Prince : « Nous profitons de la présence de la délégation de l’OEA et de la CARICOM à Port-au-Prince pour rappeler la nécessité de rétablir un minimum de sécurité avant l’organisation d’élections en Haïti. Le déblocage des routes nationales demeure la condition fondamentale pour l’organisation des élections. Sans un minimum de sécurité, ce sont les gangs armés qui remporteront les élections. Nous ne pouvons pas organiser des élections pour remettre le pouvoir à des gangs armés et à leurs alliés politiques. La communauté internationale et le gouvernement doivent assumer leurs responsabilités. Je m’inscrirai cette semaine sur les listes électorales à Port-au-Prince. J’invite mes partisans, sympathisants et les membres du SDP à faire de même. La sécurité est nécessaire à la réussite du processus électoral. La transition a trop duré. Elle doit prendre fin. »

Une telle déclaration pourrait sembler positive aux yeux d’un profane, mais elle illustre ce que l’on appelle l’impunité dans le pays. C’est un voleur qui réclame l’arrestation d’un voleur. Il s’agit d’un chef du système de banditisme sévissant dans le pays qui, sans vergogne, s’adresse à la presse comme une personnalité politique honnête, se préparant même à être candidat aux prochaines élections.

Lors du procès américain tenu à Miami concernant l’assassinat du président en exercice Jovenel Moïse, l’un des deux condamnés à la réclusion à perpétuité, John Joël Joseph (membre du SDP), a affirmé et confirmé devant le tribunal fédéral que lui et le Colombien Palacios Palacios avaient trouvé refuge auprès du gang de Vitelhomme Innocent, juste après l’assassinat brutal du 7 juillet 2021. Ils y ont passé deux semaines avant de partir pour la Jamaïque, où ils ont finalement été arrêtés.

Cependant, Caleb Joseph, figure majeure de l’actuel gouvernement de transition, avait également déclaré à la presse haïtienne, bien avant les propos de John Joël Joseph, que Nenel Cassy du SDP lui avait demandé de défendre un militant politique qui n’était autre que Vitelhomme Innocent. Par ailleurs, le Bureau des affaires criminelles de la Direction centrale de la police judiciaire a mentionné l’ancien sénateur Nenel Cassy — complice de l’assassinat — de l’ancien consul Jacques Pierre Matilus.

André Michel est l’un des deux membres influents de ce parti ; il sera sans aucun doute le candidat sous la bannière de son mouvement, lequel réclame aujourd’hui le démantèlement de ce qu’il a lui-même engendré dans le pays.

Le Groupe Fantôme 509 proche du SDP

Il convient également de rappeler que c’est le SDP qui a orchestré la création du groupe « Fantôme 509 », selon les déclarations de leur allié Vitelhomme. Le ministre haïtien de la Justice de l’époque, Lucmane Delille, avait exhorté les dirigeants du syndicat de la police à dénoncer publiquement la violence du groupe Fantôme 509, car, selon Me Delile et l’ambassade américaine, « Fantôme 509 est un groupe terroriste ».

À Port-au-Prince, la coalition de groupes armés baptisée « Viv Ansanm » (Vivre ensemble) — dont l’une des composantes était issue du Secteur démocratique populaire (SDP) et du gang Gpèp, véritable ennemi du G9 à l’époque — comptait dans ses rangs des figures telles que Izo, Lanmò Sanjou, Vitelhomme Innocent, Tilapli et Gabriel de Cité Soleil, pour n’en citer que quelques-unes. Il n’est guère surprenant qu’une organisation de défense des droits humains proche de cette opposition, le RNDDH dirigé par Pierre Espérance, ait non seulement soutenu Fantôme 509, mais n’ait jamais publié le moindre rapport condamnant ces gangs — en l’occurrence Fantôme 509 et le Gpèp. Après tout, c’étaient *leurs* gangs.

Si, aujourd’hui, l’État de transition — de concert avec l’impérialisme américain — exige la destruction des groupes armés, allant jusqu’à faire mettre en place par les Nations unies une force de répression des gangs, parfois désignée Force de suppression des gangs (sous l’acronyme FRG), c’est tout simplement parce que le contrôle a été perdu par ces alliés de la classe politique. André Michel, Nènel Cassis et d’autres figures du Secteur Démocratique Populaire ne peuvent plus compter sur leurs anciens collaborateurs à mener des actions subversives pour leur compte. Cette cohabitation entre G9 et Gpèp est devenue, pour eux, un véritable poison violent.

 

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