Quelle déception !

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Depuis le viol de l’Amérique, les opprimés qui subissaient sous le joug du colonialisme occidental pendant environ plus de trois siècles à Saint Domingue n’avaient été guidés que par leur avant-garde révolutionnaire qui les a conduits à la plus longue lutte armée de libération victorieuse contre le système esclavagiste et colonialiste.

Dès lors, ces puissances occidentales et ses valets locaux ne nous ont lâchés d’un pouce; nous vouant une haine implacable de façon à nous battre à plates coutures jusqu’à arriver à  nous dominer totalement au point que le peuple est obligé de se vouer à une sorte de marronnage moderne ;  sauf que cette-fois ci ce n’est pas dans les montagnes pour organiser la résistance comme dans le passé, mais plutôt pour un-sauve-qui-peut individualiste dans des pays étrangers. Il nous est hautement difficile de  compter combien de nos professeurs, de nos médecins, de nos ingénieurs, agronomes, techniciens, travailleurs et autres cadres intellectuels du pays, soit pour des raisons politiques ou économiques, ont dû  fuir comme on a vu partir du territoire nos ressources naturelles et surtout nos matières premières, pillées par l’impérialisme.

Cette hémorragie de nos richesses, de nos bois d’ébène  à la tête bien formée, ce pillage par les puissances internationales n’a jamais cessé. Il continue encore et peu nous reste à présent pour ne pas dire rien depuis le terrible séisme du 12 Janvier 2010 jusqu’à celui de Martelly à la présidence l’année suivante. Nous ne faisons que marcher à reculons et le pays est comme un navire naufragé.

Cette classe d’hommes et de femmes qui ont accaparé nos ressources n’a rien fait de l’héritage que nos ancêtres nous ont légué, si ce n’est que d’avoir le pouvoir pour le pouvoir et jouir de ses privilèges. Aux dernières élections présidentielles, les candidats avaient tout promis jusqu’à en revenir aux chemins de fer que nous avions eus déjà à une certaine époque, mais qui ont été décimés pour des raisons que la raison même ignore. Une initiative, si ce n’était pas du mensonge, aurait traduit un bel élan, une certaine effervescence et même une prise de conscience populaire ; mais ce projet d’améliorer notre système de transport en commun est renvoyé aux calendes grecques du fait que ce candidat n’a pas été choisi.

La grande déception se caractérise par le fait que nous n’avions eu aucun objectif pour mettre ce pays sur les rails du développement, aucune vision nationale pour un remarquable changement allant de la corrélation des forces en faveur de la paix, du progrès, de la justice sociale à la liquidation de l’exploitation de l’homme par l’homme jusqu’à la libération nationale totale.

Sommes-nous conscients du chemin que prend le pays sous le régime de Moise/Lafontant ou sommes-nous dupes ? A qui le tort, si ce n’est pas à cette classe dirigeante  puisque tout est basée sur ses intérêts personnels, point de souci national et patriotique. Point de rêves ! Aucun espoir ! En réalité, le pays n’a  plus de dénominateur commun. Voilà pourquoi nous continuons à planer sans voir quelque piste d’atterrissage qui nous permettrait de reprendre  notre destinée en main.

Même quand tout est mal qui finit mal, pour eux tout est bien.  Ces hommes et femmes de paille s’accommodent de n’importe quoi, pourvu que ce ne soit pas leur petite personne qui est mise en cause. Même quand le pays est blessé dans sa chair par des régimes malhonnêtes et criminels, leurs réactions sont mitigées, timides ;  ils n’ont point de conscience et de conviction nationales.  Ils acceptent n’importe quelle solution, n’importe quelle situation allant jusqu’à saper nos propres intérêts au bénéfice des puissances tutrices. Ils ne posent aucune question avant d’agréer à n’importe quelle mise en scène. C’est ce désarroi total, ce laisser-aller, ce mépris des normes, cette impunité répugnante qui ne nous laissent d’autre alternative  que de nous colleter à la réalité décevante que nous vivons actuellement avec un Exécutif de grande imposture, de parlementaires obscurantistes, ignorants qui ne comprennent que le langage du fric. Le pays est plus malade que jamais. Bref, rien ne va plus. Cette résultante n’est autre que le produit brut de leur insouciance. La conséquence de  leur inconséquence !

Et c’est à cause de cette perspective politique que nous continuons à être soumis à l’ignominieux système capitaliste qui nous dévore ouvertement sous le manteau d’une coopération qui n’est autre qu’une ingérence flagrante. Ainsi, nous sommes devenus de plus en plus un peuple d’assistés, de sous-développés, ignorant même ses intérêts, voire à les défendre. Cette mentalité de sous-développé qui nous enveloppe est comme une maladie chronique qui ne nous sortira jamais du marasme dans lequel nous sommes depuis si longtemps enfouis.

A ce compte, une contribution éclairée et efficace est indispensable. Les masses défavorisées ne doivent jamais oublier que le sang des esclaves qui a coulé pour construire cette nation, exige au jour le jour des sacrifices révolutionnaires et une véritable prise de conscience immédiate. Il ne faut pas se faire complice des récents événements en restant dans l’attentisme d’un quelconque miracle. Le moment est crucial car tout va mal. C’est à nous, travailleurs, ouvriers, chômeurs, paysans pauvres, étudiants conscients et militants conséquents d’apporter la satisfaction et même d’indiquer la voie, la meilleure dont l’essentiel est de nous dresser pour balayer ces dirigeants fantoches et de  nous débarrasser du joug impérial qui nous étouffe.

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