
À quelques jours seulement de la fin de la mission ou du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), certains membres du conseil se sont lancés dans une mascarade appelée Dialogue inter-haïtien.
Cette farce a débuté à la Villa d’Accueil fin janvier et s’est poursuivie du 1er au 3 février 2026 à l’hôtel Montana, dans le but de trouver une alternative haïtienne et d’éviter un vide de pouvoir au sein de l’exécutif le 7 février 2026.
Depuis le début de cette réunion, trois membres du conseil ont participé aux discussions : Leslie Voltaire, Edgard Leblanc Fils et Louis Gérald Gilles. Ces marionnettes du CPT, au lieu de céder le pouvoir à d’autres acteurs, s’accrochent à la création d’un nouveau conseil présidentiel de transition, composé cette fois de trois membres au lieu de neuf.

Pire encore, l’un des potentats de l’ancien conseil défunt siégera au sein du nouveau. Quelle aberration ! Ces scélérats ont pris la précaution de ne pas révéler les noms pour le moment afin de ne pas être démasqués. Les deux autres membres du nouveau collège présidentiel proviendraient de la Cour de cassation et de la société civile.
Ils répètent les mêmes slogans sur la garantie de la sécurité et la création d’un environnement propice à l’organisation d’élections. Avec une telle démagogie, la classe politique moribonde prend tous les citoyens du pays pour des imbéciles. Il s’agit d’une usurpation du pouvoir du peuple pour satisfaire les désirs de l’impérialisme par le biais d’un compromis. Sans aucun doute, ils maintiendront le Premier ministre choisi par les Américains, Alix Didier Fils-Aimé, et les membres du conseil seront Laurent Saint-Cyr ou Leslie Voltaire, le président de la Cour de cassation Jean-Joseph Lebrun, et un escroc du même calibre issu de la société civile.

Pour de nombreux participants naïfs aux réunions, il s’agit d’une grande victoire, comme si, pour une fois, les Haïtiens parvenaient à s’entendre sur un projet sans la présence des nouveaux colonisateurs étrangers. Selon eux, il s’agit d’une réponse à l’ingérence de l’impérialisme américain, mais en réalité, ils se trompent lourdement ; le colonisateur n’a pas besoin d’être présent pour faire avancer son programme. Les acteurs aux mentalités néocoloniales sont bien conscients de leurs limites et de ce qu’ils doivent faire pour rester dans le cadre établi par les forces dominantes. Le simple fait de proposer une telle alternative ouvre la voie au compromis. Dès qu’ils commenceront à choisir ou à nommer des individus à des postes, nous verrons s’il ne s’agit pas d’un retour à la case départ, comme le souhaitent les puissances dominantes.
En tout état de cause, aucun changement n’est possible sans une rupture totale et fondamentale, et cette classe politique asservie à l’impérialisme ne peut pas engager le pays sur cette voie.

C’est une course effrénée vers l’horreur et le déshonneur qu’ils reconstruisent délibérément, précisément au profit de l’impérialisme. Les acteurs politiques ne contrarieront jamais leurs maîtres. Ils savent que les intérêts impérialistes ne doivent pas être lésés, car ce qui compte pour eux, après tout, c’est que le pays continue de sombrer dans l’abîme. Et à ce carrefour, les capitalistes utilisent les fils et les filles du pays comme catalyseurs et protagonistes conscients de sa ruine.
Ce n’est pas sans raison qu’ils nous menacent et exigent que nous fassions correctement notre travail. Sinon, ils sont déjà en mer, dans le port du pays, et si nous ne faisons pas ce qu’ils demandent, ils viendront imposer l’ordre à notre chaos.
Il est clair que parmi les acteurs de la scène politique actuelle, nous n’avons ni Pierre Sully, ni Charlemagne Péralte, ni Benoit Batraville. Ils sont tous comme Conzé, prêts à trahir le pays.








